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Ostéoporose

Ostéoporose : peut-on en guérir ?

Dans le cas de l'ostéoporose, « contrairement à l’hypertension artérielle ou l'hypercholestérolémie, le traitement n’est pas forcément à vie », explique le professeur Bernard Cortet, rhumatologue du CHU de Lille, à Pourquoi Docteur.

Ostéoporose : peut-on en guérir ? SDI Productions/iStock

  • Publié le 18.10.2021 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • Il est possible de prévenir des risques d'ostéoporose en ayant une alimentation équilibrée, riche en calcium, en ayant un apport suffisant en vitamine D et en pratiquant régulièrement une activité physique en charge.
  • Chez les patients où le risque de fracture est très élevé, les médecins prescrivent souvent des biphosphonates.
  • Si le premier cycle thérapeutique a été efficace, le patient peut arrêter le traitement mais reste sous surveillance.

Maladie « silencieuse » affectant une femme sur trois après la ménopause, l’ostéoporose se caractérise par une diminution de la masse osseuse, ce qui peut entraîner des risques de fractures. « L’enveloppe externe s’appelle la corticale. Dans l’ostéoporose, elle est amincie. Il pourrait y avoir des trous dans la corticales et les travées osseuses qui relient les différentes structures au niveau des corticales vont s’amincir et pouvoir se perforer. C’est pour cela que la conséquence de l’ostéoporose est la survenue de fracture en l’absence de traumatismes majeurs », explique le professeur Bernard Cortet, rhumatologue du CHU de Lille, à Pourquoi Docteur. Ces fractures empiètent bien souvent sur la qualité de vie des patients (les hommes peuvent également être concernés), en partie à cause des douleurs persistantes qui les accompagnent. En cas de fractures sévères, certaines complications peuvent engager le pronostic vital des malades les plus âgés ou fragiles. Mais si l’ostéoporose semble être inéluctablement liée au vieillissement cette affliction n’est pas une fatalité puisqu’on peut, et la prévenir, et la guérir. En effet, bien que sa prise en charge et sa surveillance dure plusieurs années, « contrairement à l’hypertension artérielle ou l'hypercholestérolémie, le traitement n’est pas forcément à vie », indique l'expert.

Pour commencer, il est possible de corriger la baisse de la quantité de l’os en ayant un régime équilibré, riche en calcium. Vous en trouverez dans des aliments tels que le lait, les sardines, le tofu, les amandes ou encore les épinards. Il est également nécessaire d’avoir un apport suffisant en vitamine D, de pratiquer régulièrement une activité physique en charge, à l’instar de la marche prolongée, du jogging, du tennis, de la gymnastique. Il s’agit également d’éviter autant que faire se peut le tabac et l’alcool. D’avoir une bonne hygiène de vie, en somme.

« Et dans certaines circonstances, notamment chez les sujets où le risque de fracture est très élevé, on peut utiliser un certain nombre de médicaments anti-ostéoporotiques qui ont fait leurs preuves pour prévenir de l’apparition de fractures, dont certaines peuvent avoir des conséquences dramatiques », développe Bernard Cortet.

Une surveillance clinique et densitométrique 

Pour ce qui est des biphosphonates, le traitement ne dure pas ad vitam æternam. « Après plusieurs années, le médicament s’incorpore dans le tissu osseux et on peut espérer le maintien d’une efficacité, même en suspendant le traitement », indique l’expert. Un premier cycle thérapeutique peut durer entre trois et cinq ans. Puis, en fonction « d’un certain nombre de critères », le médecin peut décider de prescrire un deuxième cycle à son patient. Si « à l’issue d’un premier cycle, il apparait utile de maintenir un traitement et que l’efficacité n’est pas au rendez-vous, on changera de stratégie thérapeutique. »

Le traitement peut au contraire avoir fonctionné et le médecin choisira alors d’arrêter là. Mais, quelle que soit l’issue, une surveillance s’impose. En effet, malgré l’arrêt du traitement, le risque de perte osseuse perdure les années qui suivent. « En général, quand on fait un contrôle densitométrique deux à trois ans plus tard, la situation reste stable. Mais c’est variable d’une personne à l’autre et d’autres facteurs de risque peuvent s’ajouter. Par exemple, la nécessité d’un traitement par de la cortisone, délétère pour le squelette, ou l’apparition d’un cancer du sain nécessitant des traitements anti-aromatases, également délétères pour le squelette », déclare Bernard Cortet.

Si aucun nouveau problème n’est apparu, la surveillance sera maintenue, clinique et densitométrique. Au bout d’un certain temps, si le patient subit une nouvelle fracture ou une perte osseuse accélérée, le médecin pourra lui faire entamer un nouveau cycle de traitement. Auquel cas, si les biphosphonates avaient fonctionné pendant le premier, la même molécule sera utilisée.   

Chaque année, 377 000 fractures dues à l'ostéoporose en France 

En France, 39% des femmes de plus de 65 ans sont concernées par l’ostéoporose. Mais l’ostéoporose masculine liée à l’âge a beau être moins répandue, elle est loin d’être anodine. En effet, un quart des fractures dues à une fragilité osseuse surviennent chez des hommes. Parmi les 377 000 fractures engendrées par l’ostéoporose survenant chaque année en France, 4000 concernent la hanche (fractures du col du fémur), 56 000 le poignet et au moins autant sont des fractures douloureuses des vertèbres. Les quelques 191 000 fractures restantes affectent d’autres os (bassin, côtes, humérus, tibia, fibula, clavicule, scapula, sternum...). 

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