- En 2026, 67 % des Françaises disent avoir déjà eu des rapports sexuels douloureux au cours de leur vie.
- 61 % des femmes sondées ont reconnu avoir déjà accepté une pénétration vaginale malgré la douleur.
- 57 % des Françaises ont le sentiment qu'il existe une pression sociale poussant les femmes à le faire.
Malheureusement, les relations sexuelles ne riment pas toujours avec plaisir pour les femmes. En effet, 67 % des Françaises ont confié lors d’un sondage Ifop pour Intima avoir déjà eu des rapports sexuels douloureux au cours de leur vie. Ce qui représente une hausse de 48 % par rapport à 1992 !
Rapports sexuels : les femmes acceptent malgré la douleur
Les douleurs intimes ne sont d’ailleurs pas concentrées au lit. 79 % des femmes interrogées ont reconnu les avoir aussi ressenties au moins une fois, soit lors d’ébats, soit d'examens gynécologiques, soit lors de l'utilisation de protections internes.
Dans le détail, 66 % des sondées ont déjà eu des rapports sexuels douloureux, 64 % ont ressenti des douleurs ou un inconfort lors d'examens gynécologiques (frottis, pose de stérilet, etc.), et 55 % ont souffert lors de l'insertion d'un tampon ou d'une coupe menstruelle. Les Millennials affichent la prévalence la plus élevée concernant les douleurs globales (82 %). Par contre, les quinquagénaires sont les plus touchées toutes catégories confondues, avec 86 % de prévalence. La GenZ, enregistre pour sa part un taux élevé de vaginisme (13 %) et de dyspareunies (7 %).
Parmi les femmes ayant pratiqué la pénétration vaginale au cours des 12 derniers mois, 83 % ont avoué avoir déjà souffert pendant leurs rapports sexuels. D’ailleurs, beaucoup d’entre elles poursuivent les ébats malgré la douleur (61 % déclarent avoir déjà accepté une pénétration vaginale malgré la douleur ressentie). "Ce phénomène touche toutes les générations, avec un pic chez les 30-39 ans (70 %) et les femmes de moins de 30 ans (63 %). Il est particulièrement marqué chez les femmes touchées par le vaginisme : 89 % d'entre elles ont accepté la pénétration malgré la douleur, dont 31 % souvent. Parmi les femmes ayant des douleurs vulvaires, ce taux atteint 89 % également", expliquent les auteurs du sondage.
Cette poursuite des rapports malgré les souffrances peut s’expliquer en partie par le poids des normes. Près de 6 sondées sur 10 estiment qu'il existe une pression sociale qui pousse les femmes à accepter des relations sexuelles avec pénétration vaginale malgré la douleur. Cette perception est plus forte chez les jeunes générations : 65 % chez la GenZ, 64 % chez les Millennials, 57 % chez la Gen X, 48 % chez les seniors.
"Le progressisme joue également un rôle : 84 % des femmes se définissant comme très progressistes perçoivent cette pression, contre 43 % des très conservatrices. Et parmi les femmes ayant accepté la pénétration malgré la douleur souvent, 88 % ont le sentiment que cette pression sociale existe."
Douleurs sexuelles : des répercussions sur la vie intime et affective
Les douleurs intimes lors de la pénétration vaginale ont des répercussions sur la vie sexuelle des femmes. 58 % reconnaissent avoir déjà évité une relation sexuelle à cause de leur trouble. 56 % indiquent avoir perdu leur plaisir sexuel et 50 % n’ont plus de libido. 46 % des femmes interrogées qui souffrent lors de la pénétration, se sont déjà senties anxieuses à la perspective de relations sexuelles. Le chiffre grimpe à 83 % chez les patientes souffrant de vaginisme.
Certaines (41 %) privilégient les relations sexuelles sans pénétration vaginale comme les caresses ou les masturbations mutuelles (60 %), les pratiques bucco-génitales (58 %), les sextoys hors pénétration vaginale (23 %) la pénétration anale (22 %) et le sexe tantrique (11 %). D’autres sondées (15 %) ont indiqué avoir hésité ou renoncé à avoir des enfants, ou même mis fin à une relation amoureuse (13 %).
Un besoin de sensibilisation important
Les femmes parlent de leurs difficultés. 74 % indiquent ont parlé à au moins un interlocuteur : 69 % à leur(s) partenaire(s) sexuel(s), 44 % à un professionnel de santé spécialisé (gynécologue, sage-femme) et 19 % à leur médecin généraliste. "La communication avec le partenaire est significativement plus élevée chez la GenZ (81 %) que chez les seniors (55 %), signe d'une évolution générationnelle dans la capacité à nommer et à partager ces expériences", note le sondage.
Du côté du parcours médical, seulement 39 % des femmes concernées ont consulté un professionnel de santé spécifiquement pour leurs douleurs vaginales au cours de leur vie (13 % dans les 12 derniers mois). Par contre, elles sont tout de même 22 % à avoir évité ou repoussé un examen médical. Le taux passe à 65 % chez les patientes touchées de vaginisme.
Parmi celles n'ayant pas consulté, les raisons invoquées confirment le besoin de sensibilisation : 53 % pensaient que les douleurs allaient passer, 36 % les considéraient comme normales, 22 % avaient honte ou se sentaient gênées d'en parler (35 % chez la GenZ, 36 % chez les Millennials), 20 % ne savaient pas vers quel professionnel se tourner, 18 % avaient peur de ne pas être prises au sérieux et 17 % étaient freinées par le coût des consultations.
Cette absence d'échange avec des professionnels de santé a une conséquence de taille : la moitié des Françaises ne savent pas qu'il existe des solutions de rééducation périnéale ou des thérapies spécialisées pour traiter leurs souffrances intimes.



