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Covid-19

Après 3 jours, les résultats des tests au coronavirus ne permettent plus d’identifier les cas contacts

Pour lutter contre la propagation épidémique, une modélisation mathématique réalisée par des chercheurs néerlandais montre qu’il ne faut pas plus d’une journée entre l'apparition des symptômes et le résultat du test. Passé trois jours, ce délai rend inefficace la recherche de cas contacts. Dans la lignée de lutte contre l'épidémie, la SNCF a annoncé mettre en place une prise de température pour les volontaires avant d'embarquer en Gare de Lyon.

Après 3 jours, les résultats des tests au coronavirus ne permettent plus d’identifier les cas contacts bodnarchuk/iStock

  • Publié le 21.07.2020 à 20h00
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L'ESSENTIEL
  • Pour endiguer la propagation de l'épidémie, il faut réaliser les tests le plus rapidement possible pour pouvoir ensuite tracer les personnes qui ont été en contact avec le contaminé.
  • Pour accélérer ce processus, une application, en l'occurence StopCovid, permet de gagner du temps et de prévenir au plus vite les personnes qui ont été en contact avec un contaminé.

Le gouvernement souhaite accélérer la réalisation de tests et, dans le même temps, la SNCF a commencé à prendre la température des passagers avant l'embarquement, et sur la base du volontariat, à partir de ce mardi en Gare de Lyon. La prise de température se fera sans contact, à l'aide d'une caméra thermique. En cas de température supérieure à 38,5 degrés, les agents SNCF seront notifiés et se rapprocheront du voyageur une fois les portes d'embarquement franchies. Le voyageur se verra fournir un masque chirurgical neuf, une dosette de gel hydroalcoolique et se fera rappeler les gestes barrières au voyageur. Ce dernier ne sera pas interdit de prendre le train.

Dans la continuité de la lutte contre la propagation de la Covid-19, une nouvelle étude montre que pour réduire la transmission de la Covid-19, il ne faudrait pas qu'il se passe plus de trois jours entre l'apparition des symptômes et le résultat des tests. Un délai rarement respecté dans les faits où il se passe généralement plusieurs jours, voire semaines, entre l’apparition des symptômes et la réception des résultats du test. Ces conclusions relèvent d’une modélisation mathématique réalisée par des chercheurs de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) et ont été publiées dans la revue The Lancet.

Objectif : faire passer R en dessous de 1

Pour lutter le plus efficacement possible contre la propagation de la Covid-19, raccourcir la durée de réception des résultats des tests est crucial. Pour détecter les cas de personnes infectées, le processus passe par la réalisation d’un test et, s’il est positif, la recherche des personnes qui ont été en contacts avec le contaminé. Toutes ces personnes devront alors se mettre en quarantaine en attendant d’être négatives. “La recherche des contacts peut être une intervention efficace pour prévenir la propagation du virus du SARS-CoV-2, mais seulement si la proportion de contacts retrouvés est élevée et si le processus est rapide”, ajoute la professeure Mirjam Kretzschmar, première autrice de la publication.

Les chercheurs ont ensuite modélisé les effets d’une détection rapide des contaminations en se basant sur le taux de reproduction, R, qui représente le nombre de personnes qu'un seul malade peut contaminer en moyenne. Si celui-ci est en dessous de 1, cela signifie que l’épidémie est sous-contrôle. Les chercheurs ont évalué R à 2,5 en l’absence de toute stratégie de lutte contre l’épidémie. En ajoutant la distanciation sociale, qui suppose que les contacts étroits sont réduits de 40% et les contacts occasionnels de 70%, le nombre R descend à 1,2. La recherche de cas contact permettrait de descendre à 0,8 mais cela suppose qu'au moins 80 % des personnes éligibles soient testées, que celui-ci ait lieu juste après l’apparition des symptômes et qu'au moins 80% des contacts soient identifiés le jour même de la réception des résultats des tests. Des conditions qui paraissent très compliquées à réaliser.

L’application StopCovid au secours

Pour être le plus efficace possible, les chercheurs ont estimé que la vitesse de réalisations des tests est primordiale. Si l’on retarde la réalisation du test de deux jours, maintenir R en dessous de 1 requiert qu'au moins 80% des contacts soient identifiés et tracés dans la journée. Si ce retard est de 3 jours, il serait impossible de faire passer R en dessous de 1, même en traçant la totalité des contacts. Le modèle mathématique estime que la méthode actuelle de traçage, qui passe par l’interrogation du malade et le contact des personnes concernées, est trop lente et que pour maintenir R en dessous de 1 il faut que les malades aient leur résultat dans la même journée que l'apparition de leurs symptômes.

La solution, estiment les chercheurs, serait une application qui permettrait de compenser un délai de deux jours entre les symptômes et le verdict, à condition qu'au moins 80 % des contacts soient retrouvés. En France, cette application existe, StopCovid, mais celle-ci n'a été téléchargée que 2,3 millions de fois. Fin juin, alors qu’elle a été lancée au début du mois, elle n’a permis de prévenir que 14 personnes d'un potentiel contact avec un malade à la fin du même mois. “Une faible participation à la recherche de contact par application ne la rend toutefois pas inutile, car elle pourrait contribuer à l'extinction locale des clusters avant qu'ils ne s’agrandissent”, prévoient les auteurs néerlandais.

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