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Sexualité

La dysfonction érectile, une menace pour les joueurs de football américain blessés à la tête

Les joueurs de football américain ayant déjà présenté des syndromes de commotion cérébrale après un choc seraient plus susceptibles de présenter de faibles taux de testostérone et de souffrir de dysfonctionnement érectile, selon une nouvelle étude. 

La dysfonction érectile, une menace pour les joueurs de football américain blessés à la tête ActionPics/iStock

  • Publié 06.09.2019 à 12h00
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Le dysfonctionnement érectile se définit comme "l'incapacité d'un homme à obtenir ou maintenir une érection suffisante pour permettre une relation sexuelle satisfaisante depuis au moins trois mois". D’après l’OMS, ce problème médical affecterait environ 15% de la population masculine chaque année. Et la tendance est à la hausse : alors que 150 millions d’hommes se disaient affectés en 1995, ils devraient être 320 millions en 2025. Parmi les causes possibles à l’origine de ce trouble, on compte de nombreux facteurs liés à l’hygiène de vie ou des maladies chroniques.

Mais il semblerait que les commotions cérébrales y soient également pour quelque chose. En effet, d’après une étude menée aux Etats-Unis et parue le 26 août dans la revue JAMA Neurology, les anciens joueurs professionnels de football américain ayant éprouvé des symptômes de commotion (perte de conscience, nausée, désorientation…) après un traumatisme crânien sont plus susceptibles de souffrir de cette affliction.

Pour en arriver à cette conclusion, des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health et de la Harvard Medical School ont interrogé 3 409 anciens joueurs de la National Football League (NFL) entre 2015 et 2017. Les participants, âgés en moyenne de 52 ans, ont dû indiquer à quelle fréquence les coups portés à la tête ou au cou leur avaient donné des étourdissements, des nausées, des maux de tête, une perte de conscience ou des troubles de la vision. 

En fonction du nombre de symptômes de commotion cérébrale rapportés, les scientifiques ont classé les sondés en quatre catégories distinctes. Puis, ils ont demandé aux anciens joueurs si un médecin leur avait recommandé des médicaments pour traiter de faibles taux de testostérone ou une dysfonction érectile et s’ils en prenaient actuellement.

Une lésion de l’hypophyse du cerveau en cause

Ils ont ainsi pu constater que ceux qui avaient rapporté le plus grand nombre de symptômes cérébraux étaient deux fois et demie plus susceptibles de s’être vus prescrire des médicaments pour ces troubles que les autres. Par ailleurs, les joueurs qui avaient déclaré avoir perdu connaissance suite à un choc à la tête présentaient un risque élevé de dysfonction érectile. Et, ce même s’ils n’avaient rapporté aucun autre symptôme.

Sans surprise, les sportifs atteints de maladies cardiovasculaires, de diabète, d'apnée du sommeil, de dépression ou ceux prenant des analgésiques sur ordonnances avaient plus tendance à déclarer de faibles taux de testostérone ou une dysfonction érectile. En effet, ces facteurs sont connus pour avoir des effets négatifs sur la santé sexuelle. Mais, même en tenant compte de ces conditions, les chercheurs ont pu établir un lien entre antécédents de commotion cérébrale et faibles taux de testostérone et dysfonctionnement érectile. Il était présent aussi bien chez les joueurs plus âgés que ceux de moins de 50 ans, précisent les chercheurs.

Cette association intrigante pourrait s’expliquer par une lésion de l'hypophyse du cerveau engendrant de nombreux bouleversements hormonaux à l’origine d’une diminution de la testostérone et d’une dysfonction érectile, avancent les auteurs de l’étude. Cette théorie avait déjà été avancée dans le passé quand des chercheurs avaient remarqué que les anciens combattants et les civils ayant subi des blessures à la tête avaient tendance à avoir des problèmes de ce genre.   

Une affliction courante et traitable

Ces nouvelles découvertes suggèrent également que l'apnée du sommeil et la consommation d'analgésiques sur ordonnance pourraient contribuer eux-aussi à la baisse de la testostérone et de la dysfonction érectile.

La fonction sexuelle n'est pas seulement un marqueur révélateur de l'état de santé général. Elle est aussi essentielle au bien-être, insistent les chercheurs. Aussi, comprendre les mécanismes en jeu ici pourrait aider à aboutir à de meilleurs traitements et stratégies de prévention. "Les anciens joueurs atteints de dysfonction érectile peuvent être soulagés de savoir que les commotions cérébrales qu'ils ont subies au cours de leur carrière au sein de la NFL peuvent contribuer à une affliction à la fois courante et traitable", conclut Rachel Grashow, auteurre principale de l’étude.

Rappelons toutefois que cette dernière présente quelques limites. En effet, ces résultats sont fondés sur l’observation seulement : les joueurs ont eux-mêmes rapporté leurs symptômes de commotion et les mesures de la dysfonction érectile et du faible taux de testostérone ont été réalisées indirectement, concèdent les chercheurs.

En France, selon un sondage réalisé en 2002, 40, 5% des personnes interrogées présentaient un trouble de l'érection depuis plus de 6 ans. Malheureusement, d’après l’Association Française d’Urologie, l’ancienneté du mal "ne favorise pas forcément sa prise en charge". En effet, de nombreux hommes qui en souffrent se refusent à aller consulter, souvent par pudeur. Une fois identifiée, si elle n’est pas liée à un problème de santé précis, la dysfonction peut être traitée en améliorant ses habitudes de vie, par une thérapie cognitivo-comportementale ou en parlant avec un sexologue, et également souvent par des médicaments.

 

 

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