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Dépistage du cancer de la prostate : le dosage systématique du PSA ne sauve pas de vie

Une nouvelle étude vient renforcer les adversaires du dépistage du cancer de la prostate par un dosage systématique du PSA chez des hommes âgés de 50 à 69 ans. Au bout de 10 ans de suivi, les hommes de cette catégorie d'âge qui ont eu un dosage systématique n'en tirent aucun bénéfice vis-à-vis de la mortalité par cancer de la prostate.

Dépistage du cancer de la prostate : le dosage systématique du PSA ne sauve pas de vie jarun011/istock

  • Publié 08.03.2018 à 14h34
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  • Mise à jour le 08.03.2018 à 20h17
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Demander à des hommes qui ne se plaignent de rien de faire un dépistage du cancer de la prostate par un dosage unique du PSA dans le sang ne sauve aucune vie selon les résultats de la plus grande étude sur le cancer de la prostate jamais réalisée.

Financée par le Cancer Research UK, une association britannique contre le cancer, cette étude est publiée dans le Journal of l'American Medical Association (JAMA).

Un échec complet

Non seulement ce dosage unique du PSA systématique détecte certains cancers qui ne causeront vraisemblablement aucun problème dans cette population d’hommes de 50 à 69 ans, les exposant à un risque d’examens inutiles, douloureux (biopsie de prostate) et coûteux. Mais, en plus, cette technique passe complètement à côté de certains cancers de la prostate agressifs et mortels.

Cela confirme, s’il en était besoin, les défauts d'un dosage unique du PSA comme un moyen de dépister le cancer de la prostate, et montre le besoin de trouver des moyens plus précis pour diagnostiquer les cancers qui doivent être traités.

Une étude sur 10 ans

L’étude CAP, a été organisé au Royaume-Uni avec près de 600 cabinets de médecins généralistes et elle a inclu plus de 400 000 hommes âgés de 50 à 69 ans : elle a comparé 189 386 hommes qui ont été invités à subir un dosage du PSA de façon systématique par rapport à 219 439 hommes qui n'ont pas eu de dépistage systématique (groupe témoin).

Après un suivi moyen de 10 ans, 8 054 cancers de la prostate (4,3%) ont été relevés dans le groupe dépistage systématique et 7 853 cas (3,6%) dans le groupe témoin. Mais au bout de ces 10 ans de suivi, les deux groupes avaient le même pourcentage d'hommes décédés en raison d’un cancer de la prostate (0,29%).

Les cancers mortels peuvent être ratés

Le problème, c’est qu’alors que certains cancers de la prostate sont agressifs et mortels, d'autres sont cliniquement non évolutifs et n'entraîneront jamais de complications ou de décès s'ils ne sont pas détectés.

Idéalement, les cancers de la prostate agressifs doivent être diagnostiqués et traités le plus tôt possible. Mais trouver un cancer qui ne va jamais causer de problèmes aux hommes pendant le reste de leur vie peut avoir un impact sur la qualité de vie, notamment en raison de l'inquiétude généré par le diagnostic de cancer, et surtout, de nombreuses études l’ont bien montré, il y a un risque de complications liée à l’exploration (infection suite à une biopsie) et voire une incontinence si une chirurgie de prostate est réalisée.

Un débat qui fait pourtant rage

C’est un débat qui fait rage dans la communauté médicale depuis des années. Faut-il oui ou non dépister le cancer de la prostate par dosage du PSA ? Pour les autorités sanitaires, la réponse est claire : ce test de dépistage ne présente pas d’intérêt. La concentration de cette protéine ne reflète pas suffisamment le risque de cancer. Une défiance qui n’empêche pas les médecins de le prescrire à leurs patients. En France, environ 3 millions d’hommes le réalisent chaque année.

Une attitude plus nuancée chez les experts qui considèrent que le dépistage peut être fait mais que tous les cancers dépistés n’ont pas besoin d’être traités.

Les chercheurs de l’étude CAP vont poursuivre le suivi de ces hommes pendant encore au moins cinq années supplémentaires pour voir s'il y a une réduction des décès par cancer de la prostate à plus long terme.

En pratique, si l’on suit les enseignement de cette étude prospective, la plus large étude sur le dosage systématique du PSA, celui-ci n’est pas recommandé chez les hommes de plus de 50 ans, mais si un homme est particulièrement inquiet ou s’il souffre de signes urinaires inquiétants ou s’il a des antécédents familiaux, il doit avoir une discussion préalable avec son médecin traitant avant tout dosage.

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