- Des chercheurs ont analysé le génome de 212 fratries, c’est-à-dire des frères et des sœurs ayant les mêmes parents.
- Ils ont ainsi découvert 12 variants génétiques rares susceptibles d'influencer la longévité.
- L’un d’entre eux concernait le gène CGAS, qui joue un rôle dans le processus inflammatoire.
On étudie souvent les centenaires, pour percer leurs secrets. Mais dans une nouvelle étude, présentée lors du congrès annuel de la Société européenne de la génétique humaine, des chercheurs se sont intéressés aux familles plutôt qu’aux individus pour expliquer la longévité.
12 variants génétiques de la longévité
Lors de précédents travaux, ces mêmes scientifiques ont montré que les adultes dont les parents avaient vécu longtemps étaient atteints de maladies 13 ans plus tard que leurs conjoints, dont les parents décédés plus tôt. “Cela a clairement démontré que la longévité en bonne santé se transmettait aux générations suivantes”, indique M. Pasquale Putter, l’une des auteures de l’étude, dans un communiqué.
Cette fois, les scientifiques ont analysé le génome de 212 fratries, c’est-à-dire des frères et des sœurs ayant les mêmes parents. Ils ont ainsi découvert 12 variants génétiques rares susceptibles d'influencer la longévité. L’un d’entre eux concernait le gène CGAS, qui joue un rôle dans le processus inflammatoire.
Moins le gène CGAS est présent, plus les personnes vivent longtemps en bonne santé
“Il est probable que les membres de ces familles ne possèdent qu'une seule copie active du gène CGAS, au lieu de deux, ce qui aurait réduit la réponse inflammatoire dans leur organisme, tout en restant suffisant pour éliminer les infections et réparer les dommages, explique M. Pasquale Putter. Cela pourrait contribuer aux mécanismes de protection qui permettent une meilleure santé et une plus grande longévité.”
Autrement dit, chez les personnes qui vieillissent en meilleure santé, le gène CGAS serait moins présent. “Nous espérons que cette approche familiale nous permettra de mieux distinguer les facteurs environnementaux des facteurs génétiques, notamment ceux impliquant des mutations rares", détaille M. Pasquale Putter. Néanmoins, les scientifiques doivent mener d’autres travaux pour confirmer ces résultats.
En attendant, la meilleure façon de vivre en bonne santé le plus longtemps possible reste de limiter les facteurs de risque : manger équilibré, pratiquer une activité physique régulière, ne pas fumer ou consommer trop d’alcool. En France, à 65 ans, les femmes peuvent espérer vivre sans incapacité jusqu’à 76,8 ans, et les hommes jusqu’à 75,2 ans, selon la dernière étude annuelle de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).


