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QUESTION D'ACTU

Etude scientifique

Coronavirus : l'efficacité de la chloroquine remise en question dans une récente étude

Une étude américaine menée sur 1 376 patients a démontré l'inefficacité d'un traitement à base de chloroquine dans le cas d'une infection au nouveau coronavirus. 

Coronavirus : l'efficacité de la chloroquine remise en question dans une récente étude BartekSzewczyk/iStock




L'ESSENTIEL
  • L'étude portant sur plus de 1 300 patients a montré "l'inefficacité" du traitement contre la Covid-19
  • La délivrance de chloroquine et d'hydroxychloroquine a fortement augmenté en Ile de France et en région PACA

Voilà plusieurs semaines que l'efficacité de la chloroquine pour traiter le Covid-19 est discutée, notamment après les déclarations très persuasives du désormais célèbre professeur Didier Raoult. Pour rappel, le 25 février dernier, l'infectiologue marseillais avait en effet annoncé dans une vidéo que “500 mg de chloroquine par jour pendant dix jours, c'est recommandé pour tous les cas positifs au coronavirus chinois.”

Néanmoins, une récente étude menée sur 1 376 patients Covid dans deux hôpitaux new-yorkais (Etats-Unis) a démontré l'inefficacité avérée de ce médicament antipaludique en cas d'infection au nouveau coronavirus. 

Une efficacité restant à démontrer

Dans le détail, 811 patients Covid ont été traités à base d’hydroxychloroquine (à raison de deux doses de 600 mg le premier jour, puis de 400 mg par jour pendant quatre jours), à l'inverse des 565 autres. Les résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine, avancent que la molécule tant discutée n'apporterait ni bienfaits, ni méfaits importants dans le cas d'une infection au Covid-19.

Les auteurs de l'étude demeurent prudents et suggèrent que son potentiel ne soit pas encore écarté de la liste des possibilités : “Cependant, nos résultats n’appuient pas [son] utilisation pour le moment, en dehors d’essais cliniques randomisés afin de démontrer son efficacité.”

Hausse des prescriptions 

Bien qu'il n'existe à ce jour aucun essai scientifique attestant des vertus thérapeutiques de la chloroquine, les prescriptions de la bithérapie de l'IHU associant azithromycine et hydroxychloroquine ont bondi de 7 000% fin mars, comme le rapporte une étude de pharmaco-épidémiologie menée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). 

Le nombre de personnes avec délivrance sur ordonnance de chloroquine ou d'hydroxychloroquine a fortement augmenté, particulièrement en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, observe l'ANSM, citée par La Provence. Les délivrances d'hydroxychloroquine ont été plus tardives et plus massives que celles de chloroquine. Ainsi un pic a été atteint le 18 mars”, soit au lendemain du premier jour de confinement.

Soixante-deux pour cent des personnes ayant bénéficié de ces traitements auraient moins de 60 ans et plus de la moitié d'entre elles (57%) seraient des femmes. “Plus de 30 % d'entre elles résident dans les 20% de communes les plus favorisées de France”, précisent les auteurs de l'étude. 

“Une trentaine” d'effets indésirables graves

Fin mars, l'ANSM a averti que les traitements à base de chloroquine testés contre le Covid-19 pouvaient entraîner au moins “une trentaine” d'effets indésirables graves et que trois décès étaient à déplorer. “Il est bien normal qu'il faille essayer des traitements, compte tenu des circonstances, mais ça n'empêche pas qu'on doive exercer une surveillance, une pharmacovigilance sur ces produits”, avait nuancé Dominique Martin, directeur général de l'ANSM.

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