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Eau de Rose

Cancer du sein : un cours d'aquagym géant pour se réapproprier sa féminité

A rennes, 60 femmes qui luttent contre un cancer féminin se retrouvent 2 fois par semaine pour participer à un cours adapté à leur pathologie, grâce à l’association Eau de Rose.

Cancer du sein : un cours d'aquagym géant pour se réapproprier sa féminité Ridofranz / Istock

  • Publié 02.06.2018 à 11h45
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Excellente initiative à Rennes, dans le nouveau bassin nordique de Bréquigny. 200 personnes se sont retrouvées pour un cours d’aquagym géant, afin de collecter de l’argent au profit de la lutte contre le cancer du sein.

Le but de l’opération était aussi de faire connaître l’action de l’association Eau de Rose, créée en 2017 : "ce sont aujourd’hui 60 femmes qui luttent contre un cancer féminin qui se retrouvent 2 fois par semaine pour participer à un cours adapté à leur pathologie. Nous faisons tout pour offrir à ces femmes 20 séances gratuites afin de leur redonner confiance et leur permettre de mieux lutter contre la maladie et la récidive." Des cours d’aquagym et d’aquabike sont ainsi proposés.

"Le cancer atteint la féminité"

"Le cancer atteint la féminité, c’est idiot, mais on se sent moins femme", confie Mina, actuellement en rémission. Nombre de patientes atteintes d’un cancer du sein ressentent cette perte. Il faut apprendre à s’accepter et se montrer avec une cicatrice, avec ou sans prothèse. Le plus important et difficile à se réapproprier, est de se souvenir que la féminité ne se limite pas à la poitrine. Les jambes, les mains, le sourire, etc… sont autant de signes de féminité.

En France, plus de 70 000 ablations partielles ou totales du sein sont réalisées chaque année. Les traitements qui suivent l’opération sont lourds et parfois à vie. Une maladie qui bouleverse la vie sexuelle des femmes. Durant les premiers jours après l’opération, pour compenser l’ablation, les patientes peuvent mettre un soutien-gorge postopératoire avec fibre de remplissage. Une fois la cicatrisation terminée, le médecin propose des prothèses mammaires externes, permanentes ou temporaires. Elles redonnent l’apparence et le galbe du sein. Enfin, les patientes peuvent opter pour la reconstruction mammaire : mise en place d’une prothèse ou tissus (peau et muscles) sous la peau.

Cette opération peut être réalisée en même temps que la mastectomie ou après la fin des traitements. Depuis peu également, les femmes peuvent faire des tatouages 3D qui recréent à l’identique les mamelons et les tétons. Un site permet désormais de répondre à toutes les questions liées au cancer du sein.

Susciter à nouveau l’excitation

"J’ai subi une quadrantectomie du sein, c’est-à-dire un quart du sein enlevé. En plus de l’aspect physique, le sein perd de sa sensibilité avec les traitements", précise Mina. L’opération coupe effectivement les terminaisons nerveuses, ce qui altère le plaisir, et les traitements n’arrangent rien en diminuant aussi la sensation. Ainsi, après l’annonce d’un cancer et bien plus encore après une ablation, beaucoup de femmes connaissent une pause dans leur vie sexuelle. "Le cancer du sein avancé est une maladie chronique, il y aura des moments où la sexualité sera mise à mal, où l’envie sera moins présente", explique Catherine Adler Tal, onco-psychologue et onco-sexologue.

Pour susciter à nouveau l'excitation, les patientes peuvent utiliser des sex-toys, imaginer de nouvelles positions, de nouvelles caresses, ou encore utiliser des lubrifiants recommandés par les médecins. En effet, les traitements interfèrent souvent aussi sur la lubrification vaginale.

Réactions du conjoint : du déni à l’infantilisation

"Après le diagnostic d’un cancer du sein avancé, il y a souvent et pendant un moment, une indisponibilité psychologique à l’acte sexuel. Il faut réapprendre doucement, avec ou sans son partenaire, à avoir envie", explique Catherine Adler Tal. Si la patiente est en couple, il est important que chacun respecte le rythme de l’autre. Par exemple, si le partenaire ne veut pas voir la cicatrice de sa femme, ce n’est pas nécessairement parce qu’elle le rebute, mais simplement parce qu’il n’accepte pas la maladie.

"Il y a tout un éventail de réactions possibles du conjoint face à la maladie, allant du déni à l’infantilisation. Il faut trouver le juste équilibre et rester amant". Dans tous les cas, le plus important est de parler, d’exposer à l’autre ses envies, ses problèmes, ses peurs. "Il faut essayer au maximum de garder des contacts physiques avec son partenaire et apprendre ensemble à apprivoiser les autres zones érogènes du corps", conclut Catherine Adler Tal.

Retrouvez notre émission : Cancer du sein, donner de la qualité de vie

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