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QUESTION D'ACTU

Stress post-traumatique

Attention, le stress est responsable du développement des maladies auto-immunes

Le stress peut-il entraîner un dysfonctionnement du système immunitaire ? Selon une nouvelle étude suédoise, oui. Des chercheurs ont en effet constaté que les personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères avaient un risque accru de développer une maladie auto-immune.

Attention, le stress est responsable du développement des maladies auto-immunes kitzcorner/iStock

  • Publié 22.06.2018 à 07h15
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Le stress intense est-il impliqué dans le déclenchement des maladies auto-immunes ? La question taraude les chercheurs depuis longtemps. Ces derniers lui ont d’ailleurs consacré de nombreux travaux. Une récente étude publiée dans le Journal of the American Medical Association semble abonder dans ce sens.

Réalisée sur une vaste cohorte de 100 000 personnes, elle établit un lien entre problèmes psychiatriques liés au stress et développement de maladies auto-immunes. "Les patients souffrant de réactions émotionnelles graves après un traumatisme ou d'autres facteurs de stress de la vie devraient consulter un médecin en raison du risque de chronicité de ces symptômes et, par conséquent, d'une détérioration de leur état de santé, comme le risque accru de maladie auto-immune", explique le Dr Huan Song de l'Université d'Islande à Reykjavík et l'Institut Karolinska de Stockholm en Suède.

Les victimes de PTST en première ligne

Les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, la maladie coeliaque, la maladie de Crohn, le psoriasis et la polyarthrite rhumatoïde apparaissent lorsque le système immunitaire attaque par erreur le corps, détectant incorrectement les envahisseurs étrangers, ou antigènes. Les causes des maladies auto-immunes sont en grande partie inconnues, mais les chercheurs estiment que des facteurs génétiques, infectieux et environnementaux jouent un rôle.

Le stress joue aussi un rôle de déclencheur, estiment désormais les chercheurs, qui ont analysé les dossiers médicaux de plus de 106 000 personnes atteintes de troubles psychiatriques liés au stress entre 1981 et 2013 en Suède. La plupart souffraient d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ils ont ensuite comparé leurs dossiers à 120 000 de leurs frères et sœurs et à près de 1,1 million de personnes sans lien de parenté qui n'avaient pas de troubles liés au stress.

Au cours de l'étude, les personnes atteintes du TSPT étaient 46% plus susceptibles de développer une des 41 maladies auto-immunes, et plus de deux fois plus susceptibles de développer au moins trois troubles auto-immuns, comparativement aux adultes sans trouble de stress.

"Le stress émotionnel sévère ou prolongé provoque des altérations des fonctions corporelles multiples par dérégulation dans la libération des hormones du stress", analyse le Dr Huan Song. Toutefois, notent les chercheurs, le risque n’est pas le même pour toutes les maladies auto-immunes : l’étude a relevé un risque plus élevé de développer la maladie cœliaque et un risque moindre de développer de la polyarthrite rhumatoïde.

La prise d’antidépresseurs réduit le risque

Comment expliquer ce lien de causalité entre stress et maladie auto-immune ? Pour les chercheurs, l’une des explications pourrait être qu’un facteur de stress important dans la vie peut causer de graves changements dans le mode de vie, comme moins de sommeil, plus de tabagisme et d'alcoolisme ou de toxicomanie, moins d'exercice physique et un régime alimentaire moins bon. Ces derniers peuvent à leur tour contribuer au développement de maladies auto-immunes.

Il semble toutefois possible de réduire ce risque. Ainsi, pour les patients atteints de TSPT, la prise d’antidépresseurs bloquant la sérotonine a diminué le risque de développer une maladie auto-immune, ce qui "renforce les preuves du lien de causalité potentiel entre les troubles liés au stress et les maladies auto-immunes subséquentes".

D’autres recherches sont cependant nécessaires. "Nous avons besoin de plus d'études pour éclairer le mécanisme sous-jacent potentiel de l'association. Par exemple en explorant les contributeurs génétiques et environnementaux potentiels et l'effet des alternances dans les comportements liés à la santé", poursuit le Dr Song, qui insiste sur l’importance de la prévention des troubles auto-immuns chez les personnes présentant des troubles psychiatriques. "Sur la base de nos résultats, les patients souffrant de réactions émotionnelles graves après un traumatisme, ou d'autres facteurs de stress de la vie, devraient chercher à obtenir des soins médicaux pour réduire le fardeau de leurs symptômes et ainsi réduire potentiellement leur risque futur d'un nouveau déclin de leur santé."

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