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«L’anorexie mentale à début précoce a un réel impact somatique»

Lors de la journée des "Endocrinolympiades", le 5 avril, une pédopsychiatre a rappelé les conséquences physiques de l’anorexie mentale prépubère ou préménarchale.

\ piyawit ubonsatit/iStock




L'ESSENTIEL
  • En France, l’incidence de l’anorexie mentale à début précoce est estimée entre 1,1 et 7,5/100.000. Les garçons sont plus touchés que les filles.
  • "Chez les jeunes patients, on observe une perte de poids plus sévère et plus rapide, plus d’aphagie (l’incapacité à avaler) totale et plus de restriction hydrique", selon la pédopsychiatre Coline Stordeur.
  • Ce trouble rare a des conséquences sur la croissance pondérale puis staturale, le développement pubertaire et osseux.

"C’est une maladie rare !" Ce sont les premiers mots prononcés par Coline Stordeur, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent à l’Hôpital Robert-Debré (Paris), lorsqu’elle évoque l’anorexie mentale à début précoce (AMP) durant les "Endocrinolympiades" organisées par la Société Française d’Endocrinologie. En effet, l’incidence de ce trouble est estimée entre 1,1 et 7,5/100.000. Selon la spécialiste, cette pathologie apparaît dans l’enfance dès l’âge de 6-7 ans ou au tout début de la puberté (avant 13 ans). En France, "plus de garçons sont concernés".

"Une perte de poids plus sévère et plus rapide, plus d’aphagie et plus de restriction hydrique"

"L’anorexie mentale prépubère se caractérise par un apport nutritionnel insuffisant par rapport à l’âge et la taille, une peur intense de prendre du poids ou de devenir gros et une altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps", indique la pédopsychiatre. La Haute Autorité de Santé (HAS) précise que l’existence d’un trouble des conduites alimentaires (TCA) chez les parents ou d’un surpoids prémorbide chez l’enfant peuvent provoquer l’apparition de ce trouble rare. Les moqueries, les remarques, les critiques pouvant aller jusqu’au harcèlement, des difficultés à exprimer ses émotions, une rigidité et le perfectionnisme sont aussi associés à la survenue de l’AMP.

"Chez les jeunes patients, on observe une perte de poids plus sévère et plus rapide, plus d’aphagie (l’incapacité à avaler) totale et plus de restriction hydrique", qui retardent le diagnostic reposant sur l’examen clinique, l’analyse des courbes de croissance (poids, taille, IMC) et sur certains examens complémentaires, spécifie Coline Stordeur. L’anorexie mentale à début précoce se manifeste aussi par des nausées ou douleurs abdominales répétées, une modification des choix alimentaires, une rigidité autour de l’alimentation avec des rituels et parfois, une activité physique problématique car excessive, voire compulsive et /ou un hyperinvestissement scolaire.

AMP : des conséquences sur "la croissance, le développement pubertaire et osseux"

Si ce trouble affecte le développement psychologique de l’enfant, "l’anorexie mentale à début précoce a aussi un réel impact somatique. Et pour cause, elle a des conséquences sur la croissance pondérale puis staturale, qui passe parfois longtemps inaperçue, ainsi que le développement pubertaire et osseux", ce qui peut augmenter le risque de fractures. En fonction de l’évolution du trouble, la taille à l’âge adulte peut être réduite, la fonction gonadotrope peut rester perturbée, entraînant des troubles de la sexualité et de la fertilité.

D’après le centre de référence des maladies endocriniennes de la croissance et du développement, la guérison de l’AMP surviendrait dans environ 60 % des cas en 5 à 10 ans et dans les 40 % de cas restants, "l’évolution se ferait vers un autre trouble des conduites alimentaires ou vers la chronicité. Cependant, une amélioration reste possible à tous les stades de la maladie". La prise en charge de l’AMP est multidisciplinaire. Ainsi, l’enfant doit être suivi par un médecin traitant, un pédopsychiatre, un endocrinologue, un psychologue et un diététicien.

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