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Masque en tissu : comment en fabriquer un et l'utiliser correctement

Si porter un masque en tissu ne doit pas vous empêcher d'adopter les mesures barrières nécessaires à la lutte contre le coronavirus, cela peut être une sécurité supplémentaire. Attention toutefois à bien suivre les recommandations des autorités sanitaires quand vous en fabriquez un et à l'utiliser correctement. 

Masque en tissu : comment en fabriquer un et l'utiliser correctement enzodebernardo/iStock

  • Publié le 09.04.2020 à 14h15
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L'ESSENTIEL
  • Le port d'un masque contribue à limiter la propagation du SARS-CopV-2
  • Il y a des règles à respecter pour fabriquer un masque qui protège réellement
  • Quand le masque est sur le visage, surtout ne pas le toucher avant de l'enlever

Pour ne pas risquer de propager le coronavirus ou de l’attraper, la meilleure solution est de rester chez soi. Les autorités sanitaires ne cessent de nous le répéter. Si vous avez besoin de sortir, lavez-vous les mains avant et après, restez éloigné à un mètre (au minimum) des personnes que vous pourriez croiser, éternuez ou toussez dans votre coude et évitez de vous toucher le visage. Cependant, il arrive malheureusement, en allant faire ses courses par exemple, que la distanciation soit difficile malgré les meilleures intentions du monde. C’est pourquoi, il peut également être utile de porter un masque en tissu pour plus de sécurité, explique l’OMS, initialement sceptique sur la question.

“Nous devons réserver les masques médicaux et chirurgicaux au personnel en première ligne. Mais l'idée d'utiliser des masques recouvrant les voies respiratoires ou la bouche pour empêcher que la toux ou le reniflement projette la maladie dans l'environnement et vers les autres (...) n'est pas une mauvaise idée en soi”, a récemment précisé le docteur Mike Ryan, expert en situations d'urgence à l'OMS, lors d'une conférence de presse. “Les revêtements en tissu fabriqués à partir d'articles ménagers ou de matériaux courants à faible coût peuvent être utilisés comme une mesure de santé publique supplémentaire et volontaire”, renchérit le Centre de Contrôle et de Prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis. 

Aussi, si le masque en tissu ne permet pas de se protéger efficacement d'une contamination par un virus (inutile de porter un foulard ou une écharpe autour de la bouche), il peut servir à freiner la propagation du virus puisqu’il peut faire barrière à la projection de gouttelettes. Si vous souhaitez vous fabriquer un, suivez bien les recommandations des autorités sanitaires.

Une grande précaution d’utilisation  

Avant de vous lancer dans la confection d’un masque, assurez-vous que vous disposez du matériel nécessaire. Vous aurez besoin de deux rectangles de coton de 25 cm sur 15 cm à tissage serré, de deux morceaux de 15 centimètres d'élastiques ou de ficelle, bandes de tissu ou liens pour les cheveux, d’une aiguille et du fil, de ciseaux et d’une machine à coudre ou d’un kit de couture, explique le CDC. 

Commencez par empiler les deux rectangles l’un sur l’autre, puis repliez les côtés longs sur un quart de pouce et faites un ourlet. Ensuite, pliez les côtés courts sur un demi-pouce et cousez en faisant un ourlet ouvert. Passez un élastique de 15 centimètres de long dans l'ourlet réalisé de chaque côté du masque et attachez les extrémités fermement. Enfin, tirez sur l'élastique pour que les nœuds soient rentrés à l'intérieur de l'ourlet. Rassemblez les côtés du masque et ajustez-les à votre visage avant de coudre l'élastique en place.

Si vous préférez un masque à la Française, vous pouvez toujours vous référer au mode d’emploi réalisé par le CHU de Grenoble à destination de son personnel, ou encore au guide de l'Association française de normalisation (Afnor), qui gère les normes et les certifications en France.

Toutefois, avoir réussi à fabriquer un masque ne suffit pas, encore faut-il savoir bien s’en servir. En effet, tout masque, quelque soit sa nature (FFP2, chirurgical ou en tissu) nécessite une grande précaution d’utilisation. Rappelons par ailleurs que les masques faciaux ne doivent pas être placés sur les enfants de moins deux ans, ni sur les personnes ayant des difficultés respiratoires ou celles qui seraient incapables de l’enlever sans aide.

Un lavage à soixante degrés pendant trente minutes au moins

Pour les autres, le masque doit être porté sur une peau nue, sans cheveux, ni barbe et bien recouvrir le nez et la bouche. Afin d'éviter tout risque de contamination, il vous faudra être très vigilant. Lavez vous les mains avant et après toute manipulation du masque. Sa face ne doit jamais être touchée : saisissez-le par les élastiques seulement. Une fois le masque en place, ne touchez plus votre visage.

Concernant le lavage d’un masque en tissu, celui-ci doit avoir lieu après chaque utilisation, à 60 degrés et au minimum pendant trente minutes. “Les masques doivent être séchés complètement, voire sur-séchés” moins de deux heures après le lavage, précise l'Afnor. Ainsi, il est préférable d’utiliser un sèche-linge.

Enfin, attention enfin à ne pas vous sentir insubmersible, sous prétexte que vous portez un masque. “C’est ce qui me fait un peu peur. Il ne faut surtout pas que les gens se sentent invincibles sous prétexte qu’ils portent un masque en tissu et en oublient alors de rester à distance de leurs proches”, expliquait la docteure Elsa Leclercq à Pourquoi Docteur dans un article consacré à l’utilisation des masques chirurgicaux.

Des masques alternatifs bientôt en vente dans les pharmacies ? 

Chez nous, face à la pénurie de masque FFP2 et chirurgicaux, dont la production a été entièrement réquisitionnée par l'Etat, le gouvernement a récemment annoncé la production de nouvelles catégories de masques. Ainsi, de nombreux bénévoles et entreprises s’attèlent à confectionner des masques qui devraient bientôt être vendus dans les pharmacies. Deux catégories sont en train d’être fabriquées. Les masques qui filtreront au moins 90% des particules de 3 micromètres seront réservés aux professionnels en contact avec le public (policiers, gendarmes, hôtesses de caisses…). Les autres, qui filtreront au moins 70% des mêmes particules, sont réalisés pour les contacts occasionnels avec d'autres personnes dans le cadre professionnel.

Récemment, le gouvernement français a lui aussi changé son fusil d’épaule concernant le port des masques. “Si nous avons l'accès à des masques, nous encourageons effectivement le grand public, s'il le souhaite, à en porter, en particulier ces masques alternatifs qui sont en cours de production”, a ainsi déclaré le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, vendredi 3 avril. “Des travaux avaient montré par le passé que porter un masque en toute circonstance dans la rue n'était pas efficace, d'autres montraient qu'on avait intérêt à le porter. Cette discordance justifiait une attitude prudente”, a précisé François Bricaire, infectiologue et membre de l'Académie de médecine à Franceinfo.

Enfin, si aucune décision n’a encore été prise pour rendre obligatoire le port du masque dans l’espace publique en France, ce dernier sera indispensable “dès que le déconfinement aura lieu et que les gens seront plus nombreux dans l’espace public”, assure Jean-François Mattei, président de l'Académie de médecine et ancien ministre de la Santé, également interrogé par Franceinfo.

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