• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Mer et piscine

Alcool et baignade : le mélange qui peut devenir fatal

Alors que les familles se préparent pour les activités aquatiques durant les vacances d'été, une étude montre que l’alcool réduit considérablement les chances d'être secouru en cas de noyade.

Alcool et baignade : le mélange qui peut devenir fatal valeie/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une étude révèle que l'âge, le sexe, la consommation d'alcool, le type de plan d'eau et le milieu (urbain/rural) influence les tentatives de sauvetage en cas de noyade.
  • La consommation d’alcool quadruple le risque que la victime ne soit pas secourue et constitue donc est un facteur de risque important de noyade, surtout chez les adolescents.
  • Les parents doivent "éviter toute altération de leurs facultés et de rester vigilants lorsque leur enfant est dans l’eau."

Boire peut-il coûter la vie des autres dans l’eau ? C’est ce que suggère une nouvelle recherche, publiée dans la revue Medicine, Science and the Law. Pour rappel, la noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans en France, mais concerne aussi les autres catégories d’âge. D’après des scientifiques de l’université Simon Fraser (Canada), cet incident survient souvent à cause d’une surveillance inadéquate et/ou d’un encadrement ou d’un apprentissage des règles de sécurité ou de la natation insuffisants.

Baignade : "Les parents semblent partir du principe que les préadolescents veillent les uns sur les autres"

"Bien que des études pédiatriques aient examiné les données démographiques et les facteurs de risque, on sait peu de choses sur la façon dont ces variables interagissent pour influencer la probabilité d’être secouru", ont-ils indiqué. Afin de comprendre pourquoi des tentatives de sauvetage ont été entreprises dans certains cas et pas dans d'autres, l’équipe a analysé des données médico-légales relatives aux décès par noyade, recueillies sur 11 ans, chez les personnes de 18 ans et moins au Canada. Au total, 638 dossiers ont été passés en revue.

Selon les résultats, les adolescents (15-18 ans) représentaient la plus grande proportion des décès (33,5 %), suivis des tout-petits (2-4 ans), des enfants (5-11 ans), des préadolescents (12-14 ans) et des nourrissons (de la naissance à 23 mois). Dans le détail, 466 des victimes étaient des garçons (contre 172 chez les filles). Parmi les préadolescents morts, près de la moitié se sont noyés en compagnie d'autres mineurs, mais aucun adulte. "Les parents semblent partir du principe que les enfants de cette tranche d’âge veillent les uns sur les autres. Or, nous constatons que les préadolescents sont en réalité de très mauvais sauveteurs. Ils n’ont souvent ni les compétences en natation ni la capacité de jugement nécessaires pour savoir quand et comment intervenir en toute sécurité", déclaré Vienna Lam, qui a dirigé l’étude.

Sauvetage : la présence d'alcool quadruple le risque de noyade

Dans 73,4 % de ces cas, une tentative de sauvetage a été effectuée chez les garçons. Du côté des filles, une tentative de sauvetage a été effectuée dans 84,7 % des cas. Chez les bébés, une tentative de sauvetage a été effectuée dans 95,9 % des cas. "Les adolescents ont 7,8 fois moins de chances d’être secourus que les nourrissons." Les chercheurs ont indiqué que les milieux aquatiques présentaient le risque le plus élevé de noyade. Plus précisément, les noyades en mer ont près de huit fois plus de chances de ne pas donner lieu à une tentative de sauvetage que dans d’autres environnements. Les incidents survenant en milieu rural ont deux fois plus de chances de ne pas donner lieu à une tentative de sauvetage.

L’équipe a également signalé que la consommation d’alcool influençait les tentatives de sauvetage. Le fait de boire de l’alcool quadruple le risque que la victime ne soit pas secourue. "La présence d’alcool augmente considérablement le risque qu’aucune tentative de sauvetage ne soit entreprise, même si la personne en détresse ne boit pas. Cela s’explique peut-être par le fait que la consommation d’alcool est souvent une activité sociale, et que les proches qui seraient normalement considérés comme des tuteurs compétents étaient en réalité en état d’ébriété. Ces recherches soulignent vraiment l’importance pour les parents d’éviter toute altération de leurs facultés et de rester vigilants lorsque leur enfant est dans l’eau", a souligné Vienna Lam.

"Il est essentiel de disposer de sauveteurs sur les plages très fréquentées"

Dans les conclusions, les scientifiques soulignent également l’importance de la présence de sauveteurs qualifiés sur les sites aquatiques très fréquentés. "On part souvent du principe que, s’il y a beaucoup de monde autour, quelqu’un viendra vous aider si vous vous retrouvez en difficulté dans l’eau, mais nous savons, grâce à l’effet spectateur, que ce n’est pas le cas. Il est absolument essentiel de disposer de sauveteurs sur les plages très fréquentées. Mais lorsque cela n'est pas possible, cette étude souligne à quel point le rôle d’un adulte est important, qu'il s'agisse d'un parent, d'un membre de la famille ou d'un ami. Ces derniers doivent être des nageurs confirmés. Ils doivent être conscients des dangers spécifiques à l'endroit où ils se trouvent."

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES