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Scoliose : traiter tôt la colonne vertébrale pour éviter les déformations invalidantes
Scoliose : traiter tôt la colonne vertébrale pour éviter les déformations invalidantes
Scoliose : traiter tôt la colonne vertébrale pour éviter les déformations invalidantes
luckyraccoon/istock

Scoliose : TRAITEMENT

Que peut-on faire en cas de scoliose ?

En cas de scoliose, l’objectif principal du traitement est de limiter l’aggravation de la déformation de la colonne vertébrale (le « rachis »), voire de la faire régresser : c’est ce qui se produira si elle est prise en charge à temps. Dans tous les cas, des séances de rééducation avec un kinésithérapeute sont prescrites.
Le traitement de la scoliose évolutive se déroule sur plusieurs années et consiste en kinésithérapie prolongée, activité sportive, voire à porter un « corset orthopédique » au-delà de 30°. Si la courbure de la colonne vertébrale est très importante, une opération chirurgicale peut être nécessaire.
En cas de douleurs secondaires à la scoliose, des médicaments contre la douleur peuvent être prescrits. Chez les adultes, il est possible de donner des anti-inflammatoires ou de faire des infiltrations à visée antalgique. Elles sont pratiquées au mieux sous guidage radiologique.

Quelle est l’importance du traitement par corset ?

Le port d'un corset constitue le « traitement orthopédique » : c’est le principal traitement proposé pour l’enfant et l’adolescent lorsque la scoliose est comprise entre 20 et 30°, qu’elle est douloureuse ou évolutive. Cet « appareillage médical » sert à maintenir la colonne vertébrale pour limiter le risque d’aggravation, voire réduire les courbures pathologiques.
Chez un jeune en croissance, le corset doit être porté le plus possible au cours de la journée, sauf pendant les activités sportives et la toilette, et jusqu’à ce que le squelette ait fini de grandir. Chez l'adulte et le sujet âgé, le corset est proposé pour améliorer les douleurs et limiter le retentissement de la scoliose sur la vie quotidienne.

© 123RF-Piskunossky
© 123RF-Piskunossky

Une équipe américaine a mené une étude sur des adolescents de 10 à 15 ans, souffrant de scoliose plus ou moins sévère. La moitié d’entres eux devaient porter un corset pendant au moins 18 heures chaque jour, tandis que les autres n’avaient que des visites de contrôle. Au bout de 2 ans de suivi, 72 % des adolescents qui avaient porté un corset avaient un squelette maturité sans que leur scoliose n’atteigne le degré de courbure imposant de recourir à la chirurgie contre 48 % dans le groupe sans corset. Plus les adolescents ont été assidus à mettre leur corset, meilleurs sont les résultats pour leur colonne. Le taux de succès était de 41 % pour ceux qui l’avaient porté moins de 6 heures par jour contre 92 % pour ceux qui s’étaient astreints à le porter au moins 13 heures par jour.
Cependant les 48 % de succès dans le groupe sans corset doivent pousser les médecins à mieux identifier les scolioses évolutives pour éviter d’imposer inutilement le port de cette prothèse.
Il existe différents types de corsets, utilisés selon la nature et l’importance des déformations du rachis. Dans tous les cas, l’appareil est fabriqué sur mesure, à partir d’un moulage du corps, pour être le plus adapté et le mieux toléré possible. Parfois, le malade doit porter un plâtre pendant un à deux mois avant d’utiliser le corset, ceci afin d’obtenir une meilleure correction de la déformation.

Que faire en cas d’échec du traitement par corset ?

En cas d’échec des soins orthopédiques, un traitement chirurgical peut être indiqué pour les scolioses importantes qui poursuivent leur évolution. L'indication concerne environ 10 % des scolioses idiopathiques évolutives du sujet jeune ainsi que les scolioses importantes, avec un angle de Cobb dépassant les 50°. La technique consiste en la mise en place de tiges métalliques vissées dans les vertèbres, et de greffes osseuses, permettant le redressement de la colonne vertébrale, notamment avec la technique et le matériel mis au point par Cotrel et Dubousset. Les complications sont essentiellement locales mais il peut exister des étirements ou des compressions de racines nerveuses dans moins d’1 % des interventions.

Pourquoi faut-il faire de la kinésithérapie ?

Les séances de kinésithérapie prescrites en cas de scoliose ont pour objectifs d’entretenir les amplitudes articulaires vertébrales et costo-vertébrales, de renforcer les muscles érecteurs du dos et d’entretenir la capacité respiratoire.
Ces soins sont souvent associés avec un traitement orthopédique ou chirurgical de la scoliose. Isolément, ils seraient insuffisants pour agir sur l’évolution des courbures de la colonne vertébrale.

Quels sont les facteurs de mauvais pronostic ?

La scoliose tend à s'aggraver avec le temps. Ce degré de progression est variable selon les individus mais il semble plus important pour les scolioses dorsales (plus évolutive que les « thoraco-lombaires » ou que les « lombaires » exclusives), lorsque la courbure initiale est déjà importante, ou lorsque la scoliose survient tôt dans la vie.
Grossièrement, plus le début de la scoliose est précoce plus la déformation finale est grave : 20° de scoliose à 7 ans est grave, mais 20° à 15 ans n’est pas très grave.
La vitesse d’évolution de la scoliose est également importante et on parle de scoliose « évolutive » pour une aggravation de 5° sur 2 radiographies à 4 ou 6 mois d’intervalle. Une courbure supérieure à 30° est réputée d’emblée évolutive, quel que soit l’âge de la personne touchée.
L’évolution de la scoliose doit donc être évaluée plusieurs fois par an car elle conditionne le traitement.

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