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Pour perdre du poids, en pratique, faut-il des interdits absolus ?

Quelle attitude devant la galette des rois, les crêpes de la Chandeleur, les œufs de Pâques, le rosé et les grillades de l’été, le foie gras de Noël, le champagne à la moindre fête et les autres plaisirs astucieusement distribués par le marketing calendaire ? Pas vraiment de gros interdits pour une perte de poids harmonieuse. Essentiellement des prises de conscience liées à la simple logique. 

Pour perdre du poids, en pratique, faut-il des interdits absolus ? Aamulya/iStock

  • Publié 25.06.2018 à 08h05
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Manger mieux, c’est théoriquement manger de tout, je ne le répéterai jamais assez, mais en faisant attention tout de même, et ne pas en profiter, au nom de cette variété, pour consommer l’esprit léger des produits dont on sait pertinemment qu’ils ne sont pas favorables à la perte de poids. C’est le cas par exemple de la stupide galette des rois qui suit de quelques jours les deux réveillons de fin d’année. C’est aussi le cas du foie gras qui, au nom du célèbre « French Paradox », confond bonnes graisses et « shoot » excessif de calories. Manger mieux, c’est aussi savoir ne pas tenter le diable. Les premières semaines d’une perte de poids sont incompatibles avec la célébration du rite… Il faut faire des choix. Vous trouverez toujours des nutritionnistes pour vous démontrer que cela n’est pas bien grave d’un point de vie comptable. C’est exact lorsqu’on isole et résume le problème à un acte unique : une tranche de foie gras de quelques grammes, ou une petite part de galette : où est le problème ? Le même que de faire défiler des femmes nues devant un trappiste en proie au doute. Les termes de « quelques grammes » ou « petite » n’ont pas leur place chez un gros en plein combat. Sans compter que la galette et le foie gras, par exemple, ne se conçoivent pas sans la « coupette » ou le « Sauternes » qui vont bien. Que le cérémonial des œufs de Pâques cachés dans le jardin se poursuit généralement avec la fête de l’agneau pascal.

Je milite pour une perte de poids harmonieuse, sans vraiment de gros interdits, essentiellement par des prises de conscience liées à la simple logique. Mais il ne doit pas y avoir d’exceptions dangereuses au nom d’une quelconque convivialité qui peut parfaitement se produire sans tous ces aliments.

Interview du  professeur Pierre-Michel Llorca (chef de service de psychiatrie à Clermont-Ferrand) 

Q : Notre calendrier est rythmé par des rites alimentaires. Comment y échapper ?

PML : Les rites sont extrêmement importants dans l’alimentation, parce que ce sont des éléments de contexte. Ils contribuent à la structuration de la relation à l’alimentation, et leur échapper, le rituel du déjeuner en famille, le rituel de l’échange autour de l’alimentation, fait disparaître tous les aspects émotionnels qui sont essentiels dans l’alimentation. Les rites alimentaires, mais cela peut être aussi la consommation d’alcool, sont des rites sociaux. La difficulté est que lorsque l’on sort des rites sociaux, on sort de l’interaction sociale. Je pense que ce sont donc des rites qu’il faut conserver.

Q : En cet instant, quels peuvent être les arguments pour ceux qui veulent y échapper ?

PML : C’est toujours la même idée. Est-ce que j’ai envie de cela, est-ce que j’ai faim, quel plaisir cela me procure-t-il ? Est-ce que j’ai encore faim ? C’est exactement comme dans l’activité physique, ne pas être dans une sorte de représentation, de perte du sens des choses immédiates que l’on fait. Donc c’est vraiment garder l’ancrage dans la sensation immédiate.

Q : Le chocolat, c’est l’exemple même de l’aliment psy ; vous êtes d’accord ? Ou est-ce un argument marketing ?

PML : Les deux à la fois ! C’est vrai que le chocolat est riche  d’une substance qui est perturbée dans la dépression. Mais, clairement, il faut en manger des kilos pour avoir un vrai effet antidépresseur… C’est donc un aliment marketing. Mais, en même temps, c’est un aliment qui est souvent associé à des émotions extrêmement positives, liées à l’enfance, à l’éducation. En fait, c’est plutôt cette dimension-là, la dimension émotionnelle du chocolat, qui est importante, plus que les substances qu’il contient.

 

 

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