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Ambroisie : les allergies ont commencé, premier pic prévu début août

"L’ambroisie sera déjà une gêne dans les zones de pleine infestation pour les personnes très sensibles", indique le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.).

Ambroisie : les allergies ont commencé, premier pic prévu début août galitskaya / istock

  • Publié 22.07.2018 à 19h30
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En cette dernière semaine de juillet, les allergiques à l’ambroisie vont, déjà, commencer à être embêtés. Alors que la plante continue sa croissance, elle a été signalée en floraison sur deux jardins botaniques différents (Lyon et Nancy). "L’ambroisie sera déjà une gêne dans les zones de pleine infestation pour les personnes très sensibles. Le risque restera cependant très faible à faible sur la vallée du Rhône entre Lyon et Montélimar et sur le Dauphiné", indique le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.). Les modèles prévisionnels annoncent le premier pic de pollen d’ambroisie entre le 5 et le 8 août.

Les effets de l’ambroisie sur l’organisme ressemblent à ceux du rhume des foins. Les symptômes et signes allergiques sont multiples et souvent désagréables :

·      Difficultés respiratoires : asthme (toux, essoufflement…).

·      Rhinite : éternuements, nez qui coule…

·      Conjonctivite : yeux rouges, larmoyants et qui grattent.

·      Trachéite : toux sèche.

·      Autres réactions allergiques plus rares comme: urticaire, démangeaisons, boutons…   

Ces symptômes sont générateurs de mal-être général, de difficultés à dormir (apnées du sommeil), de fatigue, de stress, d’irritabilité, voire de troubles de concentration pénalisants (travail, etc.).

375 euros d'amende

L’année dernière, la France a renforcé ses mesures de lutte contre les espèces végétales nuisibles à la santé humaine, et particulièrement contre l’ambroisie. Deux textes parus au Journal Officiel fixent des objectifs divers. Le premier est un arrêté, qui vise à "limiter ou interdire l'introduction, le transport, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat, sous quelque forme que ce soit, des espèces végétales nuisibles à la santé". Ainsi, il est interdit d’introduire "de façon intentionnelle sur le territoire national, y compris si ce n'est qu'en transit" des espèces végétales nuisibles, "sauf à des fins de destruction". Ces spécimens toxiques ne pourront pas être "utilisés, échangés ou cultivés, notamment, à des fins de reproduction", ni être "cédés à titre gracieux ou onéreux, y compris mélangés à d'autres espèces". Ces interdictions s’appliquent à tous les particuliers, mais aussi aux entreprises. 

Un deuxième texte publié au Journal Officiel  fait figurer l’ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), l’ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) et l’ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.). "Le pollen de ces plantes entraîne des symptômes allergiques sévères (rhinite, conjonctivite, eczéma, urticaire…) et peut provoquer l'apparition ou l'aggravation de l'asthme", rappelle le décret. Ainsi, le fait de ne pas se conformer à ces interdictions "constitue une infraction punie de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe" (135 euros, 375 euros maximum).

77 millions de personnes d’ici 2050

En Europe, 33 millions de personnes sont touchées par une allergie à l’ambroisie, un chiffre qui devrait augmenter dans les années à venir. Il pourrait atteindre 77 millions d’ici 2050, selon la revue scientifique Environmental Health Perspectives. "Le problème risque de prendre de l’ampleur dans des pays qui font déjà face à l’ambroisie, comme la Hongrie ou les pays des Balkans, explique le Dr Lake, du département des sciences environnementales de l’université d’East Anglia, responsable d’une étude sur la question. Mais la plus grande augmentation en proportion concernera la France, la Pologne et l’Allemagne."

La faute au réchauffement climatique, qui permet à la plante de gagner chaque année un peu de terrain vers des régions plus septentrionales, mais pas seulement. Un tiers de la propagation serait simplement dû à l’expansion naturelle de l’ambroisie, qui conquiert de nouveaux écosystèmes. La lutte contre la plante, l’arrachage, aura donc une influence sur la vitesse à laquelle elle va se développer.

D’après les calculs des chercheurs, si des mesures efficaces sont prises, l’augmentation du nombre de personnes touchées pourrait être limitée à 52 millions de personnes. En revanche, dans le pire scénario, la passivité pourrait faire grimper ce nombre à 107 millions, soit un Européen sur cinq. "Une concentration supérieure en pollens d’ambroisie et une saison d’exposition plus longue risquent de faire augmenter la sévérité des symptômes, ajoute le Dr Lake. En France et dans le nord-ouest de l’Italie, ils pourraient faire leur apparition plus tôt dans la saison, dès mi-juillet, et persister jusqu’à mi-octobre."

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