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International Journal of Cancer

Cancer du sein : le dépistage ne réduit pas la mortalité

Avec les progrès des traitements contre le cancer du sein, le pronostic vital est désormais peu ou prou le même dans la population dépistée via mammographies que dans la population non-dépistée.

Cancer du sein : le dépistage ne réduit pas la mortalité LuminaStock / stock

  • Publié 17.09.2018 à 13h00
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De nouvelles données scientifiques danoises et norvégiennes mettent le doigt sur un épineux problème, qui concerne ou concernera la grande majorité des femmes au cours de leur vie : le dépistage du cancer du sein (via mammographies).

De moins en moins de patientes meurent de cette maladie. Mais, chose surprenante, ces progrès sont autant visibles chez celles qui ne se soumettent pas au dépistage que chez celles qui le font. C’est en tout cas ce que vient de démonter une importante étude, publiée dans l’International Journal of Cancer.

L’analyse a porté sur des femmes norvégiennes âgées de 30 à 89 ans. Celles qui ont développé un cancer du sein entre 1987 et 2010 ont d’abord été identifiées, puis les nombres de décès associés avant et après l'introduction du programme de dépistage ont été comparés.

"Les méthodes de traitement s'améliorent"

"Le fait est que plus les méthodes de traitement s'améliorent, moins le dépistage est bénéfique", explique Henrik Støvring, directeur de l’étude et spécialiste en biostatistique. "Les femmes qui se font dépister vivent plus longtemps parce que toutes les patientes atteintes d'un cancer du sein vivent plus longtemps. Nous avons maintenant de meilleurs médicaments et une chimiothérapie plus efficace. Le système de santé réagit plus rapidement qu'il y a une décennie. Il ne semble pas qu'il y ait moins de femmes qui meurent d'un cancer du sein à la suite d'un dépistage par mammographie", poursuit-il.

Un paradoxe et une controverse récurrente

Le dépistage du cancer du sein ne permet donc pas aux femmes de vivre plus longtemps, contrairement à ce qu’affirment les croyances populaires. Pourtant, au Danemark par exemple, toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans peuvent passer gratuitement une mammographie de dépistage tous les deux ans.

En France et selon les chiffres de la Haute Autorité de Santé, le coût total du dépistage du cancer du sein s’élève à 250 millions d’euros par an – un budget colossal. Le dépistage organisé du cancer du sein concerne toutes les femmes entre 50 et 74 ans, sans symptômes et n'ayant pas de facteurs de risque particuliers de cancer du sein autre que leur âge. La mammographie en tant qu'examen radiologique est remboursée à hauteur de 70% sur la base du tarif conventionnel défini par l'Assurance Maladie. L

es femmes ayant un risque élevé ou très élevé de cancer du sein peuvent bénéficier d'un suivi spécifique adapté à leur situation individuelle, 100% prise en charge. 

"Examiner les seins des femmes avec ses mains"

Ce n'est pas la première fois qu'une étude vient remettre en cause la validité du dépistage généralisé du cancer du sein par la mammographie. Mais ce n'est pas parce que l'espérance de vie est la même dans les 2 groupes qu'il n'y a pas de bénéfice à la mammographie : celle-ci permet généralement de dépister le cancer du sein à un stade plus précoce, stade où le traitement est moins lourd pour la malade et moins coûteux pour la société. Certains prônent cependant de réserver le dépistage par la mammographie uniquement aux femmes ayant un risque élevé ou très élevé de cancer du sein (dépistage stratifié).

"Ce n'est certainement pas à moi de décider comment les résultats de la recherche devraient être utilisés, mais je suggérerais néanmoins que nous devrions commencer à examiner s'il serait avantageux de faire autre chose que le dépistage actuel. Si un médecin pouvait plutôt examiner les seins des femmes avec ses mains, ce qu'on appelle la palpation, à intervalles réguliers, nous éviterions alors une grande partie du surdiagnostic", conclut Henrik Støvring. Il ne s'agit ici bien sûr pas de supprimer le dépistage mais d'imaginer une façon plus pertinente d'utiliser les examens complémentaires.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment observé chez les femmes en France, comme dans l'Union européenne et aux États-Unis. Le nombre de cas observés chaque année a tendance à diminuer depuis 2005, même si cette maladie reste la première cause de décès par cancer chez les femmes en 2012. Dépistée à un stade précoce, la survie à 5 ans est de 99%.

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