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Selon une étude américaine

Cancer du col de l’utérus : 1 dose de vaccin pourrait suffire

Alors qu’en France, 3 doses de vaccin sont recommandées chez les jeunes, une étude révèle qu’une seule injection apporterait une immunité suffisante. 

Cancer du col de l’utérus : 1 dose de vaccin pourrait suffire ROBERTS/NEWSCOM/SIPA

  • Publié 04.11.2013 à 08h00
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« Nous avons montré que les niveaux d’anticorps contre le HPV 16 et le HPV 18 chez les femmes qui avaient reçu une dose de vaccin restaient stable quatre ans après la vaccination, » explique le Pr Mahboobeh Safaeian, auteur de l’étude qui vient de paraître dans la revue Cancer Prevention Research. Alors qu’actuellement la France, comme la majorité des pays européens, préconise un schéma vaccinal en 3 doses pour protéger les jeunes filles du cancer du col de l’utérus, cette nouvelle analyse apporte des données en faveur d’une réduction du nombre d’injection nécessaire.

 

1 ou 2 doses suffisantes pour une immunité à long terme

Les données de cette étude proviennent d’un essai clinique testant l’efficacité du vaccin Cervarix chez les femmes au Costa Rica. Les chercheurs ont analysé la présence d'une réponse immunitaire au vaccin, mesuré par le taux d'anticorps, dans des échantillons de sang prélevés sur 78 , 192, et 120 femmes ayant reçu respectivement 1, 2 et 3 doses du vaccin. Ces résultats ont été comparés à ceux de 113 femmes non vaccinées, mais ayant des anticorps dans leur sang à cause d’une ancienne infection HPV. Au final, quel que soit le nombre d’injections reçues, toutes les femmes, avaient des anticorps contre les HPV 16 et 18, quatre ans après la vaccination. Les niveaux d'anticorps étaient même comparables chez les femmes ayant reçu 2 doses distantes de six mois et chez celles qui avaient les 3 doses. Enfin, les chercheurs ont également constaté que, bien que plus faibles chez les femmes ayant eu une seule dose, les taux d'anticorps restaient stables sur le long terme. En outre, leurs taux d'anticorps étaient malgré tout 5 à 24 fois plus important que ceux observés chez les femmes non vaccinées mais ayant été contaminées par un virus HPV.

 

Ecoutez le Pr Daniel Floretprésident du Comité technique des vaccinations : « Une étude au Chili a montré aussi que l’efficacité du vaccin était, sans problème, identique avec deux doses et même avec une dose. On pourrait probablement faire moins de doses. »

 

Le Chili et la Suisse recommandent déjà 2 doses

«La vaccination avec deux doses, ou même une seule dose, pourrait simplifier la logistique et réduire le coût de cette vaccination. Cela pourrait être particulièrement important dans les pays en développement, où plus de 85% des cancers du col utérin surviennent, et où le cancer du col est l'une des causes les plus fréquentes de décès liés au cancer, » concluent les auteurs. Cette stratégie de vaccination avec deux doses se fait déjà dans certains pays comme le Chili, la Suisse, et au Canada dans province de la Colombie Britannique, notamment lorsque les jeunes filles initient cette vaccination dès 9 ans. Cependant en France, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les 2 vaccins commercialisés est européenne et a été délivrée pour un schéma en 3 doses. Nous resterons donc sur le programme actuel de vaccination tant qu’aucune modification d’AMM n’interviendra. A noter qu’un des laboratoires fabriquant ce vaccin aurait d’ailleurs déposé une demande d’AMM européenne pour un schéma en deux doses.

 

Des résultats en faveur d’un avancement de l’âge de la vaccination

Cependant, selon les spécialistes, supprimer une dose du schéma vaccinal supposerait que l’on vaccine les jeunes filles plus tôt. Pour le moment, il est préconisé de le pratiquer avec 3 doses, chez toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans et non plus à partir de 14 ans, comme c’était le cas depuis 2007. Un rattrapage est également conseillé chez les 15-19 ans qui n’ont pas encore été vaccinées. En passant à 2 injections, il faudrait envisager de rajeunir encore la cible de jeunes filles à vacciner. « L’immunogénécité est d’autant meilleure qu’on vaccine tôt. Les filles qui sont vaccinées entre 9 et 11 ans ont une réponse immunitaire significative meilleure que celles qui sont vaccinées à 14-15ans.

 

Ecoutez le Pr Daniel Floret : « Si on passait à deux doses en France, l’acceptabilité serait probablement meilleure et sur le plan du coût de la vaccination cela changerait radicalement les choses. »

 

« D’après le dernier rapport des CDC (Centre américain de surveillance des maladies, ndlr), en 2012 seules 53,8% des filles entre 13 et 17 ans ont débuté une vaccination contre le HPV et seulement 33,4% d’entre elles ont reçu les trois doses » confiaient les auteurs de cette nouvelle étude dans leur introduction. En France, les objectifs de vaccination contre le papillomavirus sont également loin d’être atteints. Alors qu’en 2004, le Haut comité de santé publique visait les 95% de couverture vaccinale, nous n’en sommes aujourd’hui qu’à un taux de 30% de jeunes filles ayant reçu les trois doses de vaccin. Certes, la vaccination n'élimine pas totalement le risque de cancer du col de l'utérus mais elle le réduit fortement. Ce cancer tue chaque année 1000 femmes en France.

 

 

 

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