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Mobilité, vision, cognition…

Ebola : 4 survivants sur 5 ont des séquelles

Un an après leur guérison, les survivants du virus Ebola ont, pour la plupart, des séquelles et souffrent de dépression, d’anxiété et de fatigue chronique.

Ebola : 4 survivants sur 5 ont des séquelles USAID U.S. Agency for International Development/Flickr

  • Publié 22.08.2017 à 12h20
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L’épidémie d’Ebola qui a fait rage en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée entre 2013 et 2015 est bien terminée, mais certains habitants de ces trois pays n’en ont, eux, pas encore terminé avec la maladie. Officiellement, ils sont guéris. Mais nombreux sont ceux qui gardent des séquelles, un an après avoir été guéris.

Leur nombre a été évalué par des chercheurs de l’université de Liverpool. Dans un article qu’ils publient dans la revue Clinical infectious diseases, ils affirment notamment que près de 4 survivants sur 5 (78 %) présentent des troubles de la mobilité, soit environ 7 fois plus que dans le reste de la population.

Difficultés à se déplacer

Ils ont retrouvé des patients soignés à la Clinique des survivants d’Ebola de l’hôpital militaire 34 de Freetown, au Libéria, et ont analysé leurs symptômes – et non les pathologies sous-jacentes.

Ces survivants sont notamment plus de 200 fois plus susceptibles d’éprouver des difficultés à marcher, ou à monter des escaliers. Douleurs, fatigue, anxiété et dépression, toutes liées à l’infection, sont, d’après les chercheurs, les quatre facteurs qui participent à cette perte de mobilité.

Mais ce ne sont pas les seuls symptômes repérés. Un an après leur guérison, les survivants souffrent toujours de problèmes de vision, mais aussi de troubles neurologiques. Un tiers d’entre eux déclarent, en effet, éprouver des difficultés à accéder à leurs souvenirs, ou à se concentrer.

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Une disparition lente

Une étude précédente sur la population guinéenne infectée, réalisée par l’Inserm, avait déjà montré ces séquelles : douleurs musculo-squelettiques et abdominales, troubles de la vision, maux de tête. Mais les proportions étaient moins importantes que pour celle de l’université de Liverpool.

Elle avait également noté qu’ils disparaissaient. « La fréquence de ces symptômes a heureusement tendance à s'atténuer dans le temps et deviennent moins prégnants à mesure que l'on s'éloigne de la phase aiguë de l'infection », expliquait Eric Delaporte, directeur de l’Unité Mixte internationale « Recherches translationnelles sur le VIH et les maladies infectieuses », dans un communiqué de l'Inserm.

Une prise en charge prolongée

Les chercheurs français estiment qu’un suivi de 18 mois est nécessaire. Leurs confrères de Liverpool confirment.

« Cette étude met en lumière le fait que l’infection par le virus Ebola provoque des handicaps substantiels à long terme, résume le Dr Janet Scott, spécialiste des maladies infectieuses à l’université de Liverpool (Royaume-Uni), et l’une des auteurs de l’étude. En comprenant mieux le syndrome post-Ebola, nous serions plus à même de prendre en charge les futurs patients qui contractent Ebola, et ceux souffrant de séquelles causées par d’autres infections virales sévères. »

Ils ajoutent que les symptômes physiques ne sont pas les seuls à mériter un suivi. « Les problèmes d’anxiété et de dépression persistante chez les survivants au virus Ebola ne doivent pas être négligés », souligne le Dr Soushieta Jagadesh, spécialiste en médecine tropicale, et l’une des auteurs de l’étude.

Leur expérience pourrait ne pas tarder à servir. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’une nouvelle épidémie en Afrique est inévitableDes cas ont déjà été recensés en République Démocratique du Congo.

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