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Epidémie

Entre la peste et le choléra, quels risques pour la France ?

Alors que le choléra fait des ravages autour du lac Tchad et que la peste est récurrente à Madagascar, la France est-elle vraiment à l’abri de ces maladies mortelles ? Les réponses de Pourquoi Docteur.

Entre la peste et le choléra, quels risques pour la France ? Popartic/istock

  • Publié 24.09.2018 à 13h33
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La peste sévit autour du lac Tchad, où elle aurait fait plus de 500 morts, et comme chaque hiver, l’épidémie de peste réapparaît à Madagascar, avec déjà au moins 3 morts.

Ces maladies mortelles que l’on croyait oubliées sévissent toujours dans le monde, essentiellement en raison des conditions économiques précaires, parfois à cause de la guerre. En Europe, ce sont essentiellement les règles d’hygiène qui ont permis d’éradiquer le choléra. Mais, il n’en est pas de même dans les pays d’Afrique subsaharienne, de la région du lac Tchad et d’Asie, qui sont en situation endémique (environ 100 000 décès par an).

L’OMS a lancé en 2017 une stratégie de lutte mondiale, qui vise à réduire le nombre de décès grâce notamment à un meilleur accès à l’eau potable et à la diffusion des règles d’hygiène.

La crainte des infections importées

Avec le développement des transports aériens, la France est-elle à risque d’être contaminée par ces dangereuses bactéries ? En théorie, il est parfaitement possible qu’un malade souffrant de peste ou de choléra, à la phase débutante, arrive en France par avion. C’est exactement ce qui a été craint lors de la petite épidémie de choléra en Algérie au mois d’Août.

Le ministère français de la Santé est resté discret sur le sujet, mais aurait haussé son niveau d’alerte et mis en place des mesures de surveillance discrète des passagers des avions en provenance de ce pays. Le risque infectieux étant limité, ni dépistage systématique, ni mise en quarantaine, n’ont été envisagées, en accord avec les recommandations de l’OMS.

Le risque d’infections importées

En réalité, il y a déjà des cas de choléra qui arrivent en France, mais les conditions de vie et d'hygiène, ainsi que la chloration de l'eau, font qu'il est très peu probable de voir émerger une épidémie.

Par contre, si la forme pulmonaire de la peste, très contagieuse, venait à apparaître dans notre pays, cela représenterait un véritable danger d’épidémie. Mais les experts pensent que ce risque relève plus du domaine du bioterrorisme que du cas importé.

Quand craindre le choléra ?

Le choléra est une infection des voies digestives par une bactérie (Vibrio cholerae). L’infection se contracte en consommant de l’eau contaminée par des déjections humaines, ou des fruits et légumes ayant été en contact avec de l’eau contaminée. La contamination de personne à personne est exceptionnelle.

Après une période d’incubation de quelques heures à quelques jours, l’infection cholérique se signale par de violentes diarrhées, très abondantes, le plus souvent sans fièvre et parfois accompagnées de vomissements. S’ensuit une déshydratation majeure qui peut déboucher sur un décès par choc hypovolémique, notamment chez les personnes fragiles. La prise en charge consiste à réhydrater le malade de toute urgence, avec des perfusions massives, conjointement à la prescription d’une antibiothérapie.

Quand craindre la peste ?

Chaque année, ce sont plus de 300 cas de peste qui sont recensés à Madagascar pendant la saison épidémique, laquelle court de septembre à avril. Mais l’année dernière, ce sont 2 348 Malgaches qui ont été infectés par la bactérie Yersinia pestis, et parmi eux, 202 ont succombé à la maladie. Contrairement aux années précédentes, les trois quarts des malades étaient atteints de la forme pulmonaire de la peste, nettement plus grave et plus mortelle que la forme bubonique… et nettement plus contagieuse.
Si la forme bubonique est transmise par les puces qui se développent sur les rongeurs, la forme pulmonaire se transmet, de personne à personne, par les gouttes de salives qui sont expulsées, en particulier au moment de la toux. L’infection pulmonaire est responsable d’une maladie foudroyante, qui peut tuer en vingt-quatre à soixante-douze heures.
Le bacille de la peste (Yersinia pestis) est toujours sensible aux antibiotiques, ce qui a permis, en association avec des mesures d’hygiène, de ne plus observer ces terribles vagues épidémiques du passé.

Le risque infectieux lié aux voyages

Il faut savoir raison garder. Les infections les plus fréquentes que vous risquez d’attraper pendant les voyages sont la grippe, un rhume ou une gastroentérite (si vous êtes correctement vacciné et que vous prenez votre prophylaxie antipalustre).

Pour éviter ce genre de contamination, il faut se laver les mains régulièrement, ne boire que de l’eau en bouteille (ou du thé) et ne manger que des aliments cuits. Une étude s’est intéressée aux zones des aéroports où l’on avait le plus de risque de se contaminer. Ses résultats ont été publiés dans le journal américain BMC Infectious Diseases.

Ce sont les plateaux en plastique utilisés au niveau des portiques de sécurité qui ont la plus grande concentration de virus transmissible. En moyenne, le virus est présent sur 10% des surfaces examinées. Le virus le plus trouvé est le rhinovirus, principale cause d’apparition du rhume. Les chercheurs ont également trouvé le virus de la grippe A.

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