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La césarienne augmente le risque d’allergie respiratoire

Accoucher par césarienne multiplie par cinq le risque d'être allergique, selon une étude présentée au dernier congrès américain d'allergologie. 

La césarienne augmente le risque d’allergie respiratoire SAURA PASCAL/SIPA

  • Publié 27.02.2013 à 15h52
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Les enfants nés par césarienne sont plus susceptibles de développer une allergie respiratoire. Ils sont 5 fois plus nombreux que les autres à présenter ce type de pathologie à l’âge de 2 ans, selon une étude présentée au Congrès annuel de l’Académie américaine de l’allergie et de l’asthme à San Antonio.
Dans ce travail , des chercheurs du centre hospitalier Henry Ford de Détroit (Etats-Unis) ont étudié 1258 bébés nés par césarienne ou non, de la naissance à 2 ans. A chaque consultation, ils ont passé au crible tous les facteurs environnementaux : présence ou non d’animaux domestiques à la maison, échantillons de lait infantile ou de lait maternel, exposition au tabac, aux acariens, à la poussière, antécédents d’allergie dans la famille… Résultat :ce sont bien les enfants nés par césarienne qui se révèlent les plus susceptibles de développer une allergie respiratoire.
 « Nous pensons qu’une exposition aux bactéries présentes dans les voies naturelles lors de la naissance ont une réelle influence sur le système immunitaire des bébés et que le fait de naître par césarienne les expose à un plus grand risque d’allergie à partir de deux ans, » a expliqué Christine Cole Johnson, le médecin qui a dirigé l’étude. 
Ces résultats confirment de façon tangible le rôle joué par la contamination bactérienne maternelle au cours de l’accouchement par voie basse. En ingérant une partie des bactéries présentes dans l’organisme de leur maman, les bébés constituent leur microbiote, leur flore intestinale qui influe ensuite sur le fonctionnement du système immunitaire. 

Ecouter le Pr Olivier Goulet, gastroentérologue pédiatrique à l’hôpital Necker (APHP).« Les événements qui entourent la naissance, césarienne, allaitement, prise d’antibiotiques… sont de nature à modifier l’implantation du microbiote et par conséquent de jouer un rôle dans le déterminisme d’un certain nombre de maladies. »
 

Un autre étude, canadienne cette fois, présentée au Congrès de San Antonio, , a aussi démontré que le microbiote des bébés de 4 mois était différent en fonction du mode d’accouchement et du mode d’allaitement.
Les chercheurs ont séquencé le génome de leur flore intestinale. Ainsi, les nourrissons nés par césarienne ou qui n’avaient pas été allaités avaient une flore intestinale moins riche en bactéries que les autres. Ils avaient notamment moins d’escherischia, de shigelles ou de bacteroïdes. Des agents qui peuvent être responsables de maladies, mais qui permettent aussi d’initier le système immunitaire.
Mais sur les cent milliards de micro-organismes qui composent le microbiote comment savoir ceux qui sont susceptibles ou non de nous rendre en meilleure santé ? Les chercheurs tatônnent encore. « Récemment, des études tendent à montrer que  les micro-organismes de la famille des helminthes beaucoup moins fréquent dans les milieux urbains, pourraient orienter le microbiote pour qu’ils soient plus protecteur contre les maladies allergiques, explique le Pr Olivier Goulet, gastroentérologue pédiatrique à l’hôpital Necker, qui a assisté au sommet Gut Microbiota à Madrid, un événement qui rassemble médecins et chercheurs, sous l’œil intéressé de l’industrie agroalimentaire. A l’occasion de ce congrès, une étude a aussi montré que l'on pouvait soigner certaines maladies digestives en changeant le microbiote. Ainsi, la transplantation fécale s'est montrée trois plus efficace qu'une antibiothérapie par vancomycine pour traiter des patients atteints d'une infection récidivante à Clostridium difficile. Pour le Pr Olivier Goulet, ce sont autant d’arguments qui tendent à prouver que les micro-organismes qui constituent le microbiote ne doivent pas être considérés comme des ennemis mais comme des partenaires potentiels de notre santé.

Ecouter le Pr Olivier Goulet, gastroentérologue pédiatrique à l’hôpital Necker (APHP).« Le microbiote est très important, il nous domine par son poids, par le nombre des microorganismes et par sa capacité génétique… il a longtemps été considéré comme un ennemi alors que c’est un partenaire de notre bonne santé. »
 

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