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QUESTION D'ACTU

6372 personnes contaminées en 2012

Sida : 1 nouvelle contamination sur 5 survient après 50 ans

Plus masculine, plus âgée, plus homosexuelle et moins africaine, l’épidémie de Sida en France a changé de visage entre 2003 et 2012, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Sida : 1 nouvelle contamination sur 5 survient après 50 ans      Mood Board / Rex Featur/REX/SIPA

  • Publié 01.04.2014 à 07h00
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6372 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2012, selon les données publiées ce matin par l’Institut de veille sanitaire. Si ce chiffre est stable depuis 2008, il cache cependant des changements de profil de l’épidémie. « Les personnes âgées de 50 ans ou plus au moment du diagnostic représentent une part croissante des découvertes de séropositivité (19% de l’ensemble des diagnostics en 2012 et 30% chez les hommes hétérosexuels) », soulignent les auteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Dans cette tranche d’âge, le diagnostic est souvent tardif, à des stades avancés de l’infection, qui se manifeste déjà par des signes cliniques. La faible perception du risque de contamination par le VIH dans cette génération qui a découvert la sexualité avant l’arrivée du Sida pourrait expliquer leur faible recours au préservatif et au dépistage.


Les hommes hétéros échappent au diagnostic précoce

Autre évolution notable de la population touchée par l’épidémie de Sida en France, elle est plus masculine. La proportion d’hommes parmi les découvertes de séropositivité est passée de 57% en 2003 à 69% en 2012. Au cours de ces 10 années, le nombre de découverte chez les hétérosexuels a diminué alors qu’il a considérablement augmenté chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Mais alors que les diagnostics précoces sont de plus en plus fréquents dans la population gay, sensibilisée au dépistage régulier grâce aux tests rapides, les hommes hétérosexuels, qui représentent tout de même un quart des contaminations en 2012, ont encore un recours trop tardif au dépistage. Ils sont donc souvent diagnostiqués au stade Sida et à un stade d’immunodépression sévère. « Les recommandations de 2010 qui visaient à élargir le dépistage dans la population générale pour réduire le nombre de personnes ignorant leur séropositivité, ne semblent pas avoir bénéficié aux hétérosexuels en 2012 », soulignent les auteurs du BEH, qui constatent que les diagnostics tardifs concernent encore 1 hétérosexuel sur 3 contre 1 homosexuel sur 6.

 

La part des migrants originaires d'Afrique recule

La répartition de l’épidémie sur le territoire a également légèrement évolué. En 2003, la région Ile de France concentrait 47% de l’ensemble des nouvelles contaminations et les DOM 10%. Les données pour 2012 placent toujours l’Ile de France en tête avec 42% des découvertes de séropositivités, suivie par les DOM avec 8%. « Entre 2011 et 2012, le nombre de découverte de séropositivité a significativement augmenté chez les hommes ayant des relations sexuels avec des hommes en Paca et dans le Languedoc-Roussillon », note le BEH.

Enfin, plus de la moitié (54%) des personnes ayant découvert leur séropositivité en 2012 étaient nés en France. La part des migrants originaires d’Afrique subsaharienne est passée depuis 2003 de 44 à 31% parmi les nouvelles contaminations déclarées en France.

 

Cette évolution de la population touchée par le VIH en France plaide à nouveau pour une amélioration du dépistage pour permettre des diagnostics plus précoces et pour enrayer ce que les spécialistes appellent l’épidémie silencieuse, ces 30 000 Français qui vivent avec le virus du Sida sans le savoir et seraient responsables de 60% des nouvelles contaminations, soit près de 3600 par an.

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