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Covid-19

Vaccins : quels risques pour les personnes déjà infectées ?

La HAS recommande la vaccination pour les personnes déjà infectées, en respectant un délai de 3 mois pour les personnes symptomatiques.

Vaccins : quels risques pour les personnes déjà infectées ? Choreograph/iStock

  • Publié le 04.02.2021 à 12h00
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L'ESSENTIEL
  • En attente de données supplémentaires, la vaccination des personnes infectées apparait sans danger pour leur santé.
  • La vaccination des patients contaminés pourraient renforcer leurs anticorps ou, dans le pire des cas, s'avérer inutile.
  • Deux études prépubliées avancent qu'une seule injection peut être suffisante pour protéger les personnes infectées.

Une étude menée par le laboratoire de virologie et le service de santé au travail du CHU de Toulouse a rapporté que l’immunité naturelle après une première infection dure au moins 6 mois pour 96,7% des patients. Le 6 janvier dernier, une étude parue dans la revue Science estimait, elle, que cette immunité durait au minimum 8 mois et pourrait même se poursuivre pendant plusieurs années. Depuis le début de l’épidémie, il y a eu 3 224 798 personnes infectées en France, selon les derniers chiffres de Santé publique France publiés mardi 2 février. Si l’on en croit les études citées plus haut, la quasi-totalité de ces personnes infectées serait donc immunisée contre la Covid-19.

A priori pas de danger pour la santé

Peu importe sa technologie, le vaccin a pour but de faire produire des anticorps à l'organisme qui sauront reconnaître les particules de virus. Ce mécanisme est également celui qui se produit chez les personnes qui ont été en contact avec le virus. La question se pose alors de savoir s’il est opportun de vacciner ces personnes et si cette vaccination peut entraîner des risques pour leur santé. Quelques données préliminaires issues des différents essais cliniques ont fourni des premières indications. “Après la première injection, les chercheurs se sont rendus compte que certains volontaires asymptomatiques avient déjà été infectés. S’ils ont été écartés de l’essai, ils ont continué d’être suivi et aucun effet indésirable n’a été détecté”, a précisé la Haute autorité de Santé à Pourquoi Docteur. La HAS a par ailleurs indiqué mener des études pour étudier plus précisément les effets de la vaccination sur les personnes déjà contaminées.

La Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) a rendu un rapport le 11 janvier dernier dans lequel elle confirme cette première tendance d’absence de risque pour les personnes infectées de se faire vacciner. Elle écrit que “les essais cliniques de phase 3 de Pfizer-BioNTech et Moderna comportent peu de données en ce qui concerne le risque d’une vaccination d’une personne ayant déjà eu une infection par le SARS-CoV-2”, avant d’ajouter que “le risque même théorique chez ces personnes apparait cependant extrêmement faible.”

3 mois d’attente pour les personnes symptomatiques

La HAS recommande par ailleurs un délai de 3 mois entre la fin des symptômes et la vaccination pour les patients symptomatiques. L’objectif est d’“écarter les Covid longs”, justifie-t-elle. Un principe de précaution qui ne concerne pas les patients asymptomatiques, puisque la HAS ne recommande pas de présenter de test sérologique, qui informe sur la présence d’anticorps, pour être vacciné. Pour les cas contacts en capacité de se faire vacciner, la vaccination doit, elle, être repoussée.

La balance penche donc plutôt pour la vaccination des personnes infectées. Qu’elles aient été symptomatiques ou asymptomatiques, ces personnes bénéficieront du vaccin qui sera dans le pire des cas inutiles et a priori sans danger pour sa santé. “Comme la personne est déjà infectée elle a déjà développé les anticorps que le vaccin a pour rôle d'induire, donc ça ne lui sert probablement à rien de se faire vacciner”, estime Jacqueline Marvel, immunologiste et directrice de recherche au CNRS, à Sciences et Avenir. Le constat est le même pour les personnes asymptomatiques. “Le mot asymptomatique regroupe plusieurs types de personnes : celles en incubation qui vont développer des symptômes plus tard et celles qui n’ont réellement pas de symptômes, avance-t-elle. Dans le premier cas, il s’agit de personnes avec une immunité préexistante qui leur permet de neutraliser le virus. Si on les immunise avec un vaccin, cela viendra renforcer l’immunité préexistante. Dans le deuxième cas, cela va contribuer à développer une réponse immunitaire plus rapide. Dans tous les cas, il n’y aura pas d’effet délétère.”

Une seule dose pour les personnes déjà infectées à l’étude

L’autre question qui se pose est de savoir si une seule dose de vaccin peut suffire pour protéger durablement et efficacement les personnes infectées. Deux pré-études, relevées par le British Medical Journal, rapportent que les personnes ayant déjà été contaminées par le Covid-19 développent un taux d'anticorps très élevé après une seule dose d'un vaccin ARN. Sur ce point, la HAS a indiqué lors de sa conférence de presse virtuelle qui a eu lieu mardi 2 février “qu’à ce stade, les données disponibles ne permettent pas d’orienter une vaccination des individus selon leur statut infectieux vis-à-vis du Sars-Cov-2 ni selon l’immunité conférée par une infection antérieure au Sars-Cov-2.” Elle a rajouté que des études vont être menées pour en savoir plus.

La première étude prépubliée, parue le 29 janvier dans la revue MedXriv, a suggéré que des patients déjà infectés ont, après la première injection de vaccin ARN, “développé rapidement des anticorps dans les jours suivant la vaccination” et en proportion largement supérieure que les patients qui n’ont jamais été contaminés. L’étude note une quantité d’anticorps “10 à 20 fois plus élevée” chez ces personnes. Des études sont en cours afin de savoir si cet écart se maintient dans le temps. Cette étude relève également plus d’effets secondaires après l’injection chez ceux qui ont déjà eu le virus avec plus de fatigue, des maux de tête, des frissons, de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires.

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