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La vente à l'unité d'antibiotiques approuvée par les députés

Les députés ont donné le feu vert à des expérimentations de vente à l'unité de certains antibiotiques, afin d'éviter le gaspillage ou une mauvaise automédication. La mesure est depuis toujours contestée.

La vente à l'unité d'antibiotiques approuvée par les députés JAUBERT/SIPA

  • Publié 25.10.2013 à 15h18
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La vente de médicaments à l'unité va faire son arrivée dans les pharmacies. L'Assemblée nationale a en effet adopté en 1ère lecture des expérimentations de vente à l'unité de certains antibiotiques, afin d'éviter leur gaspillage ou une automédication dangereuse. Ces expérimentations se feront avec des pharmacies volontaires, dans des conditions fixées par décret. Les députés ont par ailleurs réduit la durée de ces expérimentations à trois ans, contre quatre dans le projet initial, afin de décider plus rapidement de leur extension ou non. Les élus ont également voté des amendements prévoyant une consultation des professionnels pour fixer les modalités de l'expérimentation ainsi qu'une information de l'assuré par le pharmacien.  Mais cette annonce qui vise avant tout à faire des économies sur les dépenses liées aux médicaments est-elle vraiment efficace ?

Pas de conditionnement à l'unité pour les malades chroniques
« La mesure est un peu spectaculaire, mais il ne faut pas en attendre  d'économies substantielles sur les médicaments. C'est un peu un mythe ! » lâchait Claude Le Pen, économiste de la santé, contacté le mois dernier par pourquoidocteur. 
Dans les pays où ce type de conditionnement est pratiqué (aux Etats-Unis par exemple), il est difficile de calculer l'impact financier d'une telle mesure. La pratique y est ancienne et ces médicaments vendus à l'unité sont la plupart du temps non remboursés. Exception faite pour les malades ayant souscrit une assurance privée.
Concernent la France, Claude Le Pen estimait que le conditionnement des médicaments en France est déjà soucieux des besoin réels des malades estimés par les praticiens. Pour les  grandes pathologies notamment, le traitement à l'unité n'a pas lieu d'exister. Pour les maladies chroniques, les médecins prescrivent souvent un mois de traitement, une boîte de 28 comprimés est donc tout à fait adaptée. Le problème est différent dans d'autres pays qui sont parfois sur des condtionnements importants, avec des boîtes de 80 comprimés par exemple. 

Ecoutez Claude Le Pen
, économiste de la santé: « Les conditionnements français correspondent bien aux nouvelles prescriptions. Ils sont régulièrement réactualisés par la Commision de la transparence.. » (entretien réalisé le 26/09/13)



Les risques du conditionnement à l'unité
En effet, d'après l'économiste, « un condtionnement à l'unité du médicament est risqué. » Avec ce packaging unique, toutes les boîtes de médicaments se ressemblent. Aux Etats-Unis par exemple, il s'agit la plupart du temps, d'une petite bouteille en plastique de couleur orange, fait-il valoir. Seule une étiquette avec le nom du produit, celui du patient, et la posologie, permet de différencier un traitement d'un autre.
A partir de là, les risques de confusion entre deux médicaments sont nombreux pour le pharmacien, mais aussi pour le malade. « Ces erreurs qui sont possibles peuvent être dramatiques pour la santé des patients », concluait Claude Le Pen.  

Ecoutez Claude Le Pen : « Il y a risque de confusion car le conditionnement du médicament à l'unité ne fait pas la différence pour le patient. Le risque est le même pour le pharmacien. C'est pour ça qu'en France, on y a toujours renoncé...» (entretien réalisé le 26/09/13)



Un médicament sur deux n'est pas consommé
Pourtant, du côté des personnes favorables à la vente des médicaments à l'unité, on ressort toujours l'argument du rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales 2005, qui montrait du doigt la dispensation du médicament en boîte. « Contrairement à d’autres pays, le France a choisi, pour des raisons sanitaires, que la délivrance du médicament ne soit pas limitée au nombre de comprimés prescrits et la taille des conditionnements est co-déterminée par l’administration et les industriels du médicament, expliquaient les auteurs. Et, compte tenu des mesures de tiers payant et de dispense d’avance des frais, le consommateur ignore souvent le montant de sa dépense. Ces divers phénomènes mis bout à bout, on peut estimer que près d’un médicament remboursé sur deux n’est pas pris. » Un gaspillage qui évidemment coûte cher à la collectivité puisque certains de ces médicaments sont remboursés par l’assurance maladie.
Enfin, de son côté, l’Agence du médicament estimait en 2007 qu’ « il serait souhaitable, dans la mesure du possible, d’évoluer vers un conditionnement unitaire pour toute spécialité pharmaceutique. » Pour l’Agence, cette mesure permettrait «  de limiter les erreurs médicamenteuses en contribuant à maintenir l’efficacité du traitement et de prévenir un risque toxique évitable. Les conditionnements unitaires présentent aussi de l’intérêt en termes d’économie de santé. » Mais, les arguments de l’Afssaps (ex ANSM) ne valaient que pour les établissements de santé. Or, Marisol Touraine va expérimenter prochainement le conditionnement unitaire en ville.






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