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The Lancet

Les migrants ne sont pas les responsables des épidémies

Les migrations internationales de populations ne véhiculent pas spécialement les épidémies, selon une synthèse des recherches récentes parue dans le Lancet. On est loin de "l'immigration bactérienne".

Les migrants ne sont pas les responsables des épidémies Medvedkov / istock

  • Publié 07.12.2018 à 13h01
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La commission chargée, au sein de la rédaction du Lancet, des problématiques de santé et de migration (The UCL–Lancet Commission on Migration and Health), vient de publier la synthèse des recherches récentes sur le sujet. On parle ici uniquement des migrations internationales, souvent désignées comme responsables de la recrudescence des épidémies au sein des pays d’accueil.

"L’exemple de l’Allemagne est clair, entre 2014 et 2015 (arrivée massive des clandestins), le nombre de cas de rougeole a augmenté de 450% !", peut-on par exemple lire sur le site de l’association Résistance Républicaine. Il y a trois ans, la présidente du Rassemblement National Marine Le Pen proposait ainsi "d'éradiquer toute immigration bactérienne". Selon elle, "les hôpitaux font face à la présence alarmante de maladies contagieuses non européennes, liées à l’afflux migratoire". 

Un bassin d’emplois essentiel à l’économie de la santé

En 2018, plus d'un milliard de personnes étaient en déplacement dans le monde, dont un quart étaient des migrants franchissant des frontières internationales. Au cours des quatre dernières décennies, leur pourcentage a très peu évolué, passant de 2,9% en 1990 à 3,4% en 2017. D’abord, les chercheurs soulignent que les migrants représentent un bassin d’emplois essentiel à l’économie de la santé, qui manque très souvent de main-d’œuvre. Au Royaume-Uni par exemple, 37% des médecins ont obtenu leur qualification médicale dans un autre pays.

"Le discours populiste diabolise des individus qui soutiennent les services sociaux et de santé. Remettre en question le mérite des migrants en matière de soins de santé sur la base de croyances inexactes soutient les pratiques d'exclusion, nuisant à la santé des individus, de notre société et de nos économies", estime le professeur Ibrahim Abubakar, président de la commission.

Des taux de mortalité plus faibles

Concernant les taux de mortalité, celui des migrants est globalement inférieur à celui des populations natives des pays d’accueil. Une étude basée sur plus de 15,2 millions de migrants indique qu’ils avaient des taux de mortalité plus faibles pour les maladies cardiovasculaires, digestives, endocriniennes, psychiatriques, néoplasiques, nerveuses, respiratoires, génito-urinaires ou musculo-squelettiques.

Les deux seules exceptions concernaient les infections comme l'hépatite virale, la tuberculose et le VIH, et les agressions, où les migrants ont des taux de mortalité plus élevés. Toutefois, le risque de transmission de ces pathologies n'est élevé qu'au sein des communautés de migrants et est négligeable dans les populations hôtes.

"Améliorer l'accès des migrants aux services de santé"

Les exemples récents de propagation d'agents pathogènes résistants sont d’ailleurs principalement attribuables au tourisme et au mouvement du bétail plutôt qu'à la migration internationale. Les taux de fécondité des femmes migrantes sont aussi, en général, inférieurs à ceux des populations hôtes.

Au vue de toutes ces données, "la commission du Lancet invite les gouvernements à améliorer l'accès des migrants aux services de santé, à renforcer leur droit à la santé et à s'attaquer aux déterminants plus larges de la santé des migrants, notamment en adoptant une approche de tolérance zéro face au racisme et à la discrimination."

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