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QUESTION D'ACTU

"Ensemble, changeons de rythme face à l’obésité"

Journée Européenne de l’obésité : lutter contre la maladie mais aussi contre les préjugés

À l’occasion de la Journée Européenne de l’Obésité ces 18 et 19 mai, le Collectif National des Associations d’Obèses (CNAO) organise une vaste campagne nationale. Son objectif : sensibiliser le grand public aux causes de la maladie et aux traitements, mais aussi en finir avec les discriminations à l’encontre des personnes obèses.

Journée Européenne de l’obésité : lutter contre la maladie mais aussi contre les préjugés mheim3011/iStock

  • Publié 18.05.2018 à 08h30
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"L’obésité est une maladie, pas une fatalité". Tel est le message que souhaite faire passer le Collectif National des Associations d’Obèses qui organise les 18 et 19 mai la neuvième Journée Européenne de l’Obésité. Associé à l’Association Européenne d’Étude de l’Obésité, le CNAO souhaite cette année encore sensibiliser le grand public aux causes de l’obésité et aux différents traitements qui existent au moyen d’une campagne résolument optimiste : "Manger équilibré, avec plaisir, Bouger votre corps, Oser changer de vie, C’est pour votre santé", clament les différentes affiches réalisées par le CNAO.

En finir avec l’obésité, un enjeu de santé publique

Car l’obésité, si elle n’est pas prise en charge médicalement, peut avoir des conséquences extrêmement lourdes pour les personnes qui en souffrent. En France, plus de 7 millions de patients sont touchés par cette pathologie, soit 15% de la population adulte ayant un indice de masse corporel (IMC) supérieur à 30. Parmi eux, 550 000 sont atteint d’obésité sévère ou morbide (IMC supérieur à 40). Découlent de cet état des problèmes de santé qui peuvent, dans certains cas, s’avérer fatals tels que le diabète, l’hypertension artérielle ou encore des complications cardiovasculaires.

Pour le CNAO, il est plus que temps de reconnaître l’obésité dans sa réalité, à savoir une maladie. "Qui aujourd’hui pourrait dire qu’une personne diabétique n’est pas malade ? Qu’une personne souffrant d’insuffisance cardiaque n’est pas malade ? Dans bien des cas, ces personnes auront en commun de souffrir d’obésité. Alors pourquoi devons-nous encore lutter contre l’idée reçue que l’obésité est un choix de vie ? Il s’agit d’une maladie chronique, au même rang que le diabète ou l’insuffisance cardiaque. Ceci implique que des stratégies de prévention et de prise en charge, assorties de moyens suffisants, notamment en termes de formation des personnels soignants, soient mis en œuvre", affirme Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif National des Associations d’Obèses.

L’obésité, facteur de discriminations

Pour beaucoup pourtant, l’obésité reste "un choix de vie", celui de personnes ne prenant soins d’elles et de leur santé, incapables de réfréner leur appétit et manquant de volonté pour perdre du poids. Ces préjugés et idées fausses ont un nom : la grossophobie.

Alors que le terme vient tout juste de faire son entrée dans l’édition 2019 du dictionnaire Le Robert, il est une réalité pour les millions de personnes en surpoids ou obèses. Moqueries, insultes, dédain… La grossophobie est visible partout : dans le regard de ceux qui ne sont pas obèses, mais aussi dans le milieu médical ou encore au travail. Selon une étude menée par le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du Travail (OIT), les femmes obèses seraient huit fois plus discriminées à l’embauche à cause de leur apparence physique et les hommes trois fois plus.

Selon Gabrielle Deydier, auteure de On ne naît pas grosse, la société a tendance à considérer que "le gros est responsable de son état", que "c'est une maladie de la volonté". Dans une interview accordée au Dauphiné, elle explique au contraire, que "l'obésité est une maladie multifactorielle". "On ne peut pas devenir obèse juste comme ça, en mangeant trop. En mangeant trop, on peut être en surpoids".

Les facteurs qui contribuent à l'obésité sont en effet complexes et nombreux. Celle-ci peut résulter d'un déséquilibre entre les apports et les dépenses d'énergie ou à un mauvais rythme de vie (absence d'activité physique, perte d'emploi, consommation excessive d'alcool). Mais aussi être liée à des facteurs psychologiques (difficultés personnelles ou professionnelles, déprime, dépression), à la prise de certains médicaments. Le contexte génétique ou encore la maladie peuvent aussi être en cause.

Devenir acteur de sa santé

C’est aussi pour en finir avec cette stigmatisation que les organisateurs de la Journée Européenne de l’Obésité comptent sur une grande mobilisation. "Nous sommes heureux que les chaînes télévisées et radios continuent de se mobiliser cette année à nos côtés pour diffuser notre message : les personnes atteintes d'obésité ne doivent pas culpabiliser ! Des professionnels ressources et spécialisés peuvent les aider à être acteurs de leur santé notamment pour l'équilibre alimentaire, pour les activités physiques adaptées, accompagnées par des équipes de soins aussi bien hospitalières que libérales, sans oublier le soutien des associations de patients", rappelle Anne-Sophie Joly.

Organisée partout en Europe, cette journée sera marquée par des événements et ateliers ouverts à tous partout en France. Un spot articulé autour du message suivant : "Ensemble, changeons de rythme face à l’obésité" sera diffusé à la télévision et à la radio tandis que la campagne sera relayée sur les réseaux sociaux avec le hashtag #changeonsderythme.

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