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QUESTION D'ACTU

Canitie

Oui, le stress et la maladie accélèrent l'arrivée des cheveux blancs

Lorsque l’on est soumis à un stress chronique ou après une longue maladie, il arrive que nos cheveux deviennent gris. Jusqu’ici bien mystérieux, ce phénomène vient d’être expliqué par une nouvelle étude américaine.

Oui, le stress et la maladie accélèrent l'arrivée des cheveux blancs WW5 /iStock

  • Publié 07.05.2018 à 17h10
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Après une longue maladie ou en cas de stress chronique, les cheveux perdent leur couleur naturelle et se teintent de gris ou de blanc. Ce phénomène appelé canitie peut même survenir chez des personnes relativement jeunes. Dû en partie à des facteurs génétiques, il restait néanmoins encore largement une énigme pour la communauté scientifique.

Une équipe de chercheurs des National Institutes of Health (NIH) et de l’Université d’Alabama, à Birmingham, viennent peut-être de percer le mystère. Dans une étude publiée cette semaine dans la revue PLOS Biology, ils expliquent avoir découvert que le système immunitaire, et en particulier les interférons, jouaient un rôle prédominant dans le blanchiment des cheveux.

La réponse du système immunitaire

Nos cheveux, avant d’être blonds, châtains ou roux, sont en réalité naturellement blancs. Ils sont colorés par un pigment, la mélanine, qui est produite par des cellules appelées mélanocytes. Ces mélanocytes sont positionnés dans les follicules pileux. Au fur et à mesure que chaque cheveu pousse, il est "infusé" de mélanine, ce qui lui donne sa couleur. En vieillissant, les mélanocytes ralentissent et disparaissent lentement, ce qui réduit la quantité de pigment produite et nous laisse des cheveux gris, puis blancs.

Ce phénomène peut être accéléré en cas de maladie ou lorsque l’organisme est soumis à une période de stress importante. Lorsque le corps est envahi par un agent pathogène, le système immunitaire inné est le premier répondeur. Également appelé système immunitaire non spécifique, il comprend les cellules et mécanismes permettant la défense de l’organisme contre les agents infectieux de manière immédiate.

Les cellules qui composent le système immunitaire inné ont la capacité de reconnaître les envahisseurs et, lorsqu'elles le font, elles libèrent des interférons, des protéines incitant d’autres cellules à agir aussi en augmentant l'activité des gènes qui bloquent la réplication virale.

Un dysfonctionnement des cellules souches mélanocytaires

L'auteure principale de l'étude, Melissa Harris, professeure adjointe au Département de biologie de l’Université d’Alabama, explique comment ils sont tombés sur ce lien surprenant entre la couleur des cheveux et les interférons en menant des tests sur des souris. "Mon laboratoire exploite la puissance des modèles de souris grisonnants pour mieux comprendre les cellules souches et le vieillissement. Les cellules souches que nous étudions sont les cellules souches mélanocytaires du follicule pileux, qui sont les cellules souches essentielles à la production de mélanocytes", explique-t-elle au site Gizmodo.

Avec son équipe, le Pr Harris s’est notamment intéressée à un gène particulier dans les mélanocytes, appelés gène du facteur de transcription associé à la mélanogenèse (MITF). C’est ce gène qui dit aux mélanocytes de produire la mélanine.

Chez les souris dont la fourrure est devenue précocement grise, les chercheurs ont d’abord remarqué que leur production de MITF était inhabituellement élevée : ce qui les conduisait probablement à épuiser leurs réserves de mélanocytes rapidement. Plus surprenant, ils ont aussi constaté que les souris produisant moins de MITF avaient elles aussi le poil qui devenait gris.

Ils ont alors suggéré que le MITF supervise non seulement la production de mélanine dans les mélanocytes, mais contrôle aussi les gènes responsables de la libération d’interférons. Sans suffisamment de MITF, les mélanocytes produisent trop d’interférons, ce qui incite alors le système immunitaire à attaquer les mélanocytes, qui ne produisent plus de mélanine. D’où l’apparition de cheveux gris.

Vers une meilleure compréhension du vitiligo ?

Pour les chercheurs, cette découverte est importante, puisqu’elle suggère que ce sont les mêmes gènes qui contrôlent à la fois la pigmentation des cheveux, des yeux et de la peau, et le système immunitaire. Cette connexion pourra notamment les aider à comprendre certaines maladies de la pigmentation comme le vitiligo, qui provoque des taches de peau décolorées et affecte entre 0,5 et 1% de la population mondiale. "De nombreux chercheurs travaillant sur le vitiligo ont déjà spéculé sur le rôle de l'immunité innée dans l'étiologie du vitiligo. Ces travaux ne sont qu’un pas de plus vers l'identification de mécanismes capables d'initier le vitiligo", a déclaré le Pr Harris au site ZME Science.

Le cheveu gris chez l'homme

Selon une autre étude menée en décembre dernier sur 790 hommes âgés de moins de 40 ans avec la maladie coronarienne et 1 270 en bonne santé, les hommes jeunes atteints de maladie coronaire ont plus souvent un grisonnement prématuré des cheveux (50% contre 30%) et une calvitie précoce (49% contre 27%). La calvitie précoce et les cheveux gris prématurés seraient des prédicteurs les plus forts de la coronaropathie chez les hommes jeunes, devant l'obésité.

Ces résultats vont de pair avec ceux d'une étude égyptienne présentée à Malaga (Espagne) au congrès de la Société européenne de cardiologie préventive en avril 2017 qui affirmait le cheveu grisonnant serait un signe avant-coureur de crise cardiaque chez l’homme. "Nos résultats suggèrent que le grisonnement indique l’âge biologique des patients et pourrait être un signe d’alerte de crise cardiaque", avait expliqué le Dr Samuel, ajoutant que les patients à haut risque de maladie cardiaque doivent bénéficier d’un suivi étroit et d’un traitement préventif, même s'ils ne présentent aucun symptôme.

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