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Pancréatite chronique : l’alcool est le premier responsable
Pancréatite chronique : l’alcool est le premier responsable
Publié le 17.08.2019
Pancréatite chronique : l’alcool est le premier responsable
axelbueckert/iStock

Pancréatite chronique : DIAGNOSTIC

Quelles sont les manifestations de la pancréatite chronique ?

La douleur est le symptôme principal de la maladie. Elle est située dans le creux de l’estomac et irradie en profondeur vers le dos (douleur « transfixiante »). Elle peut être intense, parfois soulagée par une position en chien de fusil. Sa durée est variable, de quelques heures à plusieurs jours, avec des intervalles sans douleur également très variables de quelques jours à plusieurs années. Elle est déclenchée ou aggravée par des repas riche en graisses et la consommation d’alcool, ce qui a tendance à provoquer l’amaigrissement du malade qui limite sa prise d’aliments pour éviter la douleur.

Après une dizaine d’années d’évolution, les sécrétions d’hormones et de sucs digestifs par le pancréas sont affectées. Un diabète peut alors se développer, ainsi qu’une diarrhée graisseuse (« stéatorrhée ») due à l’insuffisance de sécrétion des enzymes pancréatiques qui interviennent dans la digestion des graisses. Les douleurs tendent alors à disparaître.

 

Comment faire le diagnostic ?

Une radio simple de l’abdomen sans préparation montre parfois la présence de calcifications pancréatiques.
Sur l’échographie et le scanner abdominaux, on visualise une modification de volume du pancréas, ainsi que la présence de calcifications, de kystes pancréatiques et parfois une dilatation du canal pancréatique principal.

Par voie endoscopique, il est possible de visualiser les canaux biliaires et pancréatiques principaux et leurs lésions en pratiquant une échoendoscopie et une cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE).

Dans la pancréatite chronique, les examens sanguins sont peu utiles pour faire le diagnostic. L’amylasémie et la lipasémie ne sont pas modifiées dans la forme chronique de la maladie, mais uniquement en cas de poussée aiguë où la lipasémie peut être élevée. En cas d’obstruction de la voie biliaire basse (qui est commune au pancréas (« ampoule de Vater »), les transaminases, les gamma-GT et la bilirubinémie sont également augmentées.

Au cours du bilan diagnostic, une recherche de diabète est effectuée.

 

Avec quoi peut-on confondre une pancréatite chronique ?

Les cancers du pancréas se manifestent par des symptômes voisins de ceux de la pancréatite. C’est le premier diagnostic à évoquer.

L’ulcère gastroduodénal est aussi un diagnostic qui peut être confondu avec la pancréatite, de même que l’artérite mésentérique et la lithiase biliaire migrée au niveau de la sortie commune des canaux biliaires et pancréatique.

 

Quelles sont les complications ?

Au cours des cinq premières années d’évolution, surviennent des poussées de pancréatite aiguë. C’est d’ailleurs souvent la première manifestation de la maladie.
Au cours de ces crises, la douleur est intense, insupportable, accompagnée de vomissements, d’une distension de l’abdomen, d’une fièvre et parfois d’un état de choc. Cette crise aiguë conduit à l’hospitalisation du malade.

La pancréatite aiguë isolée sans pancréatite chronique est souvent causée par une lithiase (calcul) biliaire ainsi que par une consommation excessive d’alcool.

Dans les suites d’une crise aiguë, peuvent se former des kystes ou des pseudo-kystes qui contiennent soit du suc pancréatique, soit du tissu nécrosé. Les kystes ou pseudo-kystes peuvent parfois se rompre dans un organe voisin ou la cavité péritonéale et former un épanchement séreux avec un risque d’ascite et de pleurésie.

Un kyste peut aussi provoquer une compression de la voie biliaire avec survenue d’une jaunisse (un « ictère »). Il peut aussi comprimer l’estomac ou le duodénum et provoquer des douleurs et des vomissements. Ils peuvent aussi s’infecter et conduire à un abcès pancréatique.

Des hémorragies digestives se déclarent parfois, dues à un ulcère gastroduodénal, un kyste ou une rupture de varice œsogastrique.

L’atteinte de la fonction endocrine du pancréas (sécrétion d’hormone à partir des cellules dédiées (les cellules bêta-pancréatiques), induit un diabète dans environ un tiers des pancréatites chroniques après cinq ans d’évolution et dans 80 % des cas après 15 ans.

Un risque de dégénérescence vers un cancer est également possible.

 

Faut-il consulter en urgence ?

Dans la forme chronique, l’intensité de la douleur peut amener à consulter en urgence pour obtenir un traitement antalgique efficace. En cas de pancréatite aiguë, le passage aux urgences est la règle, les symptômes douloureux étant difficiles à supporter.

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