Publicité

QUESTION D'ACTU

Engorgement des urgences

Seulement 6% des passages aux urgences seraient inappropriés

Contrairement aux idées reçues, il y aurait peu de personnes se déplaçant aux urgences pour de mauvaises raisons. Elles seraient 6%, selon une nouvelle étude française.

Seulement 6% des passages aux urgences seraient inappropriés Neydtstock / iStock

  • Publié 02.11.2019 à 10h30
  • |
  • |
  • |
  • |


L’engorgement des urgences et le manque de moyens pour accueillir les patients font partie des motifs pour lesquels un certain nombre de services sont en grève depuis plusieurs mois. Pour beaucoup, les urgences sont saturées en partie à cause de personnes qui se déplacent pour de mauvaises raisons: un simple rhume ou une consultation qu’un médecin généraliste pourrait simplement réaliser. Or, une étude française publiée dans la revue British Medical Journal Quality & Safety contredit cette idée.

Une mauvaise couverture santé en cause

En effet, seulement 6% des passages aux urgences seraient inappropriées, d’après ces travaux menés par des médecins urgentistes auprès de 30 000 patients. Pourtant, les études précédentes estimaient ce chiffre à 30%. Cette différence s’explique par le fait que les chercheurs de la présente étude ont affiné leurs critères. Par exemple, les auteurs de l’étude ont cherché à savoir si les actes pratiqués sur les patients aux urgences auraient pu être réalisés par un médecin généraliste. De plus, ils ont analysé les profils de ces patients dont le passage aux urgences est inapproprié. Il s’avère que ces personnes ont souvent une très mauvaise couverture santé. Elles expliquent également avoir des difficultés à prendre rendez-vous avec un médecin généraliste.

Aller aux urgences, faute de rendez-vous chez le généraliste

Cette étude fait écho à une enquête publiée par la Défenseur des droits en cette fin du mois d’octobre. Ce rapport dévoile que certains cabinets médicaux (dentistes, gynécologues et psychiatres) discriminent les patients les plus démunis, c’est-à-dire ceux qui bénéficient de la CMU-C ou de l’ACS. Ces personnes se voient refuser des rendez-vous et par conséquent refusent de se soigner ou décident d’aller aux urgences, faute de mieux. De plus, le problème de l’engorgement des urgences viendrait de la qualité du service en lui-même: “il est beaucoup plus dans une question de l’aval. (…) Il est plutôt sur une inadéquation entre la demande et notre difficulté à avoir des lits d’hospitalisation pour des patients”, conclut Diane Naouri, ancienne cheffe de clinique aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, et autrice principale de l’étude.

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !
Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité