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Aux Etats-Unis

VIH : près d'un jeune sur 2 se soigne tardivement

Aux Etats-Unis, presque la moitié des jeunes de 12 à 24 ans prennent trop tard les antirétroviraux, c’est-à-dire à un stade avancé de la maladie.

VIH : près d'un jeune sur 2 se soigne tardivement INNAMORATI/SINTESI/SIPA

  • Publié 05.02.2014 à 09h00
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Prise en charge trop tardive, mauvaise connaissance des risques... Les jeunes séropositifs sont souvent traités alors que leur maladie a atteint un stade avancé. Selon une étude du Johns Hopkins Children’s Hospital, parue ce 3 février dans JAMA Pediatrics, 30 à 45% des 14-24 ans séropositifs commencent le traitement antirétroviral trop tard. En France, quelques 1 500 jeunes de moins de 15 ans sont diagnostiqués séropositifs.

 

Surtout des garçons

Le stade avancé d’une infection au VIH se définit lorsque le nombre de lymphocytes CD4, détruits par le virus, atteint moins de 350 cellules/mm3. Près de la moitié des adolescents infectés ne prennent pas leur traitement avant ce stade. Les résultats de l’étude montrent que ce sont souvent des jeunes issus des minorités ethniques. Par rapport à un Blanc, un Afro-américain risque deux fois plus de consulter avec une infection avancée et un Hispanique 1,7 fois plus.

 

Les chercheurs ont aussi observé que les jeunes hommes hétérosexuels sont les plus nombreux à se rendre tardivement chez le médecin pour une infection au VIH. Sans doute parce que les campagnes de prévention ont massivement ciblé les populations les plus « à risque » (hommes homosexuels), ce qui a pu induire à tort que le risque était moindre dans les autres populations.  « Ce sont des résultats très décevants, qui soulignent la nécessité de développer de meilleurs moyens d’établir un diagnostic plus tôt et, ce qui est tout aussi important, d’amener les jeunes vers le système de soins afin qu’ils soient traités plus tôt », estime le Dr Allison Agwu, principale chercheuse.

 

Trop de préjugés

Recevoir plus tôt des antirétroviraux présente de nombreux avantages. En plus d’aider le corps à maintenir un taux satisfaisant de lymphocytes, cela permet de mieux contrôler l’infection et de réduire la mortalité. Les dommages liés au VIH sur les reins, le cerveau et le système cardiovasculaire sont donc plus limités. Autre conséquence d’une prise en charge tardive : les patients ont davantage de virus qui circulent dans leur sang et leurs fluides corporels, ce qui les rend plus à risque d’infecter les autres.

 

Les Centres de Contrôle et de Prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis militent pour un dépistage généralisé chez les personnes de 13 à 64 ans. Mais force est de constater que de nombreux jeunes passent à travers les mailles du filet. En cause : les peurs personnelles, mais aussi les préjugés des médecins. « Les médecins doivent s’éloigner de leurs idées préconçues à propos de qui est infecté, arrêter d’établir un profil de patient à risque, et dépister systématiquement », martèle le Dr Agwu.

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