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QUESTION D'ACTU

Prise de décision

Comment notre cerveau choisit-il le plaisir plutôt que la douleur?

Des chercheurs ont découvert comment différent groupes de neurones se partagent le traitement de signaux liés aux informations négatives et positives chez les souris. A terme, cela pourrait permettre d'améliorer la compréhension du cerveau des patients souffrant de troubles mentaux. 

Comment notre cerveau choisit-il le plaisir plutôt que la douleur? Deagreez/iStock

  • Publié le 04.01.2020 à 16h00
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Rugir de douleur ou de plaisir ? Si nous serions tous plutôt enclins à pencher pour la seconde option, quel mécanisme s’enclenche dans notre cerveau pour nous convaincre de prendre une telle décision ? Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs américains ont étudié les centres du traitement de l’information dans le cortex cérébral de souris. Ils ont ainsi identifié comment différents groupes de neurones se partagent le traitement de signaux liés aux informations positives et négatives. Les résultats de leurs recherches sont parus mardi 31 décembre dans la revue Neuron. A terme, ces découvertes pourraient permettre d’améliorer la compréhension du cerveau des personnes atteintes de troubles mentaux. 

Les souris possèdent deux groupes de neurones, situés dans une zone du cerveau appelée pallidum ventral, qui envoient respectivement des signaux opposés dans le circuit cérébral chargé de traiter la motivation. Afin de comprendre leur mécanisme, des chercheurs du Cold Spring Harbor Laboratory (CSHL) ont entraîné les animaux à associer certains sons à une gorgée d’eau (récompense) ou à une bouffée d’air désagréable (punition).

Puis, grâce à des outils leur permettant de surveiller très précisément l’activité de chaque cellule du cerveau, ils ont observé celle de ce dernier dans différentes situations. Ils ont ainsi découvert que les neurones utilisant le neurotransmetteur GABA pour inhiber l’activité dans le circuit de la récompense étaient très actifs pour motiver les souris à chercher de l’eau. Au contraire, les neurones qui utilisent le neurotransmetteur glutamate s’activaient pour éviter la punition d’air. 

Comprendre si cette activité est perturbée chez les patients atteints de troubles mentaux

Les chercheurs ont ensuite confronté les souris à des situations plus complexes où elles pouvaient recevoir à la fois une punition et une récompense. Là, les deux ensembles de neurones ont réagi et les animaux ont pris des décisions différentes en réponse aux stimuli combinés. Ceux qui étaient assoiffés étaient plus enclins à risquer une bouffée d’air pour boire que ceux qui venaient de recevoir de l’eau. 

En revanche, si les chercheurs déplaçaient artificiellement l’équilibre de l’activité dans le palladium ventral, le comportement des animaux s’en trouvait modifié. Ainsi, l’équilibre entre les signaux qui inhibent ou excitent les neurones dans cette zone cérébrale semble essentiel pour contrôler la motivation d’un animal, notent les chercheurs. “L'équilibre de l'activité entre ces deux groupes détermine si une souris recherchera une expérience agréable ou plutôt en évitera une négative, en fonction de la situation dans laquelle elle se trouve”, explique l’auteur principal de l'étude, le professeur Bo Li, dans un communiqué publié par le CSHL.  

Désormais, les chercheurs veulent comprendre si cette activité est perturbée chez les patients souffrant de troubles psychiatriques. “Les changements de comportement chez les personnes souffrant de dépression ou d'anxiété causée par le stress peuvent être causés par des modifications de ce circuit”, poursuit Bo Li. Par exemple, les personnes souffrant de dépression cessent parfois de faire des choses qui leur procuraient autrefois du plaisir, tandis que des patients atteints de troubles anxieux auront tendance à se donner plus de mal pour éviter les menaces potentielles.

800 000 morts par suicides chaque année dans le monde   

La dépression est un trouble mental courant qui concernerait 300 millions de personnes dans le monde, selon l’OMS. Elle diffère des sautes d’humeur passagères et ponctuelle, de par sa durée et son intensité. Elle peut alors devenir une maladie grave conduisant dans le pire des cas au suicide (800 000 cas chaque année). Et, malgré divers traitements existant pour combattre cette affliction, moins de la moitié des personnes touchées dans le monde en bénéficient. En cause : un manque de ressources, la pénurie de soignants, la stigmatisation sociale liée à la maladie et parfois la difficulté à la diagnostiquer.

Les troubles anxieux regroupent quant à eux divers troubles liés à une anxiété excessive et difficile à gérer. Ils peuvent se manifester par des crises de panique aiguës ou encore des phobies. Selon les estimations, le trouble anxieux généralisé toucherait 2 à 6% des adultes. Comme pour la dépression, les femmes sont plus affectées.

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