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Une pierre deux coups

Dupilumab : un médicament contre l'eczéma divise les crises d'asthme par deux

Le dupilumab, initialement utilisé pour lutter contre l’eczéma, peut aussi réduire les symptômes de l’asthme, selon une nouvelle recherche.

Dupilumab : un médicament contre l'eczéma divise les crises d'asthme par deux Wavebreakmedia / stock

  • Publié 22.05.2018 à 10h45
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  • Mise à jour le 22.05.2018 à 16h15
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Faire d’une pierre deux coups. Voila comment résumer la nouvelle étude publiée dans le New England Journal of Medicine, qui démontre qu’un médicament utilisé à l'origine pour lutter contre l’eczéma peut aussi réduire les symptômes de l’asthme.

Le médicament en question, appelé dupilumab (Dupixent, fabriqué par le groupe Regeneron), a reçu son autorisation de mise sur le marché aux États-Unis en 2017. Plus de 2000 patients ont participé à la recherche. Tous souffraient d’asthme modéré à sévère et ont reçu une dose de 200 à 300 milligrammes de dupilumab tous les 15 jours pendant un an. Résultat : le nombre de crises d'asthme très dangereuses a été divisé par près de deux et les fonctions respiratoires des patients se sont améliorées.

Concrètement, le dupilumab bloque l’action des molécules IL-4 et IL-13. Compilés à ceux d'autres études récentes, ces nouveaux résultats permettent de conclure qu'il serait plus intéressant de se focaliser sur l'IL-4 plutôt que sur l'IL-13 pour combatte l'asthme. 

L'asthme, ou l'inflammation des bronches

L’asthme est une maladie chronique provoquée par une inflammation des bronches qui se traduit par leur hypersensibilité à différentes stimulations : froid, virus, tabac, pollution… L’inflammation bronchique entraîne une "hyperréactivité" de la paroi musculaire avec un gonflement de la paroi interne de la bronche, une hypersécrétion de mucus (normalement produit en petites quantités) et la contraction des muscles de la paroi bronchique. Au final, tous ces phénomènes aboutissent au rétrécissement de la lumière de la bronche, voire à son obstruction, et à une gène pour respirer.

L’inflammation et l’hyperréactivité de la paroi bronchique paraissent favorisées par des facteurs de risque : certains sont "endogènes", c’est-à-dire propres au malade, et d’autres sont "exogènes" c’est-à-dire extérieurs au malade (allergènes, pollution, virus…). Parmi les facteurs de risque "endogènes", on retrouve un terrain allergique familial et surtout personnel chez près de 9 malades sur 10. Ces facteurs génétiques prédisposent à faire de l’asthme, mais aussi à devenir allergique aux substances qui sont respirées au quotidien, comme les "acariens", la poussière d'intérieur, les poils d’animaux ou les pollens. On appelle cette prédisposition "atopie".

L’atopie est retrouvée chez 80 % à 90 % des enfants et chez 30 % à 50 % des adultes asthmatiques. Des facteurs hormonaux semblent aussi jouer un rôle, de même que la prématurité ou le petit poids de naissance, le tabagisme actif ou passif, la pollution atmosphérique, les infections virales, les allergènes, ou encore certains médicaments. 

Environ 1 000 décès chaque année

L’hyperréactivité bronchique se manifeste par des symptômes variables, le plus souvent par une respiration sifflante, une gêne respiratoire, un essoufflement ou bien par une toux. Les premières manifestations surviennent le plus souvent chez l’enfant.

En France, environ 4 millions de personnes souffrent d'asthme : on compte près de 60 000 hospitalisations (près de 40 000 chez les enfants) et environ 1 000 décès chaque année. Les premières crises surviennent généralement au cours de la première année de vie dans 10 à 50 % des cas, avant la cinquième année dans 65 à 95 % des cas, ou après 10 ans, mais cela reste rare.

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