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Prostatectomie

Cancer de la prostate : encore trop de prostatectomies réalisées

Incontinence urinaire, troubles de l’érection, impossibilité définitive d'éjaculer... Malgré des effets secondaires lourds et handicapants, trop d'hommes touchés par un cancer de la prostate subissent des prostatectomies. 

Cancer de la prostate : encore trop de prostatectomies réalisées lyosha_nazarenko / istock

  • Publié 13.12.2018 à 11h06
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Une très longue étude menée sur 29 ans démontre que les hommes atteints d’un cancer de la prostate passent trop souvent sur le billard. Jusqu’ici, "les données d'essais randomisés avec suivi à long terme étaient rares", expliquent les chercheurs. Diagnostiqués entre 1989 et 1999, 695 scandinaves malades ont été répartis au hasard dans deux groupes. Les membres du premier ont été opérés (subissant une "prostatectomie", NDLR), tandis que les seconds ont seulement été traités.

Trouver le juste équilibre

Au 31 décembre 2017, 261 des 347 hommes du "groupe prostatectomie" et 292 des 348 hommes du "groupe traitement" étaient décédés. 71 hommes du "groupe prostatectomie" sont décédés d'un cancer de la prostate, tandis que 110 du "groupe traitement" sont décédés de la même maladie. Les résultats ont également montré que les hommes opérés vivaient, en moyenne, 2,9 ans de plus que les hommes qui ne recevaient que le traitement. "Les hommes atteints d'un cancer de la prostate localisé et cliniquement détecté ont bénéficié d'une prostatectomie, avec une moyenne de 2,9 années de vie gagnées", peut-on lire.

Cependant et malgré leur diagnostic de cancer de la prostate, la majorité des membres la cohorte ne sont pas morts de la maladie, mais d’autre chose. Il est donc crucial de trouver le juste équilibre entre les avantages de la prostatectomie, d'une part, et ses effets secondaires, d'autre part.

Impossibilité définitive d'éjaculer

Les effets secondaires (incontinence urinaire, troubles de l’érection, impossibilité définitive d'éjaculer) d'une opération du cancer de la prostate sont en effet particulièrement lourds et handicapants. De ce fait, la plupart des hommes qui en sont atteints déclarent vouloir y survivre certes, mais pas à n’importe quel prix, selon les récentes conclusions d’une autre étude, présentée lors d’une conférence du NCRI (National Cancer Research Institute).

"On suppose toujours que la principale motivation des patients est la survie, mais cette recherche montre que la situation est plus nuancée. Les hommes veulent vivre longtemps, mais ils accordent une grande valeur aux traitements qui ont peu d'effets secondaires, à tel point qu'en moyenne, ils étaient prêts à accepter une survie moindre si cela signifiait que le risque d'effets secondaires était faible", constate le directeur de la recherche Hashim Ahmed, président et professeur d'urologie à l'Imperial College de Londres.

Prêts à renoncer à leurs chances de survie

En moyenne, les malades étaient prêts à renoncer à 0,68% de leurs chances de survie si cela signifiait qu'ils pouvaient obtenir une amélioration de 1% de leurs chances de ne pas souffrir d’incontinence urinaire (qui implique de porter des couches). Ils étaient également prêts à renoncer à une amélioration de 0,41% de leurs chances de survie en échange d'une amélioration de 1% de leurs chances de ne pas avoir besoin de traitements supplémentaires, destinés à soigner les effets secondaires. Enfin, ils étaient prêts à échanger 0,28% de chances d'améliorer leur survie contre 1% de chance de pouvoir toujours avoir des érections. Précisons que les traitements comme le viagra sont en général inefficaces contre les problèmes d’érection dus aux soins contre le cancer de la prostate.

En France, un homme sur sept aura un cancer de la prostate au cours de sa vie. Dès l’âge de 45 ans, il faut aborder les problématiques liées à la prostate avec son médecin (en particulier pour ceux qui ne sont pas caucasiens ou qui ont déjà eu des cas de cancers dans leur famille). "Les hommes parlent moins que les femmes quand ils rencontrent des problèmes de santé", déplore Alienor Descours de Guernon, responsable de la Movember Foundation France. "Ils consultent également beaucoup moins vite quand quelque chose ne va pas, un phénomène amplifié par la dimension toujours honteuse et taboue du cancer des testicules et de la prostate", avertit-elle à juste titre.

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