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Rapport Britannique

Violences conjugales : des délais de prise en charge trop longs

Selon une association britannique, la prise en charge des victimes de violence conjugale peut prendre des années. En France, les données manquent, mais la situation pourrait être similaire.

Violences conjugales : des délais de prise en charge trop longs SERGE POUZET/SIPA

  • Publié 26.02.2015 à 09h42
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Les femmes victimes de violences conjugales restent presque trois ans dans cette situation avant d’obtenir une aide efficace. C’est le constat alarmant fait par l’association britannique SafeLives dans un rapport rendu public mercredi outre-Manche.


50 incidents

Les chiffres montrent qu'avant d’obtenir l’aide dont elles ont besoin, certaines femmes sont victimes de plus de 50 actes de violence domestique. Et cela alors même que 85% d'entre elles ont consulté des professionnels, jusqu'à cinq reprises dans l’année.


En France, 10% des femmes sont victimes de violences conjugales. Soit environ 200 000 par an. Seules 20% des victimes se déplacent à la police ou à la gendarmerie. Résultat, environ 150 femmes par an meurent sous les coups de leur conjoint. Et les violences faites aux femmes coûtent plus de 2,5 milliards d’euros par an à la société.


La reconnaissance par les victimes

Mais difficile d’obtenir pour la France des données équivalentes à celles publiées mercredi pour le Royaume-Uni, notamment sur les délais de prise en charge. La question est très complexe. Déjà, la reconnaissance de cette violence par les victimes elles-mêmes peut prendre du temps. « Elles peuvent être sous emprise, avoir du mal à comprendre ce qui leur arrive et à le verbaliser », indique à pourquoidocteur Françoise Brié, vice-présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (qui gère la plateforme d’appel 3919).


Cette violence dans le couple évolue dans le temps suivant des cycles. Avec au départ, une violence verbale, des remarques, des humiliations qui ne sont pas toujours identifiées comme une violence, indique à pourquoidocteur le Dr Annie Soussy, chef de l’unité médico-judiciaire (UMJ) au centre hospitalier intercommunal (CHI) de Créteil (Val-de-Marne).


Ecoutez le Dr Annie Soussy, chef de l’UMJ du CHI de Créteil : « Il y a aussi des personnes qui réagissent tout de suite… »



Face au silence, à la honte et à la culpabilité que peuvent ressentir les victimes, il est indispensable que les médecins posent des questions. Et pas uniquement en cas de blessures ou de mal-être. Pour Françoise Brié, cela devrait être systématique, au même titre que les questions sur la consommation d’alcool ou de tabac.


Ecoutez Françoise Brié, vice-présidente de la FNSF : « On a plusieurs exemples de femmes… »


Mais les professionnels de santé ne sont pas les seuls à être impliqués dans le repérage et la prise en charge de ces victimes. De multiples acteurs peuvent intervenir : police, gendarmerie, justice, assistantes sociales, associations… Tous ces acteurs doivent être bien formés et informés. Et une bonne articulation entre eux permet de garantir une solution rapide et efficace.


Manque de places d'hébergement

Si tous les milieux peuvent être touchés par les violences conjugales, y mettre un terme peut être plus difficile pour certaines femmes. « Celles qui n’ont pas de travail et de logement auront plus de mal à partir du domicile conjugal ». Et le problème sera d’autant plus délicat dans certaines régions manquant de places en centres d’hébergement alors qu’il est nécessaire de pouvoir assurer la protection des victimes. Ainsi, l’Ile-de-France ne peut répondre qu’à 10% à 30% des demandes d’hébergement, déplore Françoise Brié.


Enfin, les victimes doivent pouvoir aussi trouver la bonne information pour être bien orientées. Le Dr Soussy souligne qu’après des campagnes de communication dans les journaux, à la télévision ou sur internet, le nombre de victimes qu’elle prend en charge dans son unité augmente. Les UMJ ne voient pas toutes les femmes victimes de violences conjugales, mais uniquement celles qui sont envoyées, après plainte, pour une évaluation physique et psychologique à des fins pénales.


Au CHI de Créteil, l’UMJ examine en moyenne 5 à 10 femmes par jour pour tout le département du Val-de-Marne. L’occasion aussi d’apporter à ces femmes tous les conseils juridiques et psychologiques dont elles ont besoin, grâce à la présence d’associations, de deux psychologues et d’un psychiatre.


Plan et rapport

En France, il existe un plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes. Il s’agit de la quatrième version pour la période 2014-16. Le Dr Soussy est le co-auteur d’un rapport remis en novembre 2014 pour améliorer la prévention et la prise en charge des femmes victimes de violences. Il vise à donner une plus grande place et responsabilité aux acteurs de la santé et de l’accompagnement social.

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