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Nutrition

Conserver impérativement la notion de plaisir en mangeant…

« Manger » est indissociable de « vivre ». Autant le faire sans angoisse, car le mécanisme de la digestion est très influencé par le stress.  

Conserver impérativement la notion de plaisir en mangeant… deniskomarov

  • Publié 24.06.2018 à 19h50
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Depuis que l’homme mange à sa faim, il se met à table pour partager un moment de plaisir, en famille ou entre amis. On devrait plutôt écrire « se mettait », tant se nourrir est devenu une véritable source d’interrogations angoissantes. Il a fallu un siècle pour passer de la joie à la peur de consommer des produits dangereux pour la santé, et surtout, de trop grossir. C’est la notion de « plaisir de la table » qui induit celle de convivialité.

« Manger » est indissociable de « vivre ». Alors autant le faire sans angoisse, car le mécanisme de la digestion est très influencé par le stress. Tout le monde a constaté qu’un repas paisible, avec quelqu’un que l’on aime bien, passe beaucoup mieux que se nourrir de façon « express », avec un personnage « acide » à ses côtés.

Quels que soient les problèmes posés par la nourriture, et pour éviter les terribles problèmes posés par exemple par l’anorexie, il faut militer pour une idée simple : manger, c’est bon ! C’est d’ailleurs résumé dans un terme scientifique pas très connu, mais qui mérite d’être évoqué : organoleptique, qui signifie qu’un produit peut être apprécié globalement par les sens humains (toucher, goût, odorat).

Rabelais, au travers de son Gargantua, a été le premier à enseigner que « manger pouvait être passionnel ». Certains, le matin, en se pesant, de doivent pas avoir une vision aussi idyllique de la situation.

C’est probablement ce que les sociologues appellent la « cacophonie nutritionnelle ».

 

Interview du Professeur Michel Lejoyeux (chef de service de psychiatrie à Paris) 

 

Q : Manger, c’est introduire quelque chose en soi : c’est donc une relation « intime » ?

 

ML : Manger, c’est tout à fait un comportement intime, qui, comme tous ces comportements intimes, obéit aussi à un déterminisme biologique – les monoamines de notre cerveau – et aux aspects sociaux : on mange, comme les autres mangent, dans votre pays, dans votre culture, dans votre civilisation. Donc, nous avons l’habitude de ces comportements intimes, dans lesquels beaucoup de facteurs non intimes interviennent.

 

Q : C’est la possibilité d’agir sur son corps et de le façonner : donc grossir, maigrir, c’est une façon d’en prendre le contrôle ?

 

ML : Maigrir, c’est certainement en prendre le contrôle, dans le cadre de la perte d’un surpoids, c’est une manière de se réapproprier son corps. Maigrir, chez un anorexique, c’est aller jusqu’aux frontières du jeûne et aux limites du corps. Dans le fait de grossir, mon expérience actuelle ne me montre personne qui, d’une manière active, contrôlée, cherche à grossir.

 

Q : Faut-il essayer de manger le plus souvent seul ou pas ?

 

ML : Certes, on a intérêt à manger le plus tranquillement et socialement possible. Je serais tenté de dire que, vis-à-vis d’un comportement qui a aussi une dimension sociale, on a intérêt à plutôt partager et ne pas manger seul.

 

Q : Les nouveaux modes de vie sont-ils compatibles avec une alimentation académiquement saine pour les médecins ? La durée du repas a diminué, le repas ne devient plus le pivot de la journée.

 

ML : Le psychiatre que je suis s’intéresse moins à la quantité de temps qu’à la qualité du temps. On peut toujours avoir la nostalgie des grandes tablées qui duraient des heures ou de ces repas très ritualisés et très longs, mais ce que l’on appelle la concentration sur l’instant est le plus important. C’est-à-dire qu’au moment où on mange, il faut une attention à ce que l’on fait. Par exemple, on ne va pas en même temps pianoter sur son téléphone portable, répondre à ses messages… Aujourd’hui, dans une époque qui devient un peu difficile, avec cette pression sur le temps, une des manières de s’en sortir est de vraiment séquencer son temps, et je serais tenté de dire, au moment de l’alimentation, être totalement disponible, conscient, à l’éveil, des sensations que va déclencher le repas.

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