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Psychologie

Dans la tête des djihadistes français : qu'est-ce qui les pousse à se radicaliser ?

Un psychiatre français a analysé les facteurs mentaux qui poussent les jeunes Français à se radicaliser. Des profils ont émergé. 

Dans la tête des djihadistes français : qu'est-ce qui les pousse à se radicaliser ? zabelin / istock.

  • Publié 17.11.2018 à 08h00
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Le psychiatre français Nicolas Campelo s’est penché sur les ressorts psychologiques qui poussent à la radicalisation, et ses conclusions sont passionnantes. Les citoyens français radicalisés qui adhèrent à la propagande de Daech sont moins susceptibles de se désengager de leurs croyances s'ils sont des hommes mariés avec enfants. "La relation dyadique au sein du couple agit comme un ciment qui amplifie l'adhésion à l'idéologie radicale", explique dans la revue Nature Nicolas Campelo, qui exerce à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Des entretiens avec 150 jeunes et leurs familles

L’incertitude, la solitude et la dépression sont également des facteurs psychologiques qui poussent aux engagements extrêmes. Une fascination pour la violence doit aussi alarmer l’entourage. Par ailleurs, cette recherche démontre que les personnes radicalisées avaient souvent un ami ou un parent proche en prison. Ces extrémistes sont particulièrement prosélytes, tentant en général d’influencer leur entourage proche (famille, amis).

Pour parvenir à ces conclusions, une équipe du CPDSI (Centre de Prévention contre les Dérives Sectaires liées à l'islam) a mené en 2016 des entretiens avec 150 jeunes et leurs familles. Agés d’environ 20 ans, tous avaient été identifiés par les autorités comme radicalisés entre 2014 et 2015. Ils participaient à un programme d'aide mis en place par le gouvernement français, volontairement ou sur décision de justice. Le CPDSI a également eu accès aux informations et aux vidéos que ces jeunes avaient partagées sur les réseaux sociaux.

Des personnes vulnérables

A la fin des entretiens, les chercheurs ont constaté que près des deux tiers (63%) des participants n'étaient plus radicalisés, mais que dix-neuf individus (environ 12%) l’étaient encore. 

Les femmes dont les parents étaient divorcés ou dont l'un des parents était décédé ont eu tendance à se dé-radicaliser plus facilement, à condition de bénéficier du soutien psychologique adéquat. C'était également vrai pour tous ceux souffrant de problèmes psychiatriques d’ordre suicidaires. "Il est probable que le soutien qu’ont reçu ces personnes vulnérables a eu un impact positif sur elles", indique Nicolas Campelo. Sous l'influence de la propagande de Daech, le nombre de Français qui ont rejoint la Syrie a augmenté de 300% entre 2014 et 2015.

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