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QUESTION D'ACTU

Antiviraux d’action directe

Hépatite C : moins de cancers avec les nouveaux traitements

Dans l'hépatite C, le recours aux nouveaux antiviraux limite le risque de développer un cancer lié à l'infection. Il est réduit de 70 % chez les personnes répondant au traitement.

Hépatite C : moins de cancers avec les nouveaux traitements bluebay2014/epictura

  • Publié 10.10.2017 à 13h08
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Les nouveaux traitements de l’hépatite C coûtent cher. Mais la dépense pourrait bien s’avérer rentable sur le long terme. D’après une étude menée par le Baylor College of Medicine (Etats-Unis), les antiviraux d’action directe (AAD) améliorent considérablement l’évolution des patients. Le risque qu’ils développent un cancer du foie est fortement réduit, expliquent les travaux publiés dans Gastroenterology.

Depuis leur première arrivée sur le marché, en 2014, les antiviraux d’action directe se sont fait remarquer par leur efficacité. En 8 à 12 semaines, le virus de l’hépatite C est éliminé de l’organisme chez la plupart des patients. Mais un doute subsistait : l’impact de ces traitements sur le risque de carcinome hépatocellulaire. En effet, les patients infectés sont exposés à un risque bien plus élevé que la moyenne (voir encadré).

Pas de miracle

Le recours aux nouveaux traitements de l’hépatite C pourrait bien changer la donne. D’après l’étude réalisée auprès de 22 500 Américains infectés, cette prise en charge réduit fortement le risque de cancer du foie.

Au total, 19 500 participants ont bien répondu aux antiviraux, c’est-à-dire que l’ARN du virus n’était plus détectable dans leur sang. Et ceux-ci sont 70 % moins à risque de développer un carcinome que ceux qui n’ont pas réagi au traitement. Cet effet préventif apparaît rapidement et son ampleur augmente avec le temps.


Les chercheurs font tout de même preuve de prudence : les antiviraux d’action directe ne font pas de miracles. Les patients atteints d’hépatite C restent exposés au risque de cancer du foie. Au cours de l’étude, une centaine de cas a été diagnostiquée parmi les volontaires de l’étude dont le traitement a été efficace.

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Le traitement pour tous

Ces travaux mettent aussi en évidence des facteurs qui favorisent l’apparition d’un cancer. Lorsque l’infection est au stade de la cirrhose, le risque est multiplié par quatre.  De même, consommer régulièrement de l’alcool accroît la probabilité qu’une tumeur se développe.

En France, les autorités ont visiblement compris l’intérêt d’utiliser largement ces médicaments. Sous le gouvernement précédent, l’ex-ministre de la Santé Marisol Touraine avait annoncé l’accès universel aux antiviraux d’action directe. Sa décision, confirmée par la Haute Autorité de Santé (HAS), s’est soldée par une baisse des prix dès le mois d’avril.

A présent, les nouveaux traitements de l’hépatite C sont moins chers de plusieurs milliers d’euros. Un succès pour les nombreuses associations et sociétés savantes qui avaient milité en faveur d’une telle évolution.


 

Cancer du foie : l’hépatite C est un déclencheur

Le cancer du foie est une épée de Damoclès pour les patients vivant avec le virus de l’hépatite C. On estime que leur risque annuel de développer une tumeur est de 1 à 4 %. Et c’est bien le VHC qui en est responsable, comme l’a montré une étude de l’Inserm en 2012. Publiée dans Oncogene, elle témoigne de modifications importantes au niveau du foie infecté.

En présence du virus, le gène c-myc est surexprimé. Il a déjà été impliqué dans d’autres formes de cancer. Lorsqu’il est plus actif que la normale, c-myc favorise la transformation des cellules saines du foie en cellules cancéreuses. Et on ne retrouve pas une telle activité chez les patients qui ne portent pas le VHC.

En présence d’un terrain particulièrement propice au cancer – inflammation chronique et cirrhose –, tous les éléments sont réunis pour mettre le feu aux poudres. A cette période déjà, les chercheurs plaçaient leurs espoirs dans les nouveaux antiviraux d’action directe.  « Le meilleur moyen de prévenir le carcinome hépatocellulaire est de supprimer l’infection virale, estimait Jean-Michel Pawlotsky. De nouveaux antiviraux en développement vont dans ce sens. »

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