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QUESTION D'ACTU

Nouvelle étude

Coronavirus : des preuves de l'origine naturelle du SARS-CoV-2

Une nouvelle étude apporte des preuves que le virus à l'origine de la Covid-19 serait d'origine naturelle et non pas le fruit d'une manipulation humaine en laboratoire, comme certaines rumeurs l'avancent.

Coronavirus : des preuves de l'origine naturelle du SARS-CoV-2 Rost-9D/iStock

  • Publié le 13.05.2020 à 17h15
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“Il existe des preuves immenses” que le nouveau coronavirus est parti d’un laboratoire chinois, assurait le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo le 3 mai. Pourtant, alors que de plus en plus de rumeurs allant dans ce sens circulent, elles sont infondées, assurent des chercheurs chinois. “Il a notamment été mis en avant une caractéristique particulière — une insertion d'acides aminés — qui pourrait être l'indication d'une manipulation humaine. Mais nos travaux montrent très clairement que ce type d'insertion peut se produire dans la nature”, justifie Weifeng Shi, professeur à l'Institut de biologie des agents pathogènes de la Shandong First Medical University (Chine) dans un article paru le 10 mai dans la revue Current Biology.  

“Depuis la découverte du SARS-CoV-2, un certain nombre de suggestions infondées ont été faites selon lesquelles le virus serait originaire d'un laboratoire (…) En particulier, il a été proposé que l'insertion du S1/S2 est très inhabituelle et peut-être indicative d'une manipulation en laboratoire. Notre article montre très clairement que ces événements se produisent naturellement chez les animaux sauvages. Cela fournit des preuves solides que le SARS-CoV-2 n'est pas une évasion de laboratoire”, assure Weifeng Shi, auteur principal de l’étude.

Sur l'ensemble du génome, le plus proche parent du CoV-2 du SRAS est un autre virus, appelé RaTG13, identifié chez des chauves-souris dans la province du Yunnan. Pourtant, en analysant 227 échantillons de chauves-souris, également prélevés dans le Yunnan, entre mai et octobre 2019, ils ont identifié un autre virus assez similaire à celui à l’origine de la Covid-19 : RmYN02.

Des évènements qui peuvent se produire “naturellement chez les bêtacoronavirus animaux”

“Depuis la découverte que les chauves-souris sont le réservoir du coronavirus du SRAS en 2005, on s'intéresse beaucoup aux chauves-souris en tant qu'espèces réservoirs de maladies infectieuses, notamment parce qu'elles sont porteuses d'une très grande diversité de virus à ARN, dont les coronavirus”, explique le professeur Shi.

Si RmYN02 ne peut pas infecter des cellules humaines, il est très étroitement apparenté au CoV-2 du SRAS dans certaines parties du génome. Dans la plus longue section codante du génome, 1ab, ils partagent même 97,2% de leur ARN. Qui plus est RmYN02 présente des insertions d’acides aminés proches de celles observées sur le SARS-CoV-2 et qui, selon les rumeurs, étaient la preuve de la manipulation du virus dans un laboratoire. Aussi, le fait que ces insertions soient similaires mais pas identiques à celles de SARS-CoV-2 montrent qu’elles se sont produites lors d’évènements d’insertion indépendants et que cela peut arriver naturellement. “Nos résultats suggèrent que ces événements d'insertion qui semblaient initialement très inhabituels peuvent, en fait, se produire naturellement chez les bêtacoronavirus animaux”, détaille le professeur Shi.

“Notre travail jette davantage de lumière sur l'ascendance évolutive du SRAS-CoV-2. Ni le RaTG13 ni le RmYN02 ne sont les ancêtres directs du SRAS-CoV-2, car il existe encore un fossé évolutif entre ces virus. Mais notre étude suggère fortement que l'échantillonnage d'un plus grand nombre d'espèces sauvages révélera des virus qui sont encore plus étroitement liés au CoV-2 du SRAS et peut-être même à ses ancêtres directs, ce qui nous en dira long sur la façon dont ce virus est apparu chez l'homme.” 

Les Etats-Unis suspicieux

Pas certain toutefois que cette nouvelle étude suffise à venir à bout des diverses théories du complot qui ont émergé depuis l’apparition de l’épidémie de Covid. “La Chine est connue pour sa propension à infecter le monde et à utiliser des laboratoires ne respectant pas les normes. Ce n’est pas la première fois que le monde est mis en danger à cause de virus provenant de laboratoires chinois”, accusait récemment Mike Pompeo, refusant de préciser s’il pensait que le virus avait intentionnellement été libéré par les autorités chinoises. Ces dernières “continuent d’empêcher l’accès aux Occidentaux, aux meilleurs médecins. Il faut que nous puissions aller là-bas. Nous n’avons toujours pas les échantillons du virus dont nous avons besoin”, dénonçait-il.

Plus tôt, les services de renseignements américains avaient toutefois dit rejoindre “le large consensus de la communauté scientifique pour convenir que le virus du Covid-19 n’a pas été créé par l’Homme ou modifié génétiquement” tout en n'excluant pas que la pandémie ait été causée par un accident à l’Institut de virologie de Wuhan, connu pour étudier les coronavirus. “La communauté du renseignement continuera à étudier avec rigueur les informations et renseignements qui émergeront pour déterminer si l’épidémie a commencé par un contact avec des animaux infectés ou si elle a été le résultat d’un accident de laboratoire à Wuhan”, concluait le communiqué.

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