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Anorexie et boulimie : 2 facettes d’une même maladie
Anorexie et boulimie : 2 facettes d’une même maladie
Publié le 20.02.2015
Mise à jour 18.10.2015
Anorexie et boulimie : 2 facettes d’une même maladie
©123RF-Katarzyna Bialasiewicz

Anorexie et boulimie : LE DIAGNOSTIC

Quand faut-il penser à une trouble du comportement alimentaire ?

Les personnes souffrant de ces pathologies ne vont pas chercher à se faire soigner. L’entourage a donc un rôle primordial pour remarquer que quelque chose ne va pas. Pour repérer les sujets à risque, la Haute Autorité de Santé (HAS) a mis en place un questionnaire simple. Deux réponses positives sur ces cinq questions sont fortement prédictives d’un trouble du comportement alimentaire et doivent amener à consulter rapidement :

  1. Vous faites-vous vomir parce que vous vous sentez mal d’avoir trop mangé ?
  2. Vous inquiétez-vous d’avoir perdu le contrôle de ce que vous mangez ?

  3. Avez-vous récemment perdu plus de 6 kg en 3 mois ?

  4. Pensez-vous que vous êtes gros(se) alors que d’autres vous trouvent trop mince ?

  5. Diriez-vous que la nourriture domine votre vie ?

Comment faire le diagnostic d’une anorexie mentale ?

Le médecin va d’abord chercher à retracer l’histoire de la maladie. Tout commence par la volonté de perdre du poids et de débuter un régime. Diminution des rations, suppression des graisses, augmentation de la consommation de liquides, hyperactivité physique et intellectuelle intense sont les signes caractéristiques. Après quelques semaines, un sentiment de bien être et de joie envahit la patiente en constatant les premiers effets du jeûne. Mais cette euphorie va vite laisser place à une obsession maladive du chiffre de poids, à un dégout des aliments et à la déformation mentale de l’image du corps. La patiente se trouve grosse malgré une maigreur évidente. S’en suit alors, la pratique de rituels compensatoires (vomissements provoqués, prise de laxatifs, pratique sportive intensive), un désintéressement des plaisirs de la vie, un isolement progressif social et familial, et un affaiblissement physique et mental. Enfin, le médecin va rechercher des troubles hormonaux comme un retard des règles appelé aussi aménorrhée.

Comment faire le diagnostic d’une boulimie ?

Le médecin va avoir plus de difficulté à faire ce diagnostic car les signes cliniques sont plus rares et moins spectaculaires que dans l’anorexie. Ici la prise alimentaire quotidienne est normale et il n’y a pas réellement de prise de poids, ni de carence nutritionnelle. Il sera donc nécessaire de mettre en évidence les deux éléments caractéristiques suivants : les crises boulimiques et la baisse d’estime de soi. Pendant la crise, le patient va ressentir une tension psychologique accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle sur son comportement alimentaire. En cachette, il va alors absorber de façon effrénée et incontrôlable une grande quantité de nourriture en très peu de temps jusqu’à saturation et inconfort digestif. Parallèlement, un sentiment de honte et de culpabilité va apparaître et pourra s’accompagner d’automutilation. Enfin, chaque crise sera suivie par un rituel compensatoire, soit des vomissements provoqués et la prise de laxatifs, soit un exercice physique intensif. A noter que des crises de boulimie peuvent fréquemment accompagner l’anorexie mentale.

Qu’est-ce que l’IMC ?

L’IMC ou Indice de Masse Corporelle est un outil utilisé par le médecin pour estimer la corpulence de son patient. On peut le calculer facilement en divisant son poids en kilogramme par sa taille en mètre multipliée par elle même. Ainsi l’IMC d’une personne d’1m70 pesant 60 kilos est de 20 [60/(1.7X1.7)]. Une personne de corpulence normale aura un IMC entre 18.5 et 25. On parlera de maigreur en dessous de 18.5 et de dénutrition en dessous de 16.5. Le surpoids est compris entre 25 et 30, et l’obésité au dessus de 30. Le stade extrême d’obésité, morbide ou massive, est défini par un IMC supérieur à 40. Attention cet outil n’est utilisable que pour les adultes (hors femme enceinte, personnes âgées, et bodybuilder). En effet pour les enfants, il faut se référer aux courbes que l’on trouve dans le carnet de santé, qui déterminent précisément l’objectif de poids en fonction de l’âge et de la taille.

Un scanner du cerveau est-il utile pour faire le diagnostic ?

Non, car ces troubles alimentaires sont des pathologies psychiques et non pas cérébrales. Ils ne sont pas le reflet d’une atteinte d’un organe. D’ailleurs, il n’existe pas d’examen sanguin ou radiologique pour poser définitivement le diagnostic. Le médecin va donc glaner des signes puis aura un faisceau d’arguments qui l’orientera vers un diagnostic ou un autre. Si jamais votre médecin demande une imagerie du cerveau, ce sera uniquement dans le but de vérifier qu’il n’existe pas de tumeur.

Pourquoi faire une prise de sang ?

Tout d’abord, elle sert à éliminer une autre pathologie sous jacente qui pourrait mimer les signes de l’anorexie. En effet, en psychiatrie, il est important d’écarter toute autre cause somatique, c'est-à-dire provenant du corps avant d’évoquer une cause provenant de l’esprit. Par exemple, la perte de poids peut résulter d’une hyperthyroïdie, le fonctionnement trop rapide de la glande thyroïde ou d’une maladie du tube digestif qui empêche l’absorption correcte des nutriments. Ensuite, cette prise de sang va permettre d’évaluer le retentissement sur le corps des carences nutritionnelles. Pour fonctionner, notre corps a besoin de trois éléments essentiels que sont les glucides, les lipides et les protéines, mais aussi de vitamines, et de minéraux. Nous allons les trouver dans notre alimentation. L’arrêt ou la diminution de tout apport alimentaire va donc briser le bon fonctionnement de cette machinerie qu’est le corps humain. Le médecin va donc faire l’état des lieux de ce qui manque pour établir une prise en charge adaptée.

 

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