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Exacerbation d’asthme

Asthme de l’enfant : augmenter brièvement les corticoïdes inhalés n'empêche pas les poussées

Les résultats d’une étude indépendante, financée par l’institut américain de la santé, remettent en cause la pratique courante consistant à augmenter les doses de corticoïdes inhalés dès les premiers signes de poussée de la maladie.

Asthme de l’enfant : augmenter brièvement les corticoïdes inhalés n'empêche pas les poussées bubutu-/istock

  • Publié 05.03.2018 à 08h00
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Selon une étude, la multiplication temporaire par 5 de la dose de corticoïdes inhalés, lorsque les symptômes d'asthme commencent à s'aggraver, n'empêche pas la survenue des exacerbations graves de la maladie chez l’enfant mais peut ralentir sa croissance, ce qui remet en question une pratique médicale répandue dans l'asthme léger à modéré.

Prévenir les poussées d’asthme

Les poussées d'asthme sont fréquentes chez les enfants, et pour les prévenir, les recommandations conseillent d'augmenter les doses de corticoïdes inhalés dès les premiers signes annonciateurs d’une poussée évolutive de la maladie (ou exacerbation) tels que toux, respiration sifflante et essoufflement. Jusqu'à présent, l'innocuité et l'efficacité de cette stratégie n’avaient pas été testées dans une étude rigoureuse chez les enfants atteints d'asthme léger à modéré.

Une étude indépendante

L'étude, financée par l'Institut national du cœur, du poumon et du sang (NHLBI), qui fait partie des National Institutes of Health, est publiée en ligne dans le New England Journal of Medicine (NEJM), parallèlement à sa présentation lors du Congrès 2018 de l'Académie américaine des allergies, de l'asthme et de l'immunologie (AAAAI).

L'équipe a étudié 254 enfants de 5 à 11 ans atteints d'asthme léger à modéré depuis au moins un an. Si certains enfants ont été traités avec des corticoïdes inhalés à faible dose (deux bouffées d'un inhalateur deux fois par jour), d’autres enfants ont pris cinq fois la dose standard, deux fois par jour pendant sept jours, dès les premiers signes de chaque poussée d'asthme.

Des résultats décevants

Bien que les enfants du groupe à forte dose aient reçu 14% plus de corticoïdes inhalés que le groupe à faible dose, ils n'ont pas connu moins de poussées inflammatoires graves. Le nombre de symptômes d'asthme, la durée jusqu'à la première poussée sévère, et l'utilisation d’un bronchodilatateur, l'albutérol, sont similaires entre les deux groupes.

« Ces résultats suggèrent qu'une augmentation brève des doses de corticoïdes inhalés ne devrait pas être systématique chez les enfants asthmatiques modérés qui utilisent régulièrement des corticoïdes inhalés à faible dose », a déclaré Daniel Jackson, professeur de pédiatrie à l'École de médecine et de santé publique de l'Université du Wisconsin, Madison, et un expert sur l'asthme infantile.

Des effets sur la croissance des fortes doses

De façon inattendue, les chercheurs ont découvert que le taux de croissance des enfants dans le groupe utilisant les corticoïdes à forte dose, même brièvement (environ deux semaines par an en moyenne), est inférieur de 0,23 cm en moyenne par an par rapport aux enfants du groupe à faible dose.

Même si cette différence de croissance est faible, cette découverte est cohérente par rapport aux études précédentes montrant que les enfants qui prennent des corticoïdes inhalés à forte dose pour l'asthme peuvent avoir un petit impact négatif sur leur taux de croissance.

Des effets différents chez l’adulte

Cette étude est en contradiction par rapport à une autre étude publiée en même temps, mais concernant des adultes. Dans cette étude sur 1871 asthmatiques adultes et adolescent, le quadruplement des doses de corticoïdes inhalés dès les premiers symptômes d’une exacerbation réduit significativement le nombre de poussées. Par contre, il existe une augmentation des effets secondaires.

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