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Covid-19 : les futurs vaccins seront-ils moins efficaces sur les personnes obèses ?

Plusieurs facteurs liés à l’obésité pourraient conduire à une efficacité moindre des vaccins pour ces patients pourtant parmi les plus à risque de développer une forme grave de la Covid-19.

Covid-19 : les futurs vaccins seront-ils moins efficaces sur les personnes obèses ? Motortion/iStock

  • Publié le 04.11.2020 à 18h30
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L'ESSENTIEL
  • La perturbation de la réponse immunitaire chez les personnes obèses, qui explique pourquoi elles sont plus touchées par les infections, pourrait conduire à une plus faible efficacité des futurs vaccins contre la Covid-19.
  • Les anticorps développés par les personnes en situation d’obésité à la suite d’une infection auraient également une efficacité moindre, notamment les lymphocytes T impliqués dans la destruction des cellules infectées par la Covid-19.
  • Augmenter les doses de vaccin pour les personnes obèses pourraient permettre d'augmenter son efficacité

Pour les personnes obèses et en surpoids, c’est la double peine. Facteur de gravité de la Covid-19, l’obésité pourrait également empêcher les futurs vaccins de fonctionner sur les patients qui en souffrent. Plusieurs paramètres liés à cette pathologie, tels que la vulnérabilité face aux infections, la plus faible efficacité des anticorps développés suite à une infection ou encore l’altération du microbiote, conduisent à penser que le vaccin pourrait ne pas avoir la même efficacité sur cette population. Cette hypothèse a été émise par des chercheurs dans une lettre publiée le 20 octobre dans la revue Nature.

Les lymphocytes T, clés d’une potentielle inefficacité des vaccins ?

La perturbation de la réponse immunitaire chez les personnes obèses, qui explique pourquoi elles sont plus touchées par les infections, pourrait conduire à une plus faible efficacité des futurs vaccins contre la Covid-19. Dans une étude du 4 décembre 2018 publiée dans la revue Influenza and Other Respiratory Viruses, des chercheurs mexicains montraient que les personnes obèses ont plus de risque d’être hospitalisées suite à une infection grippale. Une autre étude parue le 25 août 2017 par l’American Thoracic Society révélait que les adultes obèses ont deux fois plus de risque d’attraper la grippe après vaccination.

Les anticorps développés par les personnes en situation d’obésité à la suite d’une infection auraient également une efficacité moindre. En particulier les lymphocytes T, les cellules immunitaires qui sont impliquées dans la destruction de cellules infectées. Ces cellules seraient au cœur des infections graves et expliqueraient pourquoi les personnes obèses, entre autres, seraient plus enclins à développer des formes sévères. Des chercheurs de l’Inserm ont récemment publiés le 4 septembre une étude dans le Journal of Experimental Medicine dans laquelle ils suggèrent que surveiller l’activité de ces cellules dans le sang des patients pourrait permettre de prédire la gravité et l’évolution de la maladie.

Augmenter les doses de vaccin pour améliorer son efficacité ?

Dans la crise sanitaire actuelle, les personnes atteintes d’obésité font partie des populations les plus à risque de développer des formes graves de la Covid-19. Dans une étude publiée le 9 avril dans la revue Obesity, des chercheurs lillois ont noté que près de la moitié des patients en réanimation (47%) sont en situation d’obésité. Ils ajoutent qu’une obésité sévère accroit significativement le risque d’être placé sous respiration artificielle. Des scientifiques américains ont avancé, dans une recherche parue le 22 mai dernier dans le BMJ, que l'obésité multiplie par 2,7 le risque d'hospitalisation suite à une infection à la Covid-19 et jusqu'à 6,2 pour un IMC supérieur à 40.

Dans l’article publié dans Nature, les chercheurs pensent que cette potentielle inefficacité pourrait être compensée par une augmentation des doses. “Il serait par exemple possible d'administrer aux personnes obèses trois injections au lieu de deux, ou avec des doses plus élevées”, avance Donna Ryan, spécialiste de l'obésité au Pennington Biomedical Research Center en Louisiane (États-Unis). Cette hypothèse, si elle se confirme, pourrait également contribuer à orienter autrement la stratégie vaccinale. “Paradoxalement, il serait peut-être plus avantageux de vacciner d'abord les enfants, dont le système immunitaire répond mieux aux vaccins”, suggère Alberto Giubilini, chercheur en bioéthique à l’université britannique d’Oxford.



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