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QUESTION D'ACTU

Facteur de risque génétique

Goutte : le rôle d'une mauvaise alimentation n'est pas si important que celà

Les nombreuses personnes qui souffrent de douloureuses crises de goutte vont pouvoir déculpabiliser. Le développement de la maladie n'est pas entièrement dû à leur mauvaise alimentation.  

Goutte : le rôle d'une mauvaise alimentation n'est pas si important que celà toeytoey2530 / istock

  • Publié 18.10.2018 à 23h30
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Depuis des siècles, la goutte, c'est un homme de la cinquantaine, pléthorique et qui mange trop de nourritures riches et d'abats. Une nouvelle étude publiée dans le BMJ remet en cause ce postulat, avançant que la génétique serait un facteur de risque bien plus important que l'alimentation pour cette maladie fréquente.

Pour parvenir à ces conclusions, les dossiers médicaux de 8 414 hommes et 8 346 femmes européens ont été passés au crible. Tous avaient plus de 18 ans, et aucun ne souffraient de maladie rénale ou de goutte. Pour chaque cas, les chercheurs se sont penchés sur leur niveau d’acide urique (urate) dans le sang, dont un taux trop élevé est associé à la goutte.

Les aliments expliquent moins de 1% de la variation des taux d'urate

L'analyse a révélé que sept aliments sont associés à des niveaux élevés d'acide urique (bière, liqueur, vin, pomme de terre, volaille, boissons gazeuses et viande) et huit aliments sont associés à des niveaux réduits d'urate (œufs, arachides, céréales, lait écrémé, fromage, pain brun, margarine et fruits). Cependant, chacun de ces aliments expliquerait moins de 1% de la variation des taux d'urate.

De la même manière, une alimentation peu diététique augmente le taux d’acide urique dans le sang (uricémie), mais explique moins de 0,3% des variations observées entre les personnes. En revanche, l'analyse génétique de ces même personnes révèle que des facteurs génétiques communs expliqueraient près du quart (23,9%) de la variation des taux d'acide urique. Et là, on change franchement d'échelle.

Déculpabiliser les patients

"Nos données remettent en question les perceptions largement répandues selon lesquelles la goutte est principalement causée par l'alimentation, montrant pour la première fois que les variants génétiques contribuent beaucoup plus à la goutte que l'exposition par voie alimentaire", se félicitent les chercheurs. Ainsi, "une grande partie de la prépondérance des malade à l'hyperuricémie et à la goutte n'est pas modifiable", concluent-ils.

De quoi permettre aux malades de ne plus culpabiliser, mais surtout de s'alerter quand un membre de la famille a de la goutte. Du fait de la génétique, la goutte à un caractère familial et il faut consulter, que l'on soit un homme ou une femme, car la goutte est moins douloureuse et plus facile à traiter au début.

La goutte "pose un véritable problème de santé publique qui s’intègre dans les maladies liées à une mauvaise alimentation au même titre que l’obésité et le diabète", mais pas seulement nous expliquait l’année dernière Le professeur Thomas Bardin, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Lariboisière, à Paris. Au cours de ces 20 dernières années, la fréquence de la goutte a doublé chez les femmes où elle prend plus souvent la forme d'une polyarthrite atypique.

Une maladie très douloureuse

La goutte est une maladie chronique fréquente, liée à un excès d'acide urique dans le sang (hyperuricémie) qui conduit à son dépôt dans le corps sous forme de microcristaux d’acide urique dans les articulations et les autres tissus. Elle se caractérise par l'apparition de crises soudaines de douleurs articulaires, très douloureuses, qui s'accompagnent de rougeurs, d'un réchauffement et d'un gonflement de la région touchée.

De façon générale, c'est le gros orteil qui est le plus souvent attaqué chez l'homme, mais d'autres articulations peuvent être mises à mal, en particulier chez les femmes. Ce dépôt de microcristaux dans le corps s'accompagne d'une inflammation chronique qui est péjorative pour le risque cardiovasculaire. Il ne s'agit donc pas d'une maladie "folklorique" que l'on pourrait négliger, d'autant que le traitement est très simple si l'on atteint les objectifs des consensus.

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