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Endométriose : les gynécologues se mobilisent pour des centres experts

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) demande à l’État de l’aide pour mettre en place des centres experts de l’endométriose, une maladie gynécologique méconnue et mal traitée. 

Endométriose : les gynécologues se mobilisent pour des centres experts nensuria / istock

  • Publié 23.11.2018 à 11h46
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"Il y en a marre de réfléchir, il faut agir". Selon Le Parisien, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) demande à l’État de l’aide pour mettre en place des centres experts de l’endométriose. Le but est de "fédérer les compétences. Les Anglais en ont depuis dix ans. Il en faudrait une trentaine en France. L’idée est d’y organiser la prise en charge, assurer des formations, promouvoir un meilleur enseignement, développer la recherche. Mais nous nous heurtons à des blocages" politiques et financiers, explique François Golfier, qui préside la commission endométriose du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

50% des femmes infertiles souffrent d’endométriose

L’endométriose est une maladie gynécologique causée par une migration anormale de cellules de l’endomètre (qui revêt la paroi interne de l’utérus) en dehors de l’utérus. Alors que 10 à 15% de femmes entre 16 et 50 ans en souffrent, il faut en moyenne 7 ans pour que le diagnostic soit posé, un délai beaucoup trop long au vu des lourds symptômes et des graves conséquences de cette pathologie. 

50% des femmes infertiles souffrent d’endométriose. Les femmes atteintes ont de très fortes douleurs pendant leurs règles, les rapports sexuels ou quand elles vont aux toilettes, ce qui les vide de toute énergie. Des traces de sang dans les urines ou les selles peuvent aussi apparaître."C’est l’intensité de ces douleurs et l’altération de la qualité de vie qui doit alerter. Ne pas pouvoir aller à l’école ou au travail à cause de ses règles, être gênée socialement, n’est pas normal", poursuit François Golfier.

Diagnostic

Le diagnostic de l’endométriose repose en premier sur l’interrogatoire du médecin suite aux plaintes de la femme touchée. Il sera complété par un examen clinique détaillé et une échographie du petit bassin.

En cas de discordance entre les plaintes et les examens, d’autres examens plus spécialisés peuvent être réalisés (échographie endovaginale ou IRM), et c’est seulement en l’absence de lésion caractéristique qu’une "cœlioscopie diagnostique", plus invasive, doit être envisagée. Elle consiste à introduire un tube avec un dispositif visuel dans le ventre. En cas de diagnostic d’endométriose, et avant toute chirurgie, il faut évaluer l’extension de la maladie avec des examens qui vont explorer la vessie et les intestins.

Congélation préventive des ovocytes

Récemment, la chanteuse Laurie, atteinte d’endométriose, s’est engagée pour que les femmes malades puissent congeler leurs ovocytes en France, ce qui n’est pas possible actuellement. "Je souffre d'endométriose mais pas assez sévèrement pour que mon pays accompagne mon désir de grossesse. Comme une femme sur dix en France, je crains de ne jamais pouvoir devenir mère, alors s'entendre dire que cette évolution relèverait du confort est inacceptable et incompréhensible", expliquait-elle dans une lettre ouverte adressée au Président Emmanuel Macron. C’est seulement à 35 ans, suite à une grossesse extra-utérine, que Laurie est diagnostiquée.

Pourtant, elle avait parlé de ses douleurs à sa gynécologue dès ses premières règles. "Si l'on m'avait dit qu'à 25 ans la probabilité d'avoir un enfant par cycle était de 25%, de 12% à 35 et de 6% à 40 ans, j'aurais mis toutes les chances de mon côté, en congelant mes ovocytes", se désole-t-elle encore dans le Huffington Post, précisant qu’elle avait congelé ses ovocytes en Espagne. Aujourd’hui, l’endométriose n’est toujours pas au programme des examens pour devenir médecin.

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