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Incontinence urinaire

Cancer de la prostate : y survivre oui, mais pas à n'importe quel prix

La plupart des hommes atteints d'un cancer de la prostate déclarent vouloir y survivre certes, mais pas à n’importe quel prix.

Cancer de la prostate : y survivre oui, mais pas à n'importe quel prix seb_ra / istock

  • Publié 05.11.2018 à 17h50
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Incontinence urinaire, impuissance sexuelle… Les effets secondaires des traitements contre le cancer de la prostate sont particulièrement lourds et handicapants. De ce fait, la plupart des hommes qui en sont atteints déclarent vouloir y survivre certes, mais pas à n’importe quel prix. Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude, présentée lors d’une conférence du NCRI (National Cancer Research Institute).

634 Britanniques à qui on avait récemment diagnostiqué un cancer de la prostate ont participé à l’expérience. Les cancers étaient à des stades plus ou moins avancés. Une fois au courant de leurs chances de survie, des traitements possibles et des effets secondaires, ils ont tout mis dans la balance.

Problèmes d’érection

En moyenne, les malades étaient prêts à renoncer à 0,68 % de leurs chances de survie si cela signifiait qu'ils pouvaient obtenir une amélioration de 1% de leurs chances de ne pas souffrir d’incontinence urinaire (qui implique de porter des couches). Ils étaient également prêts à renoncer à une amélioration de 0,41 % de leurs chances de survie en échange d'une amélioration de 1% de leurs chances de ne pas avoir besoin de traitement supplémentaires, destinés à soigner les effets secondaires.

Enfin, ils étaient prêts à échanger 0,28 % de chances d'améliorer leur survie contre 1% de chance de pouvoir toujours avoir des érections. Précisons que les traitements comme le viagra sont en général inefficaces contre les problèmes d’érection dus aux soins contre le cancer de la prostate.

"Beaucoup d'hommes sont déprimés après un traitement"

"Beaucoup d'hommes sont déprimés après un traitement, leur qualité de vie et leurs relations personnelles sont affectées", constate le directeur de la recherche Hashim Ahmed, président et professeur d'urologie à l'Imperial College de Londres. "On suppose toujours que la principale motivation des patients est la survie, mais cette recherche montre que la situation est plus nuancée. Les hommes veulent vivre longtemps, mais ils accordent une grande valeur aux traitements qui ont peu d'effets secondaires, à tel point qu'en moyenne, ils étaient prêts à accepter une survie moindre si cela signifiait que le risque d'effets secondaires était faible", poursuit-il.

Et ce d’autant plus que, selon une récente étude, les conséquences d’un cancer, même une fois guéri, sont bien souvent considérables au niveau financier et professionnel, s’ajoutant aux effets secondaires décrit plus haut.

Un homme sur sept

Les hommes atteints d'un cancer de la prostate précoce peuvent choisir entre une surveillance active, avec des examens réguliers, et une thérapie plus invasive, comme l'ablation de la glande prostatique ou la radiothérapie. Des recherches antérieures indiquent aussi que ces malades n'obtiennent pas d'amélioration du taux de survie dix ans après le traitement. En revanche, les hommes atteints d'un cancer de la prostate à haut risque obtiennent une amélioration de 5% de leur survie à dix ans grâce au traitement. Chez les hommes atteints d’un cancer à risque moyen, on ne sait toujours pas avec certitude si le traitement influe sur la survie.

Un homme sur sept aura un cancer de la prostate au cours de sa vie. Dès l’âge de 45 ans, il faut aborder les problématiques liées à la prostate avec son médecin (en particulier pour ceux qui ne sont pas caucasiens ou qui ont déjà eu des cas de cancers dans leur famille). "Les hommes parlent moins que les femmes quand ils rencontrent des problèmes de santé", déplore Alienor Descours de Guernon, responsable de la Movember Foundation France. "Ils consultent également beaucoup moins vite quand quelque chose ne va pas, un phénomène amplifié par la dimension toujours honteuse et taboue du cancer des testicules et de la prostate", avertit-elle.

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