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PMA : les retardateurs de flamme réduisent les chances de réussite

Les femmes exposées à des concentrations importantes de ces composés ont moins de chances de voir leur projet de grossesse se concrétiser.

PMA : les retardateurs de flamme réduisent les chances de réussite Sang Tan/AP/SIPA

  • Publié 25.08.2017 à 07h49
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Présents dans les plastiques, les textiles ou dans les cartes de circuits imprimés, les retardateurs de flamme sont censés rendre ces produits moins inflammables. Mais à quel prix ?
Très persistants dans l’environnement, ces substances mettent en danger notre santé. Certains sont des perturbateurs endocriniens, des cancérogènes, d'autres sont toxiques pour la reproduction.
Une nocivité confirmée par une nouvelle étude publié Environmental Health Perspectives.

Une équipe de recherche de l’université de Harvard (Etats-Unis) a constaté que les femmes les plus exposées à ces substances ont moins de chance de concevoir un enfant par procréation médicalement assistée (PMA) que les autres femmes. 
Cette étude menée dans la clinique de la fertilité du Massachusetts General Hospital est la première à examiner les éventuelles répercussions de ces molécules chez des femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV).


Toutes les étapes de la FIV sont compromises

Plus de 200 femmes ont accepté d'y participer entre 2005 et 2015. Dans leurs échantillons d’urine, les chercheurs ont mesuré les concentrations des nouvelles générations de retardateurs de flamme conçus pour être moins toxiques que la précédente.
Cependant, la littérature scientifique montre que cette alternative est capable de perturber le système hormonal des animaux.

Ces substances potentiellement dangereuses ont été retrouvées chez plus de 80 % des participantes. Et cette présence est loin d’être sans conséquence. Selon l’analyse des chercheurs, les femmes fortement exposées aux retardateurs de flamme voient leurs chances de fécondation diminuer de 10 % en moyenne par rapport aux autres femmes.
Le taux de réussite de l’implantation de l’embryon diminue aussi de 31 %. Et lorsque ces étapes sont franchies, les chances de mener à bien le projet de grossesse est réduit de 38 à 41 %.

« Ces résultats suggèrent que l’exposition aux retardateurs de flamme peut être l’un des facteurs d’échec de la FIV, résume Courtney Carignan, l’une de auteurs de l’étude. Ils s’ajoutent également aux données signalant le besoin de réduire l’usage de ces substances et d’identifier des alternatives plus sûres ».

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Forte de ces résultats, l’équipe souhaiterait maintenant étudier l’impact de ces composés sur les hommes, et en particulier sur leur fertilité. Des travaux précédents ont d’ores et déjà mis en évidence un effet sur les testicules ainsi que sur la production de spermatozoïdes. En attendant, elle conseille aux couples ayant recours à la PMA d’éviter de s’exposer à ces produits toxiques.

Des polluants présents partout

Un conseil avisé mais difficile à réaliser dans les faits. Si, en France, rien n’oblige les industriels à ignifuger les meubles rembourrés destinés au mobilier privé (canapé, fauteuil, etc), les espaces accueillant du public (cinéma, théâtre…) regorgent de ces substances.

Certaines molécules interdites depuis plusieurs années se sont aussi accumulées dans l’environnement. Elles se retrouvent désormais dans les graisses animales, et finissent dans notre assiette.
En octobre 2015, un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) suggérait même que l’alimentation est la source principale d’exposition aux retardateurs de flamme.

Seule note positive : les Français sont certainement moins exposés que les Britanniques ou les Américains, car dans ces pays, les réglementations incendies sont très strictes.
A tel point que dans les années 1960, dans certains Etats d’Amérique de l’ouest, des pyjamas pour enfant et de la literie ont été traités avec ces substances. Ces traitements ont été interdits dans les années 1970.

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