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Paracétamol, aspirine, ibuprofène...vers la fin du libre-accès en pharmacie

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a enclenché une procédure judiciaire pour que les médicaments contenant du paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme ceux à base d’ibuprofène et l’aspirine ne soient plus en libre-service dans les pharmacies. Cette mesure pourrait rentrer en vigueur dès janvier 2020. 

Paracétamol, aspirine, ibuprofène...vers la fin du libre-accès en pharmacie adisa/iStock

  • Publié 03.10.2019 à 13h30
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Adieu doliprane, ibuprofène et aspirine en libre-service. Ce jeudi 3 octobre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (l'ANSM) a annoncé avoir enclenché une procédure juridique pour que ces médicaments soient désormais tous placés derrière le comptoir et non plus en libre-service dans les rayons des rayons des pharmacie. L’idée est qu’il y ait au moins un échange avec le pharmacien, explique l’ANSM qui veut limiter les risques liés à un mauvais usage de ces produits vendus sans ordonnance. Les laboratoires concernés sont actuellement entendus et la mesure pourrait être appliquée dès janvier 2020. 

Dans le détail, elle concernerait des médicaments contenant du paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.) et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme ceux à base d’ibuprofène (comme le Nurofen ou l’Advil) et l’aspirine. A l’heure actuelle, pour acheter ces produits, les plus utilisés en automédication comme antidouleur ou antifièvre chez les adultes et les enfants, le consommateur peut se servir directement dans les rayons de la pharmacie.

Cette mesure ne changerait rien au fait qu’ils soient accessibles sans ordonnance. "Ce sont des médicaments très utilisés, c’est bien que les patients puissent y avoir accès, mais il faut faire le maximum pour qu’ils soient utilisés correctement", indique le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l’ANSM.   

"Le rôle de conseil du pharmacien sera renforcé"

L'objectif est donc d’éviter que les patients prennent la mauvaise boite et se trompent d’usage. "Si le patient se présente devant le pharmacien en lui parlant d'un certain type de douleurs, là le pharmacien pourra lui conseiller du paracétamol plutôt que l'ibuprofène. À partir du moment où les médicaments ne seront plus accessibles directement dans les rayons de la pharmacie, mais qu'il faudra les demander, le rôle de conseil du pharmacien sera renforcé", explique le Docteur Vella à France Info.

En cas de douleur ou de fièvre, l’ANSM rappelle sur son site, aux patients et aux professionnels de santé, de privilégier l’utilisation du paracétamol en respectant les règles de bon usage. Il est indispensable de prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible, de respecter l’intervalle minimum entre les prises et la durée maximale de traitement recommandée (sans ordonnance, 3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur). Il faut par ailleurs alerter les populations particulières (-50kg, insuffisance hépatique légère à modérée, insuffisance rénale sévère, alcoolisme chronique…) des possibles risques liés à ce produit.  

Consommé à des doses trop élevées, ce dernier peut entraîner de graves lésions du foie, qui peuvent nécessiter une greffe, voire être mortelles.

L’ibuprofène a déjà entraîné des complications infectieuses

Quant à l’aspirine, que des millions de seniors prennent quotidiennement sans autorisation de leur médecin, notamment dans le but d’empêcher un infarctus, de nombreuses études ont prouvé qu’elle comportait également des risques. D’après des travaux parus cet été dans la revue Annals of Internal Medicine, non seulement cela serait inutile pour lutter contre les maladies cardiaques chez les personnes sans antécédents mais cela augmenterait les risques de faire un ulcère.

Enfin, concernant l’ibuprofène, l’ANSM a publié au mois d’avril un rapport faisant état de 337 cas de complications infectieuse avec ce médicament recensés depuis l’année 2000. On parle ici "d’infections sévères de la peau et des tissus mous (dermohypodermites, fasciites nécrosantes…), de sepsis, d’infections pleuro-pulmonaires (pneumonies compliquées d’abcès, de pleurésie), d’infections neurologiques (empyèmes, abcès cérébraux…) ou ORL compliquées (cellulites, médiastinites...), à l’origine d’hospitalisations, de séquelles voire de décès". Au total, "en 18 ans, de 2000 à 2018, 337 cas de complications infectieuses dont 32 décès ont été répertoriés pour l'ibuprofène", expliquait alors Philippe Vella à la presse.

Ces complications infectieuses, essentiellement à Streptocoque ou à Pneumocoque, ont été observées après des traitements de 2 à 3 jours, parfois associées à la prise d'antibiotiques. L’ibuprofène était prescrit ou pris en automédication en cas de fièvre, atteintes cutanées bénignes d’aspect inflammatoire (réaction locale, piqûre d’insecte…), des manifestations respiratoires (toux, infection pulmonaire…) ou ORL (dysphagie, angine, otite…). Or, ce médicament "est déjà connu comme pouvant être à l’origine de complications cutanées bactériennes graves", lorsqu’il est par exemple utilisé "au cours de la varicelle", précise l’ANSM. Auquel cas, il est conseillé de l’éviter.

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