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QUESTION D'ACTU

Présence d'anticorps spécifiques

Covid-19 : une réponse immunitaire durable chez les patients ayant développé une forme grave

Une nouvelle étude menée par le Massachusetts General Hospital montre que les patients ayant développé une forme grave de Covid-19 développent des anticorps durant des mois suivant l’infection.

Covid-19 : une réponse immunitaire durable chez les patients ayant développé une forme grave sonreir es gratis/iStock

  • Publié le 15.10.2020 à 18h30
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L'ESSENTIEL
  • Les patients ayant développé une forme grave de la Covid-19 présentent des anticorps spécifiques dans leur organisme jusqu'à quatre mois après l'infection.
  • Cette découverte pourrait permettre de mieux "pister" le développement de la maladie au sein de la population.

Les survivants à des formes sévères de la Covid-19 développent des réponses immunitaires contre le SARS-CoV-2, qui lui offrent une protection durable contre une éventuelle réinfection.

C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) dans une étude publiée dans la revue Science Immunology. Selon eux, la mesure de ces anticorps pourrait s’avérer être un outil précis pour suivre la propagation du virus dans la population.

Une immunité d'au moins quatre mois

En réponse à une infection au SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie de la Covid-19, le système immunitaire produit des anticorps. Mais, explique Richelle Charles, autrice principale de l’étude, "il y a une grande lacune dans les connaissances en termes de durée de ces réponses d’anticorps".

Pour savoir combien de temps durait la réponse immunitaire contre le nouveau coronavirus, Richelle Charles et ses collègues ont analysé les échantillons de sang de 343 patients atteints de la Covid-19, et dont la majorité avaient développé une forme grave. Des prélèvements sanguins ont été faits jusqu’à quatre mois après l’apparition des symptômes. Le plasma sanguin a été isolé et mis en contact avec le virus. L'équipe a ensuite étudié comment les différents types d'anticorps présents dans le plasma se liaient au virus. Les résultats ont été comparés à des échantillons de sang obtenus auprès de plus de 1 500 personnes avant la pandémie.

Les chercheurs ont constaté que la mesure d'un anticorps appelé immunoglobuline G (IgG) était très précise pour identifier les patients infectés qui présentaient des symptômes pendant au moins 14 jours. Étant donné que le test PCR standard pour le SARS-CoV-2 perd de sa sensibilité avec le temps, la scientifique estime qu’il est important de le coupler avec un test sérologique chez les patients ayant eu des symptômes pendant au moins huit jours. Cela aidera ainsi à identifier certains cas positifs qui auraient pu être manqués.

Pister les anticorps pour suivre la propagation

De plus, les chercheurs ont découvert que les niveaux d'IgG restaient élevés chez ces patients pendant quatre mois, et étaient associés à la présence d'anticorps neutralisants protecteurs, qui ont également montré une faible diminution de l'activité au fil du temps. "Cela signifie que les gens sont très probablement protégés pendant cette période, avance la Pr Charles. Nous avons montré que les principales réponses des anticorps à la Covid-19 persistent effectivement."

Si les taux d’immunoglobuline G restent élevés pendant les mois suivant l’infection au SARS-CoV-2, l’équipe a constaté que les personnes infectées par le SARS-CoV-2 avaient des réponses d'immunoglobuline A (IgA) et d'immunoglobuline M (IgM) qui étaient relativement de courte durée, diminuant à de faibles niveaux en deux mois et demi ou moins, en moyenne. "Nous pouvons dire maintenant que si un patient a des réponses IgA et IgM, il a probablement été infecté par le virus au cours des deux derniers mois."

Pour le Dr Jason Harris, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques au MGH et coauteur principal de l'étude, connaître la durée de la réponse immunitaire par IgA et IgM aidera les chercheurs à obtenir des données plus précises sur la propagation du SARS-CoV-2.

"Il y a beaucoup d'infections dans population que nous ne détectons pas par les tests PCR pendant une infection aiguë, et c'est particulièrement vrai dans les régions où l'accès aux tests est limité, explique-t-il. Il est essentiel de savoir combien de temps durent les réponses des anticorps avant de pouvoir utiliser les tests d'anticorps pour suivre la propagation de la Covid-19 et identifier les 'points chauds' de la maladie."


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