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QUESTION D'ACTU

Tachycardie, hypertension, troubles du rythme cardiaque

Boissons énergisantes : l'Anses veut freiner la consommation

L'Anses recommande d'éviter le mélange à risques des boissons énergisantes avec l'alcool. L'Agence souhaite aussi encadrer la promotion de ces boissons envers les publics les plus sensibles.  

Boissons énergisantes : l'Anses veut freiner la consommation ALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

  • Publié 01.10.2013 à 11h12
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Quand la fête tourne au cauchemar... Elle avait 16 ans, dansait en discothèque, et a été frappée soudainement par une crise cardiaque en pleine soirée. Cette histoire rarissime, c'est un cas de mort subite dramatique lié à une importante consommation de boissons énergisantes, melangées avec de l'alcool, rapporté par l'Anses (1), dans son dernier avis publié ce mardi sur « L'évaluation des risques sanitaires des boissons énergisantes. » Dans ce texte, l'Agence rappelle quelles sont les personnes les plus sensibles à ces boissons hautement caféinées, et, émet des recommandations pour éviter d'éventuels nouveaux accidents. On l'a bien compris, les marque Red Bull, Dark Dog, ou encore Burn, sont désormais dans le viseur des autorités sanitaires.

Tachycardie, hypertension, et troubles du rythme cardiaque
L’Anses a invité en juin 2012 les professionnels de santé à lui faire remonter un maximum de déclarations d'effets indésirables suspectés d’être liés à la consommation de boissons énergisantes. Au final, 212 cas suffisamment renseignés pour être analysés ont été retenus. 
L’imputabilité de la consommation de telles boissons dans la survenue de ces évènements indésirables a été jugée très vraisemblable ou vraisemblable pour 25 cas, soit 12 % des signalements.
Les principaux symptômes observés parmi ces derniers sont essentiellement : cardiovasculaires (sensations d’oppression ou de douleurs thoraciques, tachycardie, hypertension, troubles du rythme allant jusqu’à l’arrêt cardiaque...), psycho-comportementaux ou neurologiques (irritabilité, nervosité, anxiété, voire crises de panique, hallucinations, épilepsie). 

Des arrêts cardiaques possibles chez les personnes plus à risques
Concernant les arrêts cardiaques signalés par les professionnels de santé, l'Anses considère qu'ils surviennent « très vraisemblablement » chez des sujets génétiquement prédisposés. Ces prédispositions fréquentes (canalopathies) sont la plupart du temps asymptomatiques et généralement non diagnostiquées. Elles peuvent toucher environ 1 individu sur 1000, précise l'Agence.
De plus, les arrêts cardiaques chez ces sujets résulteraient de la consommation de boissons dites énergisantes associée à certains facteurs de risque supplémentaires comme l’exercice physique (sport, danse,...), une forte consommation d’alcool, l’hypokaliémie (qui correspond à une diminution de la quantité de potassium contenue dans le sang), certains médicaments ou une sensibilité individuelle à la caféine. 


Les Français consomment trop de caféine.
Selon l'Anses, environ 30 % de la population adulte est en dépassement pour le seuil de caféine retenu comme générateur d'anxiété (environ 6 expressos pour un adulte), et près de 7 % de la population adulte excède ce seuil au-delà duquel une toxicité chronique plus générale est suspectée (santé osseuse et cardiovasculaire, cancer, fertilité masculine,...). La caféine peut également réduire la perception de l’intoxication alcoolique et ainsi favoriser des situations à risque (surestimation par la personne de ses aptitudes, poursuite de la consommation d’alcool, augmentation des prises de risques).  Aux Etats-Unis par exemple, les boissons énergisantes sont responsables, ces dernières années, d’une augmentation des  cas d’intoxications à la caféine et démultiplient les problèmes d’alcoolisation chez les adolescents (binge drinking).
S'agissant des plus jeunes, le bilan français n'est pas plus rassurant, puisque 11 % des 3 à 10 ans et 7 % des 11 à 14 ans dépassent le seuil de développement d’une tolérance à la caféine et du déclenchement de symptômes de sevrage (atteint à moins d’une demi-canette standard de boissons dites énergisantes ou d’une canette de soda au cola pour un enfant de 35 kg).


Les recommandations de l'Anses pour éviter les accidents
L'Agence recommande tout d'abord d'éviter la consommation des boissons énergisantes en association avec l'alcool, ou lors d’un exercice physique. L'alcool est en effet susceptible de potentialiser les troubles du rythme cardiaque induits par la caféine chez les personnes prédisposées.
L'Anses appelle aussi, compte tenu des pratiques de consommation constatées, à la mise en œuvre de mesures visant à encadrer la promotion de ces boissons envers les publics sensibles (enfants et adolescents) et dans des contextes de consommation à risques (festifs, sportifs, ...). Enfin, elle conseille à l’ensemble de la population de modérer sa consommation de boissons caféinées, et plus particulièrement les enfants, adolescents, les femmes enceintes et allaitantes, des populations plus sensibles aux risques que font encourir ces produits. 


L'idée d'une taxe sur ces boissons refait surface

Une taxe sur le Red Bull et autres boissons énergisantes pourrait bien arriver en 2014 . Après une tentative avortée l’an dernier, le député socialiste Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale, revient à la charge. « Je déposerai le même amendement cette année au projet de loi de financement de la Sécurité sociale », a annoncé lundi ce cardiologue dans Les Echos. Il veut, en réalité, instaurer un prélèvement de 50 centimes par litre sur les boissons qui contiennent au moins 220 mg de caféine ou 300 mg de taurine par litre.
Le but de cette mesure est bien évidemment de freiner une consommation en pleine augmentation en France, dans toutes les familles. D'après l'Anses, les ventes françaises de boissons énergisantes dans les hypermarchés, supermarchés et hard discounters de plus de 400 m2 progressent rapidement, avec une augmentation de 30 % entre 2009 et 2011. Aujourd'hui, 1 collégien sur 5 reconnaît même en consommer environ une fois par mois.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail

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