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«Sharenting» : comment les parents qui publient des photos de leurs enfants en ligne les mettent en danger ?

Des chercheurs américains alertent sur les risques encourus par les enfants, qui ont été exposés sur les réseaux sociaux par leurs parents.

\ doble-d/iStock


  • Publié le 22.08.2022 à 18h28
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L'ESSENTIEL
  • Plus d'un enfant âgé de 10 à 12 ans sur quatre est embarrassé, inquiet ou anxieux lorsque leur parent publie une photo de lui sur les réseaux sociaux.
  • Les responsables politiques commenceraient tout juste à comprendre la quantité de données existant pour chaque utilisateur.

Rentrée scolaire, anniversaire, baignade à la plage, promenade dans la forêt… Certains parents adorent immortaliser les meilleurs moments avec leurs enfants et partager les clichés sur les réseaux sociaux. Cela s’appelle le "sharenting", la contraction de "sharing", à savoir "partager" en français, et "parenting", soit "parentalité".

Cette pratique, qui consiste à poster des photos sur les différentes plateformes, est de plus en plus courante. Pourtant, cette exposition des enfants peut entraîner certains risques, selon des scientifiques de l’université de Virginie-Occidentale (États-Unis). "Le sharenting suscite des inquiétudes quant à la vie privée et au bien-être des enfants", ont-ils écrit dans une étude publiée dans la revue The Journal of Consumer Affairs. Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs mettent en garde les parents contre les risques de cette pratique.

Pourquoi les parents partagent-ils des photos de leurs enfants ?

Selon les auteurs, l’envie de partager des clichés de ses enfants est naturelle. "C'est un peu comme avoir le droit de se vanter. Mais il s'agit de les partager à un public beaucoup plus large", a précisé Laurel Cook, auteur des recherches, dans un communiqué.

Une "composante chimique" serait également en cause. Les interactions sociales positives, comme un commentaire ou un "like", peuvent déclencher la libération de dopamine dans le cerveau. La dopamine, à savoir l’hormone du bonheur, provoque un sentiment de "récompense" qui, à son tour, renforce le comportement. En clair, plus un utilisateur reçoit des retours positifs, plus il est susceptible de publier à nouveau des clichés.

L’équipe a aussi expliqué que de nombreux parents n’avaient pas grandi en ayant Internet. Ainsi, ces derniers ne seraient pas conscients des risques liés à cette exposition de leurs enfants.

"Sharenting" : quels sont les risques ?

D’après les auteurs, cette pratique rend les enfants vulnérables aux prédateurs en ligne. "Une grande partie des informations trouvées par les pédophiles n'est pas fabriquée. Elle provient des parents", a signalé Laurel Cook. Et pour cause, une fois qu’une photo est en ligne, quiconque peut l’enregistrer.

Outre la sécurité de l'enfant, le partage de photos soulève des questions relatives au consentement, selon les scientifiques. "Il est très évident qu'il n'y a pas de véritable consentement avec beaucoup de ces enfants", a spécifié la chercheuse.

Elle a ajouté que les diverses plateformes collectaient les données (nom, prénom, date de naissance, adresse, traits de caractère, achats…) de tous les utilisateurs, et parfois avant même la naissance d'un enfant. Cette empreinte numérique le suit tout au long de sa vie. "Beaucoup plus de personnes ont accès à des informations sur les mineurs", a rappelé Laurel Cook.

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