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QUESTION D'ACTU

Risque sanitaire

Silice cristalline : 365 000 travailleurs exposés à ce minéral cancérogène

L’Anses alarme sur les risques pour la santé des travailleurs exposés à la silice de cristalline, un minéral présent dans de nombreux matériaux de construction et classé "cancérogène" par l'OMS. 

Silice cristalline : 365 000 travailleurs exposés à ce minéral cancérogène Chaiyaporn1144/iStock

  • Publié 22.05.2019 à 13h45
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Naturellement présent dans l’ensemble de la croûte terrestre, la silice de cristalline est un minéral que l’on retrouve dans bon nombre de matériaux de construction tels que le sable, le granit ou la roche.

En France, des milliers de travailleurs du secteur du BTP sont en contact régulier avec ce minéral, utilisé dans de multiples applications comme la verrerie, la construction, la fonderie ou les peintures. Mais cela se fait très probablement au détriment de leur santé. Dans une nouvelle étude dévoilée ce mercredi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) donne l’alerte et met en garde les 365 000 personnes exposées en France par inhalation à la silice cristalline.

Des "risques sanitaires élevés"

Pourtant, les dangers du minéral, utilisé le plus souvent sous la forme de quartz, sont connus depuis longtemps. Classée comme cancérogène pour l’Homme par le CIRC (le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS) en 1997, la silice cristalline a aussi fait l’objet de plusieurs études qui ont toutes "confirmé le lien avec le développement du cancer broncho-pulomonaire (CBP)", précise l’Anses dans son communiqué. Le minéral est aussi incriminé dans le développement de cas de silicose et de maladies auto-immunes "comme la sclérodermie systémique, le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde". "De la même manière, l’exposition à la silice cristalline augmente le risque de développer des pathologies respiratoires non malignes autres que la silicose telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’emphysème, la tuberculose.

Enfin, poursuit l’Anses, "une association a été observée dans les études entre l’exposition à la silice cristalline et le risque de pathologie rénale ou d’une pneumopathie infiltrante diffuse (PID) de type fibrose pulmonaire idiopathique (FPI)", même si les données sont actuellement "insuffisantes pour expliquer ces relations de manière précise".

Pour l’Anses, le risque sanitaire est particulièrement élevé pour "la population professionnelle exposée à la silice cristalline à des niveaux supérieurs ou équivalents à la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 0,1 mg.m-3 actuellement en vigueur en France".

Des seuils largement dépassés

Or, en France, nombreux sont les travailleurs à être exposés à des seuils de silice cristalline bien plus importants. L’agence sanitaire estime que "23 000 à 30 000 travailleurs seraient exposés à des niveaux excédant VLEP de 0,1 mg.m-3 actuellement en vigueur en France, et plus de 60 000 à des niveaux excédant la VLEP la plus basse proposée au niveau international établie à 0,025 mg.m-3".

Plus des deux tiers de ces niveaux d’expositions concernent le secteur de la construction ; suivent les secteurs de la fabrication des produits minéraux non métalliques, de la métallurgie et des industries extractives. Interrogé par Sud Ouest, Guillaume Boulanger, expert dans l’unité d’évolution des risques liés à l’air à l’Anses, estime que sont surtout concernés les "bricoleurs, en contact avec des matériaux spécifiques qu’ils poncent ou ceux qui percent du béton".

Des recommandations contre l’exposition

Pour éviter tout risque sanitaire lié à l’exposition à la silice cristalline, l’Anses recommande "une série de mesures en termes de prévention et de maîtrise des expositions en milieu professionnel, de surveillance médicale et de reconnaissance des maladies professionnelles".

Parmi elles, la nécessité de porter un masque de protection, en particulier lors des "travaux exposant à la poussière de silice cristalline alvéolaire issue de procédés de travail". Elle recommande aussi "des évolutions du diagnostic et du dépistage de certaines pathologies (silicose, tuberculose, pathologies rénales…) pour des sujets exposés ou ayant été exposés professionnellement à la silice cristalline". Enfin, elle plaide pour une révision des tableaux de maladies professionnelles en lien avec la silice cristalline.

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