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"Pas dans la tête"

Fibromyalgie : une origine auto-immune probable

Les symptômes de cette maladie encore mal comprise seraient causés par des anticorps qui augmentent l'activité des nerfs sensibles à la douleur dans tout le corps, révèle une étude.

Fibromyalgie : une origine auto-immune probable fizkes/iStock

  • Publié le 02.07.2021 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • Contrairement à ce que le corps médical suggérait jusqu'alors, la fibromyalgie ne trouve pas son origine uniquement dans le cerveau.
  • Cette nouvelle recherche menée sur des souris montre que des anticorps présents dans l'organisme des personnes atteintes de cette maladie seraient à l'origine des symptômes comme les douleurs et la faiblesse musculaire.
  • Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle piste thérapeutique.

Touchant 2 à 4% de la population adulte et en particulier les femmes, la fibromyalgie est une maladie chronique qui peut entraîner des douleurs diffuses chroniques, articulaires et musculaires, une fatigue extrême, des difficultés à dormir et des symptômes dépressifs. Reconnue par l’Organisation mondiale de la santé en 1992, la fibromyalgie est une maladie au diagnostic complexe, et donc souvent mal prise en charge, voire ignorée du corps médical.

Une nouvelle étude, menée par l'Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience (IoPPN) du King's College de Londres, en collaboration avec l'université de Liverpool et le Karolinska Institute en Suède, pourrait permettre de mieux comprendre les origines de cette maladie. Selon ses auteurs, qui publient leurs conclusions dans le Journal of Clinical Investigation, la fibromyalgie est une maladie du système immunitaire et ne trouve donc pas, comme on le pensait jusqu’alors, son origine dans le cerveau.

Des anticorps responsables des symptômes

Les chercheurs ont travaillé à partir d’un modèle murin, et ont en effet découvert que des symptômes de la fibromyalgie, notamment l'augmentation de la sensibilité à la douleur, la faiblesse musculaire, la réduction des mouvements et la diminution du nombre de petites fibres nerveuses dans la peau sont des conséquences d’une réaction des anticorps des patients.

Les chercheurs ont injecté à des souris des anticorps provenant de personnes vivant avec une fibromyalgie et ont observé que les souris ont rapidement développé une sensibilité accrue à la pression et au froid, ainsi qu'une réduction de la force de préhension des mouvements. En comparaison, les souris du groupe témoin qui avaient reçu des anticorps de personnes en bonne santé n'ont pas été affectées. Cela prouverait donc que les anticorps des patients sont à l'origine de la maladie, ou du moins y contribuent largement.

L’espoir d’un traitement efficace

Les scientifiques ont aussi constaté que les souris ayant reçu des anticorps de patients atteints de fibromyalgie se sont rétablies après quelques semaines, lorsque les anticorps ont été éliminés de leur système. Cette découverte suggère donc que les thérapies qui réduisent les niveaux d'anticorps chez les patients sont susceptibles d'être des traitements efficaces. Une découverte d’autant plus porteuse d’espoir que de telles thérapies sont déjà disponibles et régulièrement utilisées pour traiter d'autres troubles causés par des auto-anticorps.

"Les implications de cette étude sont profondes. Le fait d'établir que la fibromyalgie est un trouble auto-immun va transformer notre façon de voir la maladie et devrait ouvrir la voie à des traitements plus efficaces pour les millions de personnes concernées. Notre travail a mis en évidence un tout nouveau domaine d'options thérapeutiques et devrait donner un réel espoir aux patients atteints de fibromyalgie", souligne le Dr David Andersson, chercheur principal de l'étude au King's College.

"L'exploration antérieure des thérapies a été entravée par notre compréhension limitée de la maladie. Cela devrait maintenant changer. Le traitement du SFM est axé sur des exercices aérobiques doux, ainsi que sur des thérapies médicamenteuses et psychologiques destinées à gérer la douleur, bien qu'elles se soient révélées inefficaces chez la plupart des patients et qu'elles aient laissé derrière elles d'énormes besoins cliniques non satisfaits", conclut-il.

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